27/07/2026
On me demande parfois ce que fait un bookeur l’été. Dans l’imaginaire collectif, on glande. 😄
Ce n’est pas totalement faux.
Disons que la vie est plus calme.
Moins d’urgences.
Moins de deadlines.
Moins de mails auxquels il faut répondre dans les 12 minutes parce que “sinon la date part ailleurs”.
Dans le courant du printemps, la copie est rendue. Le gros du travail de booking ne reprendra vraiment qu’à partir de septembre.
Alors oui, l’été sert à reposer le cerveau. Et franchement, après six mois de tunnel, c’est pas du luxe.
Mais l’été sert aussi à autre chose. C’est souvent le seul moment de l’année où l’on peut lever la tête du guidon.
Réfléchir aux nouvelles signatures.
Aux orientations de la boîte.
Aux nouvelles signatures.
À ce que l’on veut construire pour la suite.
Et surtout, surtout : préparer la rentrée.
Parce qu’un été passé uniquement à regarder voler les oiseaux, c’est prendre le risque d’arriver en septembre complètement à la ramasse.
Mais un été trop rempli, c’est prendre le risque inverse : démarrer la saison déjà fatigué, et traîner ça pendant des mois.
Le vrai sujet, c’est donc de trouver le bon équilibre.
Se reposer assez pour redevenir disponible.
Travailler assez pour ne pas subir la rentrée.
Et il y a une chose, en particulier, qu’il ne faut pas rater : la mise à jour de la base de données.
Les contacts qui ont changé.
Les programmateurs partis à la retraite.
Les nouveaux festivals.
Ceux qui ne repartiront pas.
Les équipes qui bougent.
Les adresses qui ne répondent plus.
Les salles qui changent de ligne.
Et puis le plus fastidieux : reprendre les programmations récentes des structures.
Qui programme quoi ?
Qui a évolué ?
Qui s’ouvre à de nouvelles esthétiques ?
Qui semble au contraire se recentrer ?
À qui envoyer tel projet plutôt que tel autre ?
Ce travail-là est invisible.
Personne ne l’applaudit.
Il ne fait pas une belle annonce Instagram.
Mais il est absolument crucial.
C’est ce qui permet de ne pas viser à côté à la rentrée. De rester pertinent.
D’être lu.
D’être cliqué.
D’être écouté.
D’être fiable.
Et quand on a fait le choix d’avoir un catalogue éclectique, c’est encore plus vrai. La diversité musicale, c’est magnifique. Mais son revers de médaille, c’est qu’il faut connaître beaucoup de mondes à la fois.
Les théâtres.
Les festivals.
Les scènes chanson.
Les scènes punk.
Les lieux jazz.
Les réseaux jeune public.
Les saisons culturelles.
Les musiques du monde.
Les salles assises.
Les salles debout.
Les endroits où l’on peut tenter des formes un peu hybrides.
Bref.
L’été d’un bookeur, ce n’est pas vraiment une pause. C’est plutôt un drôle de sas. Un moment où l’on ralentit assez pour reprendre son souffle. Mais pas trop.
Parce que septembre arrive toujours beaucoup plus vite qu’on ne le croit.