Le centre d’art contemporain de Delme est situé dans une ancienne synagogue, construite à la fin du XIXe siècle dans un style orientalisant. Sa coupole, son entrée à arcades, ornée de motifs réticulés, ses fenêtres aux vitraux géométriques ne sont pas les moindres de ses particularités. Pendant la seconde guerre mondiale, la synagogue est en partie détruite. Les murs extérieurs subsistent, mais l’
intérieur sera reconstruit après-guerre selon des lignes plus strictes. Au début des années 80, la synagogue est fermée définitivement en tant que lieu de culte, faute d’un nombre suffisamment élevé de pratiquants. Depuis plus de vingt ans, de nombreux artistes se sont succédé dans ce centre d’art atypique. C’est aux artistes qu’il doit son identité et son rayonnement, sur la scène locale mais aussi internationale : François Morellet, Daniel Buren, Tadashi Kawamata, Ann Veronica Janssens, Peter Downsbrough, Marc Camille Chaimowicz, Katinka Bock, Julien Prévieux, Gianni Motti, Yona Friedman, Eric Baudelaire, Chloé Maillet et Louise Hervé, Erik Beltran, Marie Cool and Fabio Balducci, Susan Hiller, Clément Rodzielski … Tous ont porté un regard singulier sur ce lieu par la production d’oeuvres in situ. Outre les trois à quatre expositions temporaires organisées chaque année dans l’ancienne Synagogue de Delme, le centre d’art gère un programme de résidences d’artistes dans le Parc naturel régional de Lorraine, au sein du village de Lindre-Basse. Située au coeur de la Lorraine et dans une zone rurale, la synagogue de Delme s’est toujours positionnée comme un laboratoire, un lieu de production et de recherche pour les artistes. Le centre d’art reste soucieux d’établir un réel dialogue avec tous les publics qu’il accueille, dans une logique de proximité. Depuis 2012, la synagogue de Delme bénéficie de locaux supplémentaires dédiés à l’accueil des publics et des artistes. Ce développement du centre d’art a fait l’objet d’une commande publique du ministère de la Culture et de la Communication, initiée en 2009. Confiée à Christophe Berdaguer et Marie Péjus, la commande a permis la réhabilitation d’une ancienne chambre funéraire située à l’arrière du centre d’art, et sa transformation d’une part en sculpture architecturale, d’autre part en lieu dédié à l’accueil des publics et des artistes. L’oeuvre est à la fois une réalisation monumentale et un outil de visibilité et de médiation exceptionnel pour les activités du centre d’art. En 2019, le centre d'art obtient le label "centre d'art contemporain d'intérêt national" par le ministère de la Culture.