20/11/2024
Aujourd'hui, une page se tourne : nous avons vendu notre mythique voiture rouge🚗, celle qui nous a suivi depuis le début de notre épopée au Costa Rica. Voici le récit palpitant de l'aventure de l'achat et de la vente de notre monture, qui nous fait remonter plein d'émotions.
Lecture 8 minutes 32 : accrochez vos ceintures !!
🚗🚗🚗
Alors comment et pourquoi avons-nous acheté cette voiture ?
🌴Venus pour rester 3 mois lors de notre premier séjour, nous avions toutefois calculé, vu le prix très élevé des locations de voiture, qu'il était plus intéressant d'en acheter une quitte à la revendre à la fin du séjour. Bien que parlant espagnol, nous ne connaissions pas le terrain. Au Costa Rica, les véhicules à l'achat sont bien plus chers qu'en France quand même bien plus vétustes, ceci à cause des importantes taxes ponctionnées sur l'importation. De plus, l'on recommande fortement aux touristes d'investir dans un véhicule 4*4 étant donné l'état de certaines routes ce qui à tendance à augmenter encore le prix des modèles recherchés (même si nous avons souvent emprunté de chemins de terres un peu chaotiques, je pense avec le recul qu'il n'est plus forcément nécessaire d'avoir un 4*4 à moins d'aller s'aventurer dans des coins reculés...).
Pour économiser au maximum, nous avions donc pensé nous débrouiller seuls en écumant les petites annonces direct propriétaires et ainsi éviter de faire le tour des concessionnaires, plus onéreux. Puis à quelques jours du départ, nous avons commencé à douter de nous-mêmes et avons demandé les services d'un Tico, ‘vague connaissance d'une vague connaissance' pour nous sélectionner des véhicules à l'avance et nous aider à faire notre choix sur place.
🍌Dès le premier jour de notre arrivée (imaginer 2 adultes en plein décalages horaires avec 3 bambins fatigués et pas hyper enthousiastes à l'idée de faire le tour des voitures avec un mystérieux conducteur dont ils ne connaissaient pas la langue 😅), nous nous sommes donc retrouvés à faire le tour de 3 véhicules. Malgré notre budget de 7000 dollars, on nous montre tout d'abord ce qui ressemble à de belles épaves. On est pris entre la méfiance, la peur de se faire entuber et en même temps le besoin de ne pas perdre trop de temps et d'énergie et, devant la pression des gémissements des enfants, de trouver rapidement un véhicule potable.
🚗Le 3e véhicule qu'on nous montre est cette voiture rouge. Une voiture japonaise, 4*2 avec châssis élevé, plutôt propre malgré son grand âge - le proprio à l'air 'gentil', on est pas des mégas as de la mécanique mais le tout nous à l'air correct. Et puis, (surtout !) on se laisse séduire par les magnifiques gommettes qui ornent la carrosserie du véhicule, et par dessus tout le 'Dios primero' (tellement typique !), collé en haut du pare-brise (et que l'on devra malheureusement enlever lors de notre premier passage au contrôle technique, deux mois plus t**d).
🔧Car en effet, au Costa Rica, la bonne nouvelle (ou mauvaise, selon ce qu'on veut faire), c'est que le contrôle technique est obligatoire chaque année. Évidemment, un bon pourcentage de la population ne participe pas à cette belle tradition annuelle et il d'ailleurs amusant de voir comment certains spécimens de voiture poubelles réussissent quand même à doubler sur les chemins de terres houleux, toujours connectés au groupe WhatsApp local pour savoir comment échapper ou se débrouiller de la surveillance policière. Mis à part ça, DEKRA qui est devenue l'agence officielle pour le 'RTV' (le fameux contrôle technique) ne rigole pas. Plutôt rassurant pour les acheteurs de vieilles caisses.
En parlant de ça, le véhicule que nous convoitons affiche plus de 320.000 kms au compteur. Du moins, on s'apercevra peu de temps après que ce sont en fait des miles !
Oui, nous sommes donc devenus les heureux propriétaires d'une voiture de 26 ans, 500.000 kms pour la modeste somme de 8000 dollars, frais 'd'abogado' inclus (au Costa le changement de propriétaire de véhicule, ainsi qu'à peu près toutes les autres démarches administratives de la Terre s'effectue auprès d'un avocat qui n'oublie pas de s'empocher un billet au passage).
🤣🤣🤣🤣🤣
Autant dire que nous n'en menions pas large au début. Avec toujours bien sûr le spectre de l'arnaque qui plane sur quiconque arrive dans un endroit qu'il ne connait pas, avec bien sûr en tête les voix rassurantes des 'vieux expats' rencontrés dans l'avion, toujours pleins de bons conseils ('Ne surtout pas acheter un vieux véhicule, c'est les problèmes assurés ! Prends-toi plutôt un véhicule neuf à 70.000 dollars.')
Mais ne démentant pas à son apanage de véhicule protégé par Dieu (en personne !), notre bonne vieille Montero Sport nous accompagne sans à-coups dans notre circuit de trois mois à travers le pays des singes hurleurs et du Gallo Pinto (petit déj local). Une alarme tonitruante, à l'américaine, dont nous nous débarrasserons plus t**d, lui confère un charme à peine égalé par sa couleur chatoyante.
🌈A la fin de notre premier séjour, nous sommes hésitant à la garder. En effet, la suite de notre aventure est floue : allons-nous revenir ? Au bout de combien de temps ? Que faire du véhicule pendant notre absence ?
Après quelques tentatives de vente infructueuses, nous en déduisons que tel est notre destin de revenir ici. Finalement, nous trouvons une personne de confiance pour prendre soin de notre petit char rouge et c'est avec une certaine excitation que nous la retrouvons 9 mois plus t**d à l'aéroport de San Juan Santamaría, avec son ronronnement singulier et ses autocollants qui fleurent bon l'aventure.
Au final, un an plus t**d, à part le changement de l'alternateur et quelques petites réparations d'entretien général, cette voiture ne nous a pas déçu. De la méfiance et de la peur de l'arnaque qui nous avait submergé au démarrage, nous pensons que nous avons été plutôt chanceux. Ici, entre la corrosion, le climat, la vétusté de nombreux véhicules, les voitures des uns et des autres sont souvent coincées au 'taller' (garagiste) pour des durées indéterminées, avec toujours ce fameux spectre de l'arnaque qui sévit un peu partout. C'est un peu à celui qui aura passé le moins de jours chez le mécano dans l'année 😂
Bref, quand le moment est venu de prendre une décision sur le fait de poursuivre ou non notre aventure au Costa Rica, s'est immédiatement posée la question de la revente de ce qui nous a le plus attaché à cette terre, matériellement parlant. Nous avons donc mis en vente le véhicule. A nouveau nous avons été confronté à des peurs (et si l'acheteur nous entubait ? Et s'il y avait un couac à la dernière minute ?) Nous réalisons à quel point, en particulier quand on est étranger dans un pays, cette notion de méfiance et de peur peut être élevée. Pourtant, au final, nous sommes agréablement surpris de la gentillesse et de la simplicité de nos acheteurs, une petite famille locale.
Voilà comment s'achève notre aventure avec cette voiture mythique. Une autre question sur laquelle on pourrait philosopher est celle de posséder une voiture dans un endroit où nous sommes venus rechercher la simplicité, et où l'on entend régulièrement que, dans le petit village de Cahuita, il y a encore à peine vingt ans, le nombre de véhicules en circulation se comptait sur les doigts d'une main ! Mais nous réservons ce débat pour un autre chapitre !🚗🌱🌴🚗🌴🏞️🌱🐒
PS : pour la première fois aujourd'hui de toute cette aventure, on a vu un singe hurleur à terre, se jetter sous nos roues. Heureusement, il a réussi à traverser sans encombre. Un étrange message du destin ?