23/12/2025
Lettre Ouverte à عبد المجيد تبون - Abdelmadjid Tebboune
Monsieur le Ministre des Affaires religieuses,
Madame la Ministre de la Culture,
Monsieur le Wali d’Alger,
C’est avec une profonde stupeur et une vive consternation que j’ai appris que le chantier de restauration du mausolée de Sidi M’hamed Cherif Zahar, Naqib El Achraf, lieu chargé d’histoire, de spiritualité et de mémoire nationale, se transforme - peut être pour de bonne raisons techniques - en chantier de démolition partielle pour être reconstruit, et ce, sans que la famille de ce saint patron et noble descendant du Prophète ne soit consultée ni même informée.
En tant que descendante directe de cette noble lignée, arrière-petite-fille, par mes deux grands-mères, de la famille Cherif Zahar, je me dois d’exprimer mon indignation face à des faits d’une telle gravité. Les sépultures du saint et de certains de ses descendants ont déjà été profanées par les hordes sanguinaires durant la décennie noire.
S’il est vrai que nul n’a le droit de profaner des sépultures, encore moins celles de figures spirituelles et historiques qui ont profondément marqué l’histoire de notre pays, notre administration publique doit montrer l’exemple en veillant - dans le strict respect des valeurs religieuses puis filiales vis-à-vis des chérifiens de notre pays - à consulter les premiers concernés que sont la famille du saint ainsi que les chefs des principales Tariqas spirituelles, et respecter leur sensibilité.
Ce mausolée abritait les tombes de Sidi M’hamed Cherif, de notre grand-mère Salima Cherif Zahar, ainsi que de son père Si El Hadj Kadour, lieutenant de l’Émir Abdelkader, aux côtés d’autres membres de la famille Cherif Zahar et Boutaleb. Il s’agit là d’un héritage spirituel, historique et mémoriel inestimable.
Je tiens également à rappeler que ce lieu est un habous établi depuis des temps immémoriaux et qu’un droit moral subsiste légitimement à son sujet au profit de la famille. Sa démolition même partielle constitue non seulement une atteinte à un bien protégé par la tradition et le droit, mais aussi une blessure morale et spirituelle profonde.
Au-delà de sa dimension familiale, ce site représente un patrimoine national, tant sur le plan religieux que culturel, qui aurait dû être préservé, protégé et valorisé au moins par la constitution d’un « Comité de suivi et de surveillance » constitué de membres de la famille Cherif Zahar, de cheikhs de confréries soufies, d’historiens et d’architectes du patrimoine indépendants.
Par ailleurs, je suis la petite-fille du Bachagha Boutaleb, héros de la Bataille d’Alger. Notre maison familiale, située à proximité immédiate du mausolée, fut un bastion historique où se réunissaient de nombreuses figures majeures de la Révolution algérienne. Ce quartier porte en lui une mémoire vivante de notre lutte pour la liberté et la dignité.
Monsieur le Ministre, Madame la Ministre, Monsieur le Wali, je vous demande solennellement de mesurer la gravité de cette situation et de prendre les dispositions nécessaires afin de constituer ce Comité puis de faire en sorte que de telles démarches unilatérales soient bannies à tout jamais de nos pratiques publiques.
Le respect dû à nos morts, la préservation de notre mémoire familiale et nationale, et la transmission de notre histoire aux générations futures l’exigent.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Madame la Ministre, Monsieur le Wali, l’expression de ma haute considération.
Zohour Assia Boutaleb
Petite-fille du Bachagha Boutaleb
Arrière-petite-fille, par mes deux grands-mères, de la famille Cherif Zahar@tout le monde
Famille Cherif ZAhar Boutaleb Sid Ali Mebarek
Bouthiba