26/09/2026
Bonsoir vous devez m’en vouloir je sais mais comme je vous l’ai dit j’ai pris une pause pour pouvoir m’organiser et reprendre l’écriture sans pression donc je reviens bientot ne vous en faites pas ☺️☺️☺️
𝐵𝑜𝓃𝒿𝑜𝓊𝓇 𝒶 𝑒𝓉 𝒷𝒾𝑒𝓃𝓋𝑒𝓃𝓊𝑒 𝓈𝓊𝓇 𝓂𝑜𝓃 𝒽𝓊𝓂𝒷𝓁𝑒 𝒸𝑜𝓂𝓅𝓉𝑒 𝒥𝑒 𝓈𝓊𝒾𝓈 𝓊𝓃 𝒶𝓊𝓉𝑒𝓊𝓇 𝒶𝓁𝑜𝓇𝓈 𝒿'𝑒𝓈𝓅𝑒̀𝓇𝑒 𝓆𝓊𝑒 𝓂𝑒𝓈 𝒽𝒾𝓈𝓉𝑜𝒾𝓇𝑒𝓈 𝓈𝑒𝓇𝑜𝓃𝓉 𝒶 𝓋𝑜𝓈 𝑔𝑜𝓊̂𝓉𝓈 𝓂𝑒𝓇𝒸𝒾 😘
(2)
Bonsoir vous devez m’en vouloir je sais mais comme je vous l’ai dit j’ai pris une pause pour pouvoir m’organiser et reprendre l’écriture sans pression donc je reviens bientot ne vous en faites pas ☺️☺️☺️
Si il y’a bien une personne qui m’impressionne c’est Alina, la Alina qui se laissait faire là est partie maintenant elle prend les choses en main
: LA PROMISE DU CHEF
: DARK ROMANCE
: 22
ELENA SOKOLOVA
Le bruit de la fermeture éclair de la valise me transperça.
Un simple bruit.
Quelques centimètres de métal qui glissaient lentement sur le tissu.
Et pourtant, j’eus l’impression d’entendre le dernier morceau de ma vie se déchirer.
Viktor se tenait devant notre armoire, le dos tourné vers moi. Il retirait ses chemises une à une, les pliait avec une précision presque mécanique avant de les déposer dans la valise ouverte sur le lit. Je le regardais sans parvenir à bouger.
La chambre qui avait été la nôtre pendant tant d’années me paraissait soudain étrangère. Nos photos étaient toujours là. Nos souvenirs aussi. Les rideaux étaient tirés comme chaque matin, laissant filtrer une lumière pâle à travers les fenêtres. Tout était à sa place. Tout, sauf nous.
— Viktor…
Il ne répondit pas. Il attrapa une autre chemise.
— Viktor, je t’en prie. Ne fais pas ça.
Il continua comme si je n’avais rien dit. Je me levai précipitamment du fauteuil où j’étais assise et m’approchai de lui.
— Arrête.
Sa main s’immobilisa quelques secondes. Puis il reprit son geste.
— Je ne veux plus de toi, Elena.
Mon cœur se contracta. Je restai figée derrière lui.
— Quoi ?
Il referma la valise à moitié et se tourna enfin vers moi. Son regard était glacial. Je connaissais cet homme depuis presque trente ans. J’avais connu ses colères, ses silences, ses sourires, ses faiblesses. J’avais dormi contre lui pendant des milliers de nuits. J’avais partagé avec lui des repas, des voyages, des disputes et des réconciliations. Mais je ne l’avais jamais vu me regarder comme ça. Comme si j’étais devenue une étrangère.
— Je vais demander le divorce.
Le mot résonna dans ma tête. Divorce. Je secouai lentement la tête.
— Non…
— Si.
— Viktor, réfléchis.
Un rire sans joie lui échappa.
— C’est justement ce que je fais depuis que j’ai appris la vérité.
Je m’approchai davantage.
— Tu te rends compte de ce que tu dis ? Nous sommes mariés depuis presque trente ans.
— Et alors ?
Sa réponse fut si froide que j’en eus le souffle coupé.
— Trente ans, Viktor…
— Je m’en fiche.
Je portai une main à ma poitrine.
— Comment peux-tu dire ça ?
Il me fixa.
— Parce que tu as commis un crime. Tu as volé un nouveau-né, Elena. Tu as pris l’enfant d’une autre femme. Et tu veux que je reste avec toi comme si de rien n’était ?
— Je n’avais pas le choix…
Il frappa violemment la porte de l’armoire. Je sursautai.
— Ne répète plus jamais ça ! Tu avais le choix ! Tu l’as eu le jour où tu as décidé de mentir. Tu l’as eu lorsque tu as payé cette femme. Tu l’as eu lorsque tu es partie à Saint-Pétersbourg. Tu l’as eu lorsque tu as ramené Alina ici. Et tu l’as encore eu lorsque je t’ai demandé si Alina était réellement ma fille.
Je fermai les yeux. Ce souvenir me revint avec une netteté douloureuse. Son regard suspicieux. Sa question. Et mon mensonge. Encore un. Toujours un de plus pour protéger le précédent.
— Tu aurais pu me dire la vérité. Tu aurais pu tout arrêter. Mais non. Tu as menti.
Je me mis à pleurer silencieusement.
— Je pensais que…
— Tu pensais quoi ?
Je n’eus pas le courage de répondre. Il passa une main sur son visage. Sa respiration était devenue irrégulière. Puis sa voix changea. Elle se brisa légèrement.
— Et quand je pense à tout ce que j’ai fait à Alina… Je l’ai maltraitée. Pendant des années. Une enfant qui ne comprenait même pas pourquoi son père la regardait avec autant de froideur. Quand elle venait vers moi… quand elle cherchait mon affection… je…
Il s’interrompit. Je sentis quelque chose se briser en moi.
— Ça, c’est uniquement ta faute. Alina te voyait comme son père. Elle t’adorait.
Je m’essuyai les joues. Les souvenirs affluèrent. Alina enfant, courant vers Viktor lorsqu’il rentrait à la maison. Ses petits bras autour de ses jambes. Son sourire. Sa façon de l’appeler lorsqu’elle avait peur. Elle n’avait jamais douté de lui. Jamais.
— Elle n’a jamais su pourquoi tu étais distant avec elle. Elle pensait simplement qu’elle devait faire mieux. Qu’elle devait être plus sage, plus intelligente, plus parfaite pour que tu sois fier d’elle.
Viktor détourna le regard.
— Tu sais très bien comment je me suis senti, Elena.
Je relevai lentement les yeux vers lui. Son regard me fit mal.
— Pendant des années, j’ai cru que tu m’avais trompé. Et pas seulement ça… je croyais que tu avais ensuite voulu me faire porter l’enfant de cet homme. Chaque fois que je regardais Alina, je voyais le visage de ta trahison.
Je secouai la tête, les larmes coulant toujours sur mes joues.
— Viktor…
— Non. Laisse-moi parler.
Je me tus.
— Tout ça ne serait jamais arrivé si tu avais simplement dit la vérité.
Il y eut un silence. Un silence lourd, presque suffocant. Je savais qu’il avait raison. C’était peut-être ce qui me faisait le plus mal. J’aurais pu tout arrêter. Il y avait eu tant d’occasions. Tant de moments où j’aurais pu lui dire la vérité. Mais j’avais toujours choisi le mensonge. Parce qu’à chaque fois, dire la vérité me semblait plus terrifiant que de continuer à mentir. J’avais eu tort. Et maintenant, il était trop t**d.
Viktor reprit d’une voix plus basse :
— Et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire si sa véritable mère porte plainte pour enlèvement d’enfant ?
Mon ventre se noua.
— Mais… c’est passé, Viktor. Alina est grande maintenant. Elle est adulte. Elle a sa vie. Elle est mariée…
— Et alors ? Les faits sont toujours là ! Il y a un test ADN, Elena.
Il désigna l’enveloppe posée sur le lit.
— Un document qui prouve qu’Alina n’est pas notre fille biologique.
Je sentis mon cœur accélérer.
— On peut expliquer ça.
— Comment ?
Je déglutis. Mon esprit tournait à toute vitesse. Il fallait trouver une solution. N’importe laquelle.
— On peut dire qu’il y a eu un échange de bébés. À l’hôpital. Une erreur. Ça arrive. Alexei pourrait très bien mentir pour nous discréditer…
Viktor me regardait. Pas avec colère cette fois. Avec horreur. Je m’arrêtai.
— Quoi ?
Il secoua lentement la tête.
— Comment… comment ai-je pu ne pas me rendre compte plus tôt que tu étais devenue f***e ?
Je sentis mes jambes trembler.
— Je ne suis pas f***e.
Mais même mes propres mots sonnaient creux. Viktor referma sa valise. Le claquement du fermoir résonna dans la pièce.
— Fais tes valises.
Je le regardai sans comprendre.
— Viktor…
— Je veux que tu sois partie d’ici ce soir.
— Où veux-tu que j’aille ?
— Chez Katerina. Va chez ta fille.
Je fis un pas vers lui.
— Tu ne peux pas me faire ça.
Il se retourna.
— Je peux. Et je le fais.
Je sentis mon cœur se déchirer.
— Après tout ce qu’on a vécu ?
Il resta silencieux quelques secondes. Puis il répondit :
— Justement.
Il passa devant moi. Je voulus attraper son bras. Je n’en eus pas la force.
— Viktor…
Il s’arrêta devant la porte. Pendant une seconde, j’espérai qu’il se retournerait. Qu’il me regarderait autrement. Qu’il me dirait que tout cela n’était qu’une terrible erreur. Mais il ne le fit pas.
— Je ne veux plus te voir, Elena.
La porte se referma. Je restai seule. Complètement seule.
Le silence qui suivit fut assourdissant. Je regardai autour de moi. Notre chambre. Notre lit. Nos photos. Nos souvenirs. Près de trente ans de vie commune enfermés entre quatre murs. Et pourtant, en quelques minutes, tout venait de disparaître.
Mes jambes cédèrent. Je tombai à genoux au milieu de la chambre. Un sanglot m’échappa. Puis un autre. Je plaquai mes mains contre mon visage tandis que mes épaules se soulevaient sous les pleurs.
——————
ALINA VOLKOV
Le lendemain matin, je me réveillai avec une boule dans la poitrine.
La nuit avait été courte. Beaucoup trop courte.
Chaque fois que je fermais les yeux, les mêmes images revenaient. L’arrestation d’Alexei. Le visage d’Akim. Ses accusations. Puis cette horrible idée qu’un homme capable de me suivre pendant des années avait pu se retrouver si près de moi sans que je m’en rende compte.
Je posai instinctivement une main sur mon ventre.
Mes bébés.
Cette pensée suffit à faire naître une nouvelle vague d’inquiétude. Je devais rester calme. Alexei me l’avait répété encore et encore. Mais comment étais-je censée rester calme alors que quelqu’un cherchait manifestement à détruire notre vie ?
Je restai quelques minutes assise au bord du lit, à écouter la respiration régulière d’Alexei. Il dormait encore. Son visage était paisible, tellement différent de celui de l’homme que j’avais vu la veille au commissariat. Je me penchai et déposai doucement un ba**er sur sa joue avant de me lever.
Je savais qu’il n’allait pas apprécier ce que je m’apprêtais à faire.
Mais j’avais besoin de parler à Katerina. Je voulais voir son regard lorsqu’elle me répondrait.
Après m’être habillée, je quittai discrètement la chambre. Quelques heures plus t**d, Alexei partit pour l’entreprise. Je le regardai monter dans sa voiture depuis l’une des fenêtres du manoir. Je savais que dès qu’il apprendrait que j’étais sortie sans lui en parler, il serait furieux. Il avait cette manie de croire qu’il pouvait tout contrôler lorsqu’il s’agissait de ma sécurité. Mais cette fois, je ne voulais pas qu’il intervienne. Je voulais régler cette affaire moi-même.
Je rejoignis le chauffeur.
— Emmenez-moi à la propriété Volkov.
Il me regarda brièvement dans le rétroviseur.
— Madame, monsieur Volkov sait que vous sortez ?
Je soupirai.
— Non. Et il vaut mieux qu’il ne le sache pas avant que j’y sois arrivée.
Le chauffeur sembla hésiter, mais démarra finalement. Pendant tout le trajet, mes doigts restèrent crispés sur mon sac. Plus nous approchions de la propriété, plus mon cœur battait vite. Je n’avais aucune preuve que Katerina était réellement derrière tout ça. Mais quelque chose au fond de moi me disait que je ne me trompais pas.
Lorsque la voiture s’arrêta devant la propriété, je pris une profonde inspiration. Je descendis. Les portes s’ouvrirent et je pénétrai dans la demeure sans attendre. Une domestique vint immédiatement à ma rencontre.
— Où est Katerina ?
Elle parut surprise.
— Madame Katerina est dans le salon, je vais…
— Inutile. Je vais la voir moi-même.
Je traversai le couloir. Quelques secondes plus t**d, Katerina apparut. Elle s’arrêta net en me voyant. Son regard descendit brièvement vers mon ventre avant de revenir à mon visage.
— Alina ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je ne répondis pas. Je déposai simplement mon sac sur le canapé. Puis je m’avançai vers elle. Katerina fronça les sourcils.
— Pourquoi es-tu venue ?
Ma main partit avant même que je puisse réfléchir davantage. Le bruit de la gifle résonna dans le salon. Katerina porta immédiatement une main à sa joue. Ses yeux s’écarquillèrent.
— Mais qu’est-ce qui te prend ?
Je la regardai droit dans les yeux. Je sentais ma colère vibrer dans chacun de mes muscles.
— Je ne te pensais pas capable d’aller aussi loin.
Elle me fixa, complètement déconcertée.
— De quoi tu parles ?
— De ta méchanceté. De ton obsession pour le pouvoir.
Son expression changea à peine.
— Je ne comprends absolument rien à ce que tu racontes.
Je laissai échapper un rire nerveux.
— Bien sûr.
— Alina…
— Arrête. Je sais que c’est toi. Je sais que c’est toi qui as envoyé cet inspecteur arrêter Alexei.
Elle secoua lentement la tête.
— Tu es complètement f***e.
— Non. C’est toi qui es f***e si tu pensais que je ne finirais jamais par comprendre.
Katerina croisa les bras.
— Tu n’as aucune preuve.
— J’ai assez de preuves pour savoir que tu savais exactement qui était Akim.
Son visage se crispa légèrement. Je le vis. Cette minuscule réaction. Et elle suffit à alimenter ma conviction.
— Tu savais qu’il me suivait. Tu savais qu’il me photographiait. Tu savais qu’il était obsédé par moi. Et tu n’as rien fait.
Je lui donnai une légère poussée à l’épaule. Katerina recula d’un pas.
— Tu te méprends complètement, Alina.
Je laissai échapper un souffle incrédule.
— Ne me mens pas.
— Je ne te mens pas.
— Arrête.
Ma voix claqua dans le salon. Je m’avançai vers elle, sans la quitter des yeux.
— Je ne suis plus la petite sœur que tu pouvais faire culpabiliser avec un simple regard. Je sais ce que tu fais.
Katerina eut un sourire méprisant.
— Tu ne sais rien.
— Peut-être que je ne sais pas tout. Mais je sais suffisamment.
Je sentis ma main se poser instinctivement sur mon ventre. Le simple contact de ma paume contre la courbe encore discrète de mon abdomen me rappela pourquoi j’étais là. Je ne pouvais pas me permettre de trembler. Pas maintenant.
— Alors écoute-moi bien, Katerina. C’est le dernier avertissement que je te donne.
Elle haussa un sourcil.
— Un avertissement ?
— Oui. Tu ne t’approches plus de ma famille.
Son sourire disparut légèrement. Katerina croisa les bras.
— Tu crois vraiment pouvoir m’ordonner quoi que ce soit ?
— Non. Je te demande simplement de faire preuve d’un minimum de bon sens.
Elle eut un petit rire.
— Tu viens chez moi, tu me frappes, tu m’accuses de choses dont je n’ai aucune idée et maintenant tu me donnes des ordres ?
— Parce que je connais tes méthodes.
— Tu ne me connais pas.
— Je t’ai connue toute ma vie.
Le silence retomba. Et avant qu’elle puisse répondre, des pas résonnèrent dans le couloir. Puis une voix s’éleva derrière nous.
— Pourquoi est-ce qu’il y a autant de vacarme ici ?
Je me figeai. Cette voix. Je la reconnaîtrais entre mille. Je me retournai lentement.
— Maman ?
Ma mère se tenait à l’entrée du salon. Elle avait le visage marqué. Ses yeux étaient gonflés, comme si elle avait pleuré récemment. Pendant quelques secondes, je ne compris pas ce qu’elle faisait ici.
— Qu’est-ce que tu fais là ?
Elle hésita.
— Je me suis disputée avec ton père. J’ai préféré venir ici quelque temps. Ça va passer. C’est comme ça dans tous les mariages.
Je fronçai les sourcils. Je ne savais pas pourquoi, mais quelque chose dans son attitude me mettait mal à l’aise. Elle semblait différente. Comme si elle portait un poids invisible sur les épaules.
— Et toi ? demanda-t-elle finalement. Qu’est-ce que tu fais ici ?
Je n’eus pas le temps de répondre. Katerina s’en chargea.
— Ta chère fille est venue me menacer. Apparemment, je suis responsable de tous les maux de la terre.
Je tournai lentement la tête vers elle. Un rire nerveux m’échappa.
— Non. Je ne le crois pas. J’en suis sûre.
Je fis un pas vers elle.
— Tu devrais faire attention à ce que tu racontes.
— Et toi, tu devrais faire attention à ce que tu fais.
Je récupérai mon sac sur le canapé.
— Tu as déjà obtenu beaucoup de choses. Un mari. Une belle maison. Une place dans une famille puissante. Contente-toi des privilèges que ton mari t’offre et laisse Alexei tranquille.
Un sourire froid apparut sur ses lèvres.
— C’est ça. Madame se prend déjà pour une mafieuse. Tu crois que parce que tu es devenue la femme d’Alexei Volkov, tout t’est permis ? Je vais te faire redescendre de ton piédestal.
Je soutins son regard. Je sentais mon cœur battre rapidement, mais cette fois, je refusai de reculer.
— J’attends de voir ça.
Notre mère s’interposa aussitôt entre nous.
— Ça suffit ! Il est inutile de vous battre. Il serait préférable que tu rentres, Alina.
Ses mots me firent plus mal que je ne voulais l’admettre. Je savais qu’elle essayait d’éviter une dispute. Je savais qu’elle ne cherchait probablement pas à prendre parti. Mais après tout ce que Katerina avait fait, après tout ce que j’avais vécu ces dernières semaines, l’entendre me demander de partir me donnait l’impression qu’elle me rejetait une nouvelle fois au profit de ma sœur.
— Je n’arrive pas à croire que tu la défends.
Elena secoua immédiatement la tête.
— Je ne la défends pas.
— Alors pourquoi est-ce moi qui dois partir ?
Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Je vis quelque chose traverser son regard. De la fatigue. De la tristesse. Peut-être même de la culpabilité. Mais je n’avais pas la force de chercher à comprendre.
— Je veux simplement éviter que vous vous entretuiez.
Katerina eut un petit sourire satisfait derrière elle. Je le vis. Et cela suffit à faire remonter ma colère. Je poussai un long soupir et me penchai pour récupérer mon sac.
— Très bien.
Je passai la bandoulière sur mon épaule. Avant de partir, je me retournai une dernière fois vers Katerina.
— Mais retiens bien une chose. Si tu essaies encore de me faire du mal… ou si tu essaies encore de faire du mal à mon mari, tu le regretteras.
Katerina arqua un sourcil.
— Est-ce une menace ?
Je soutins son regard.
— Non. Un avertissement.
Puis je tournai les talons. Je ne lui laissai pas le temps de répondre. Je traversai le couloir d’un pas rapide et quittai la propriété.
Dès que les portes se refermèrent derrière moi, je pris une grande inspiration. L’air frais me fit du bien. Je descendis les quelques marches avant de m’arrêter près de la voiture. Ma main se posa instinctivement sur mon ventre. Un geste protecteur. Comme si mes paumes pouvaient former un bouclier autour de mes enfants.
— Tout va bien… Maman est là.
Je caressai doucement mon ventre. Pour la première fois depuis que j’étais arrivée, mes épaules se détendirent légèrement. J’avais besoin de prendre l’air. De penser à autre chose. Et surtout, j’avais besoin de voir quelque chose qui m’appartenait. Mon atelier. Depuis l’explosion, je n’y avais pas remis les pieds. Entre ma convalescence, ma grossesse, les problèmes avec Katerina et l’arrestation d’Alexei, je n’avais même pas trouvé le temps de vérifier l’avancement des travaux.
— À l’atelier, s’il vous plaît.
Le chauffeur acquiesça.
— Bien, madame.
Je montai à l’arrière. Pendant le trajet, je sortis mon téléphone. Une pensée me traversa aussitôt l’esprit. Alexei. Il allait probablement se demander où j’étais. Et connaissant mon mari, il serait capable de retourner le manoir de fond en comble simplement parce qu’il ne me trouvait pas là où il m’avait laissée. Un sourire malgré moi apparut sur mes lèvres. Je lui envoyai rapidement un message.
« Je suis à l’atelier. Tout va bien. Je voulais voir comment avancent les travaux. Ne t’inquiète pas. »
Je regardai quelques secondes l’écran avant de le ranger. La voiture poursuivit sa route. Lorsque j’aperçus enfin le bâtiment au bout de la rue, une étrange émotion m’envahit. Mon atelier. Mon projet. Mon rêve. J’avais imaginé tellement de fois le jour où les portes de ma boutique s’ouvriraient enfin. Je voulais que cet endroit soit à mon image. Un lieu où chaque femme pourrait entrer et trouver une robe dans laquelle elle se sentirait belle.
Je descendis de voiture. À peine eus-je franchi la porte que plusieurs employés se tournèrent vers moi.
— Madame Volkov !
Un sourire se dessina sur mon visage.
— Bonjour.
Ils vinrent me saluer avec enthousiasme. Certains me demandèrent comment j’allais, d’autres me parlèrent rapidement des travaux. Je retrouvai peu à peu cette sensation familière. Celle d’être chez moi. Je regardai autour de moi. Les murs avaient été repeint. Certaines zones étaient encore en travaux, mais l’endroit commençait enfin à prendre forme. Je passai doucement les doigts sur une cloison fraîchement repeinte.
— Ça avance vraiment bien.
— Nous faisons de notre mieux.
Je me retournai vers mon assistante. Elle s’approcha de moi, mais son expression ne correspondait pas à l’enthousiasme des autres. Elle semblait nerveuse.
— Madame…
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Elle hésita.
— Il y a quelqu’un qui est venu vous voir.
Je fronçai les sourcils.
— Quelqu’un ?
— Oui. Un homme.
Une sensation désagréable traversa ma poitrine.
— Quel homme ?
— Je ne sais pas exactement. Nous lui avons expliqué que nous ne savions pas si vous seriez présente aujourd’hui. Mais il a insisté. Il a dit qu’il voulait absolument vous voir.
Je restai immobile.
— Il est où ?
Mon assistante pointa le couloir.
— Dans votre bureau.
Je la regardai, surprise.
— Mon bureau ?
Elle hocha la tête.
— Nous lui avons demandé d’attendre là-bas. À vrai dire… il me fait peur.
Un frisson parcourut mon dos. Je regardai le couloir qui menait à mon bureau. Une partie de moi me criait de faire demi-tour. De retourner immédiatement dans la voiture. D’appeler Alexei. Mais une autre partie voulait comprendre. Qui pouvait bien m’attendre dans mon bureau sans rendez-vous ?
Je posai instinctivement une main sur mon ventre. Puis je relevai les yeux vers mon assistante.
— Très bien. Je vais aller voir.
Je fis quelques pas dans le couloir. À chaque pas, mon cœur battait un peu plus vite. Puis j’arrivai devant la porte. Ma main se posa sur la poignée. Je pris une profonde inspiration.
Et j’ouvris.
Mon cœur s’arrêta.
L’homme assis dans mon fauteuil releva lentement la tête. Je reconnus immédiatement son visage.
Akim Avazov.
Pendant une seconde, je fus incapable de bouger. C’était comme si mon corps avait compris le danger avant mon esprit. Mon souffle se bloqua dans ma gorge. L’inspecteur qui avait arrêté mon mari. L’homme qui m’avait suivie pendant des années. Celui qui avait rempli un appartement de photographies de moi. Il était là. Dans mon bureau.
Je reculai instinctivement. Ma bouche s’ouvrit. J’allais crier.
— Ne faites rien.
Sa voix me glaça. Je le regardai avec horreur.
— Je veux simplement vous parler.
— Sortez. Sortez immédiatement.
Ma voix tremblait tellement que je la reconnus à peine. Il se leva. Je reculai encore.
— Je vais appeler la police. Vous êtes recherché.
Il secoua la tête.
— Je suis venu vous chercher, Alina. Nous pouvons partir. Tous les deux.
Je le regardai, sidérée.
— Vous êtes complètement fou.
— Je peux vous offrir une autre vie. Une vie sans Alexei Volkov.
Mon regard se durcit.
— Je n’ai pas besoin que vous me sauviez de mon mari.
— Il vous menace.
— Non.
— Vous vivez sous sa menace.
— Vous ne savez absolument rien de ma vie !
Il serra la mâchoire.
— Je vous connais depuis longtemps.
Cette phrase me donna froid dans le dos.
— Non. Vous ne me connaissez pas.
— Je vous ai observée pendant des années.
Je sentis mon sang se glacer.
— Justement.
Il baissa légèrement les yeux.
— Les photographies…
Je me raidis.
— Ne parlez pas de ça.
— Je n’ai jamais voulu vous faire de mal.
Je le fixai avec dégoût.
— Vous m’avez espionnée.
— Je voulais simplement garder un souvenir de vous.
Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais.
— Un souvenir ?
— Je voulais pouvoir vous voir quand vous n’étiez pas là.
Un frisson parcourut ma peau.
— Vous avez un problème.
— Je vous aimais.
— Vous ne m’aimez pas. Vous êtes obsédé par moi.
Mon regard se brisa sous la colère. Son expression se crispa. Je profitai de cet instant pour regarder mon téléphone. Alexei. Il fallait que je l’appelle.
Je déverrouillai l’écran avec des doigts tremblants. Je n’eus pas le temps de composer son numéro. Akim se précipita vers moi.
— Donnez-moi ça !
— Non !
Ses doigts se refermèrent autour de mon poignet. Je sursautai. Il m’arracha le téléphone des mains avant de le jeter sur mon bureau. L’appareil rebondit et tomba au sol.
— Qu’est-ce que vous faites ?
— Vous allez venir avec moi.
Je reculai jusqu’à sentir le bord du bureau contre mes reins.
— Jamais.
— Vous n’avez pas le choix. Vous viendrez de gré ou de force.
Son regard était devenu glacial. Ma main se posa instinctivement sur mon ventre. Une peur viscérale me traversa. Mes enfants. Je devais penser à eux. Je devais rester calme. Mais comment rester calme alors qu’un homme complètement obsédé par moi se tenait à quelques mètres de moi et voulait m’emmener ?
— Je ne partirai jamais avec vous.
— Je ne vous laisserai pas entre les mains d’Alexei.
— Alexei est mon mari !
— C’est un criminel !
— Et vous êtes un malade !
Son visage se déforma de colère.
— Vous ne comprenez rien !
Il fit un pas vers moi. Je reculai.
— Ne m’approchez pas.
— Alina…
On frappa soudain à la porte.
— Madame Volkov ?
Mon assistante. Mon cœur bondit. Akim se tourna vers la porte. Il porta un doigt à ses lèvres.
— Ne dites rien.
Je le regardai. Puis je regardai la porte. C’était peut-être ma seule chance. Je pris une profonde inspiration.
— Appelez la police ! Cet homme veut m’enlever !
— Taisez-vous !
— Appelez la police !
— Alina ! Arrêtez de crier !
Il s’avança vers moi. La porte s’ouvrit brusquement. Mes gardes du corps apparurent.
— Madame !
Akim se retourna. Pendant une seconde, personne ne bougea. Puis son regard se posa sur la fenêtre. Je compris immédiatement ce qu’il allait faire.
— Attrapez-le !
L’un des gardes se précipita vers lui. Akim ouvrit la fenêtre et grimpa sur le rebord.
— Non !
Le garde tenta de l’attraper. Trop t**d. Akim sauta.
— Suivez-le !
Les gardes quittèrent immédiatement la pièce. Je restai seule avec mon assistante. Ou plutôt, j’essayai de rester debout. Mes jambes tremblaient tellement que je dus m’accrocher au bureau. Je respirais rapidement. Trop rapidement. Une main sur ma poitrine, l’autre sur mon ventre, je tentai de reprendre le contrôle de mon corps.
— Madame… Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ?
Mon assistante s’approcha doucement. Je secouai la tête. Des larmes commencèrent à brouiller ma vision. Je me laissai tomber dans le fauteuil. Mes mains tremblaient. Je regardai la porte par laquelle Akim venait de disparaître.
Il aurait pu m’emmener.
Il aurait pu faire du mal à mes enfants.
Il aurait pu…
Je fermai les yeux. Non. Je ne voulais pas penser à ça. Je caressai doucement mon ventre.
— Ça va… Maman est là.
Je respirai profondément. Puis je relevai les yeux vers mon assistante. Une seule personne pouvait me calmer. Une seule personne pouvait me donner l’impression que tout allait redevenir normal.
— Appelez mon mari.
Elle hocha immédiatement la tête.
— Tout de suite.
Je fermai les yeux.
Alexei.
J’avais besoin de lui.
Maintenant.
——————
ALEXEI VOLKOV
La voix de l’assistante résonnait encore dans ma tête lorsque je sortis de la voiture.
Alina.
Elle avait été confrontée à Akim.
Rien que cette pensée faisait bouillir mon sang.
J’avais quitté l’entreprise dès que j’avais reçu l’appel. Je ne me souvenais même plus des rues que j’avais traversées ni des voitures que j’avais doublées. Tout ce que je savais, c’était que je devais arriver jusqu’à elle. Le plus vite possible. Je pensais la retrouver au manoir. Au calme. En sécurité. Je n’aurais jamais imaginé qu’elle serait à l’atelier.
Lorsque je franchis les portes, mes gardes du corps se redressèrent immédiatement.
— Où est ma femme ?
Ma voix claqua dans le hall. L’assistante arriva précipitamment vers moi. Son visage était encore pâle.
— Monsieur Volkov…
— Où est-elle ?
Elle désigna le couloir.
— Dans la salle de repos. Elle est allongée.
Je sentis mon estomac se nouer.
— Elle est blessée ?
— Non. Enfin… je ne crois pas. Elle est surtout très choquée.
Je ne demandai rien de plus. Je partis immédiatement. Mes pas résonnaient sur le sol tandis que je traversais le couloir. Plus je m’approchais, plus une inquiétude sourde s’installait dans ma poitrine.
Je poussai la porte.
Et je la vis.
Alina était assise sur le lit, les épaules tremblantes. Ses cheveux étaient légèrement défaits. Son visage était mouillé de larmes et ses yeux rougis témoignaient de la peur qu’elle venait de traverser. Pendant une seconde, je restai immobile. La colère disparut. Il ne resta plus que l’inquiétude.
— Alina…
Elle releva la tête. Nos regards se croisèrent. Et quelque chose se brisa dans son expression. Elle se leva presque précipitamment avant de venir vers moi. Je la rattrapai immédiatement. Elle s’effondra dans mes bras.
— Alexei…
Je refermai mes bras autour d’elle. Son corps tremblait contre le mien. Je passai une main dans ses cheveux et l’autre dans son dos.
— Je suis là.
Elle s’accrocha à ma chemise.
— Je suis désolée…
Je fronçai les sourcils.
— Pourquoi ?
Elle leva vers moi son visage couvert de larmes.
— Si j’avais su qu’il serait là… je ne serais jamais sortie de la maison.
Je posai mes mains sur ses joues.
— Ne dis pas ça.
— J’aurais dû t’écouter…
— Alina. Tu n’as rien fait de mal.
Elle renifla doucement. Je déposai un ba**er sur son front.
— L’important, c’est que tu sois là. Avec moi.
Je la ramenai contre mon torse. Je pouvais sentir son cœur battre rapidement contre le mien. Trop rapidement.
— Respire.
Elle inspira profondément, mais son souffle se brisa.
— Doucement.
Je caressai son dos.
— Prends ton temps.
Je l’accompagnai dans sa respiration jusqu’à ce que ses tremblements commencent à diminuer. Puis je remarquai la bouteille d’eau posée sur la table. Je la pris.
— Bois un peu.
Elle la saisit. Ses doigts tremblaient encore. Je gardai ma main sous la bouteille pour l’aider. Elle but quelques gorgées.
— Voilà.
Elle baissa la bouteille. Pendant quelques secondes, elle resta silencieuse. Puis son visage se crispa.
— Il voulait m’enlever.
Ma mâchoire se contracta. Je sentis une vague de colère me traverser. Mais je la repoussai immédiatement. Ce n’était pas le moment. Pas devant elle.
— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?
— Il voulait que je parte avec lui. Il disait qu’on pouvait s’enfuir ensemble. Qu’il voulait me sauver de toi.
Je serrai les poings.
— Il est complètement fou.
— Oui. Il croit qu’il m’aime.
Je posai une main contre sa joue.
— Ce n’est pas de l’amour.
Elle ferma les yeux.
— Il disait que tu étais dangereux.
— Regarde-moi.
Elle rouvrit les yeux.
— Il ne t’emmènera nulle part. Tu es ici. Avec moi.
Elle hocha faiblement la tête.
— Il faut l’arrêter.
— On va le faire. Mais pas maintenant.
Elle me regarda, surprise. Je passai doucement mon pouce sur sa joue.
— Maintenant, tu dois respirer.
— Mais…
— Alina, regarde-moi. Tu es en sécurité. Toi et nos bébés.
Je posai une main sur son ventre. Son regard se posa sur ma main. Elle recouvrit mes doigts avec les siens.
— Respire avec moi.
Elle inspira lentement. Je fis de même. Puis nous expirâmes ensemble. Une fois. Puis une deuxième. Je sentis son corps se détendre progressivement contre le mien. Elle finit par poser son front contre le mien. Sa peau était chaude. Ses yeux brillants de larmes.
— Je veux que ça s’arrête… Je veux juste que tout ça s’arrête, Alexei.
Je fermai les yeux quelques secondes. Je détestais l’entendre parler ainsi. Elle avait déjà traversé tellement de choses. Et maintenant, alors qu’elle portait nos enfants, elle devait encore supporter les conséquences de l’obsession d’un homme incapable d’accepter la réalité. Je caressai doucement sa joue.
— Je vais y remédier. Je te le promets, Alina. Tout ça va s’arrêter.
Je me penchai vers elle et l’embrassai longuement. Ce ba**er n’avait rien de précipité. Je voulais qu’elle sente ma présence, ma chaleur, mes bras autour d’elle. Je voulais qu’elle comprenne sans même avoir besoin de le répéter que je ne la laisserais pas affronter cette situation seule.
Lorsque je me séparai enfin de ses lèvres, je déposai un dernier ba**er sur son front.
— On rentre.
Elle hocha doucement la tête. Je glissai un bras sous ses jambes et l’autre autour de son dos.
— Alexei…
— Pas de discussion.
Un faible sourire apparut sur ses lèvres malgré ses yeux encore humides.
— Je peux marcher.
— Je sais. Mais je n’en ai aucune envie.
Elle passa ses bras autour de mon cou tandis que je quittais la salle de repos. Chaque pas me rapprochait de la sortie, mais ma colère, elle, grandissait. Je savais qu’Akim était responsable de ce qui venait de se passer. Je savais également que mes hommes avaient laissé une faille. Et une faille autour d’Alina pouvait être mortelle.
Lorsque nous arrivâmes devant la voiture, j’ouvris la portière et déposai délicatement ma femme sur la banquette arrière. Je vérifiai instinctivement qu’elle était bien installée avant de refermer la portière.
Puis je me retournai.
Mes gardes du corps se tenaient quelques mètres plus loin. Ils avaient compris à mon expression que la conversation n’allait pas être agréable. Je m’avançai vers eux.
— Où étiez-vous ?
Aucun des deux ne répondit immédiatement. Je répétai, plus froidement :
— Je vous ai demandé où vous étiez.
L’un d’eux finit par baisser légèrement la tête.
— C’était la pause déjeuner, monsieur.
Je le fixai.
— La pause déjeuner ?
— Nous nous sommes simplement absentés quelques minutes.
Quelques secondes de silence s’écoulèrent. Je sentis ma mâchoire se contracter.
— Quelques minutes… Quelques minutes pendant lesquelles un homme recherché a pu entrer dans l’atelier et s’approcher de ma femme. Quelques minutes qui auraient pu coûter la vie à ma femme.
Mon ton n’était pas élevé. Je n’en avais pas besoin. Ma colère était devenue froide. Beaucoup trop froide.
— Vous étiez chargés de surveiller cet endroit. Votre travail consistait précisément à vous assurer que personne comme lui puisse atteindre Alina. Vous avez fait preuve de négligence.
Le silence qui suivit fut lourd. Je m’apprêtais à poursuivre lorsque j’entendis la voix d’Alina derrière moi.
— Alexei…
Je me retournai. Elle était assise dans la voiture et me regardait à travers la vitre ouverte.
— Viens. Je veux rentrer à la maison.
Son regard était fatigué. Je compris immédiatement. Elle n’avait plus besoin de m’entendre parler de sécurité ou de reproches. Elle avait besoin de retrouver notre maison.
Je jetai un dernier regard aux deux hommes.
— Que ce soit la dernière fois.
Ils acquiescèrent aussitôt.
— Oui, monsieur.
Je ne répondis pas. Je montai dans la voiture et m’installai près d’Alina. À peine la portière fut-elle refermée qu’elle se rapprocha de moi. Sa tête vint se poser contre mon épaule. Je passai un bras autour d’elle. Elle soupira doucement. Je déposai un ba**er sur le sommet de sa tête. Son parfum m’envahit immédiatement. Je fermai les yeux un instant.
Elle était là.
Contre moi.
C’était tout ce qui comptait.
Le chauffeur démarra. La voiture s’éloigna lentement de l’atelier. Je regardai par la fenêtre quelques secondes, puis reportai mon attention sur Alina. Ses yeux étaient fermés. Elle semblait épuisée. Ma main glissa doucement sur son bras.
Je ne savais pas combien de temps il faudrait pour que cette peur disparaisse complètement de son regard. Je ne savais pas combien d’ennemis se cacheraient encore dans l’ombre. Mais je savais une chose. Je ne laisserais personne lui faire du mal. Personne.
Je baissai les yeux vers elle. Elle avait traversé tant d’épreuves depuis que nos chemins s’étaient croisés. Et malgré tout, elle était devenue la personne sans laquelle je ne pouvais plus imaginer ma vie. Ma femme. La mère de mes enfants. Mon point faible. Et probablement ma plus grande force.
Je resserrai légèrement mon bras autour d’elle. Elle bougea dans son sommeil et se blottit davantage contre moi. Un sourire presque imperceptible étira mes lèvres.
Akim pouvait être obsédé par elle. Katerina pouvait comploter. D’autres pouvaient essayer de nous atteindre.
Mais aucun d’eux ne comprenait ce que je ressentais réellement pour cette femme. Parce qu’il n’y avait personne au monde qui pouvait aimer Alina comme moi. Personne qui puisse la connaître comme moi. Personne qui puisse mesurer la place qu’elle avait prise dans ma vie.
Je déposai un nouveau ba**er dans ses cheveux. Et tandis que la voiture nous ramenait vers le manoir, une seule pensée tournait dans mon esprit.
Rien ni personne ne m’enlèvera ma femme.
Yaoundé
Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Les histoires de Ella publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.
Indiquez-nous pourquoi cette fiche devrait être retirée. Notre équipe examinera votre demande.