22/12/2025
"Alors qu'il était à l'ex-lycée d'Aumale (actuellement Rédha Houhou), Malek Haddad (1927-1978) fréquentait assidûment les lieux avec son meilleur et seul camarade, Rolland Doukhan, un juif du ghetto du Chara'â. Vingt ans plus t**d, Malek Haddad décrira ainsi le paysage à partir du boulevard de l'Abîme dans un écrit paru dans le journal En Nasr le 7 janvier 1966 sous le titre, Le rocher et son sculpteur, genèse d'un tour de force : «Dans le ciel, dont la soie d'azur est tendue au-dessus des gorges, passent les nuées de pigeons couleur d'ardoise. Le vol en flèche des émouchets au plumage roux ou l'envergure noire des vautours dépeçeurs de charogne, qui s'enlèvent lourdement quand on approche et tournoient au zénith en attendant de reprendre leur affreux festin. Le mur qui tombe verticalement de ces hauteurs a des tons de sang desséché, de fer oxydé ou de bronze clair ; mais des buissons verts s'accrochent aux parois et les îlots qui parsèment le lit portent des touffes de lauriers roses. Au bout de la gorge, le lit s'effondre et engendre une chute d'eau que les pluies d'hiver et la fonte des neiges font bondir dans un brouillard irisé. De part et d'autre de cette cascade, la sortie du ravin inscrit dans le ciel les deux pieds droits d'une porte géante s'ouvrant sur un fond de lumière». Un des plus beaux textes écrits sur la ville de Constantine et qui restera gravé sur les tablettes de l'histoire du Vieux Rocher."
Source : https://www.djazairess.com/fr/elwatan/334867
Boulevard de l'abîme, huile sur toile
100x120
2023