16/06/2026
🌑 Chapitre 15 — Faille
🔹 Chicago — Chalet au bord du lac
🔹 Point de vue : Arya
Je m'observe dans le miroir accroché au mur. Je n'ai plus l'air pâle et fragile, comme d'habitude.
Aujourd'hui quelque chose dans mon regard a changé.
Un léger sourire étire mes lèvres.
Deux jours sont passés.
Deux jours que je suis ici.
Deux jours que le monde semble avoir disparu.
Je ferme les yeux, et je le vois.
Arès.
Cet homme qui me trouble en m'en donner le vertige.
Oui, je ne peux plus le nier. Je le désire.
Je le désire tellement... mais je dois rester loin de lui.
Très loin.
Pas parce qu'il est marié. Ça je m'en fiche royalement.
Déjà que ça femme ne m'aime pas du tout, et moi non plus d'ailleurs.
Je dois m'éloigner parce qu'il me cerne facilement.
Il lit en moi avec son regard sombre qui me détaille jusqu'à l'âme.
Son regard qui me dévore littéralement à chaque fois qu'il pose ses yeux sur moi.
Son regard qui en dit beaucoup plus que sa bouche.
J'ouvre les yeux dans un soupire,
Mon intimité s'humidifie rien qu'en imaginant ses mains sur moi.
Tous ces moments avec lui sont électriques.
Pourtant...
je sais que ce n’est qu’une illusion.
Parce que les monstres finissent toujours par revenir.
Toujours.
— Faut que je parte d'ici...
Je retire lentement ma robe. Elle glisse sur mes épaules avant d'atterrir au sol. Je me dirige vers la salle de bain.
Je laisse l'eau couler un moment dans la baignoire, règle la température et m'installe ensuite. C'est sans doute la baignoire la plus grande et confortable que j'ai jamais vu.
— C'est la vie que tu mérites, ma fille. Murmurai-je pour moi même.
Mes muscles se détendent progressivement, je ferme les yeux.
Mes pensées traversent Chicago, et retrouvent Nick.
Il me manque. Terriblement.
D'ailleurs je n'aurai jamais imaginé passer autant de temps loin de lui.
Il a toujours été là.
Ça a toujours été Nick et Arya.
Toujours.
Je me demande comment il va.
..
🔹 Miami —Restaurant
🔹 Point de vue : Nick
Je suis anxieux depuis ce matin.
Voici le troisième jour qui s'envole et toujours pas de nouvelles.
J'arrive même plus à réfléchir...
On a informé la presse.
Celui qui la retrouvera aura une récompense.
Ça me rassurait au moins de savoir que nous ne sommes plus seuls.
Mais depuis ce matin je tiens pas en place. J'ai un mauvais pressentiment
Et je peux rien faire.
— Hey...mon cœur, calme toi.
Je sens la main de Serena se poser sur ma jambe qui n'arrête pas de trembler sous la table. Elle ma proposé de prendre notre petit déjeuner dans un restaurant à proximité, histoire de changer d'air.
— Mange au moins quelque chose...
— Désolé Serena, j'ai pas faim...
Je vois ses sourcils se froncer.
— Justement c'était l'idée non ? Tu te rends compte que t'as pas mangé depuis deux jours ? Tu veux mourir ?? Regarde l'état de Gaël !
Sa voix commence à s'élever.
— Serena s'il te plaît, commence pas.
— Commencer quoi ?? gronde t'elle. Personne n'ose en parler mais nous avons tous cette pensée...
— Serena... murmurai-je d'un ton menaçant.
— T'as bien vu ce qui s'est passé dans cette boîte ! T'as vu le nombre de corps...il n'y a jamais eu de demande de rançon !
Je sens ma colère monter.
— Arrête.
— Si elle était encore envie on l'aurait déjà su !
— FERME LA ! criai-je en frappant la table.
🔹 Point de vue : Serena
Je sursaute brutalement face à sa colère. Je crois que je suis allée un peu trop loin.
P*tain !
Je fais de mon mieux pour soutenir Nick dans cette situation.
Mais c'est difficile pour moi parce que je sais à quel point elle est importante pour lui.
C'est ça le plus troublant. Je suis jalouse.
Et oui, même disparue, Arya réussi à me prendre Nick.
Et je n'ai même pas le droit d'être en colère ?
C'est peut être égoïste voir même cruel,
Mais une partie de moi voudrais qu'elle ne revienne plus jamais. Cette fille est en train de détruire mon frère.
Nick tourne la tête vers moi, les yeux rouges.
Je le prends immédiatement dans mes bras.
— Je suis désolée... je... j'aurais pas dû.
— C'est de ma faute... j'ai pas su la protéger...
— Non non...dis pas ça, tu ne pouvais pas savoir.
— J'aurais jamais dû la laisser... j'ai failli à ma promesse... elle me déteste j'en suis sûr.
Je le serre plus fort contre moi. Je sens le tissu de ma chemise s'humidifier, O Mon Dieu... est ce que Nick pleure ? Mon cœur se déchire, parce que c'est l'autre partie de moi qui parle. Cette partie qui sait à quel point Nick serait dévasté si quelque chose arrive à Arya. Bon sang où est-ce qu'elle peut bien être ?
🔹 Résidence Duval
🔹 Point de vue : Gaël
Je fixe le plafond, je l'impression qu'il bouge.
Ou alors c'est moi qui flotte... j'en sais trop rien.
Ça fait tout drôle !
La musique résonne entre les murs de ma chambre.
Je sais même pas depuis combien de temps je suis enfermé ici.
Je ferme les yeux.
Arya.
Je ne suis qu'un lâche...
J'arrive pas à croire que j'ai abandonné aussi vite.
Mais c'est plus facile, d'oublier.
Sinon je vais finir complètement fou.
La porte s'ouvre dans un bruit sec...ce qui me fait ouvrir immédiatement les yeux. Enzo viens de défoncer ma porte.
Sérieusement ?
Qu'est ce qu'il fou la lui ?
C'est de ma faute, je lui ai donné beaucoup trop de liberté dans cette maison.
Carène apparaît derrière lui, formidable !
Dès que ses yeux se posent sur moi, elle sursaute, partagée entre le choc et l'inquiétude.
— O Mon Dieu ! Gaël !
Elle se précipite vers moi. Me secoue tellement fort que j'en ai la nausée.
— Gaël répond moi ! Qu'est ce que t'as fais ? Regarde toi...
Mais je n'ai pas la force de lui répondre. Mon regard se redirige au plafond. Carène sort finalement en sanglots.
🔹 Point de vue : Enzo
— Sérieusement ?
Je le regarde.
Gaël est étalé dans son lit.
Complètement détruit.
— Dis quelque chose.
Il ne répond pas.
Je soupire.
— Tu replonges ?
Silence.
Et ce silence suffit.
P*tain.
🔹 Chicago — chalet au bord du lac
🔹 Point de vue : Arya
Je me suis presque endormie dans mon bain.
Soudain, je sens quelqu'un se glisser dans la baignoire , j'ouvre les yeux.
Je tombe sur le regard intense et sombre de Arès sur moi.
Je le fixe, incapable de dire quoique ce soit.
— Je t'ai fais peur ? dit-il d'une voix rauque.
Mon cœur s'emb***e, mais je me force à garder mon calme.
— C'est toi qui devrais avoir peur...
Il se redresse, se rapproche lentement mais assez pour que je sente la chaleur de son corps.
— Vraiment ? Et de quoi devrais-je avoir peur ? Son regard descend sur mes lèvres.
M*rde... c'est homme est dangereusement sexy. Je ne pense pas tenir longtemps. Je me penche à mon tour.
— D'être complètement accro à moi...
Un rictus étire ses lèvres. La seconde qui suit, il m'attrape les cheveux et plaque ses lèvres contre les miennes. Le baisé est tellement violent que j'en perd l'équilibre. Je m'agrippe à ses épaules. Ses lèvres quittent les miennes pour se loger dans le creux de mon cou. Je lâche involontairement un gémissement.
— Arès...
Il relève la tête et lorsque nos yeux se croisent, mon sang se glace et je laisse échapper un cri, complètement paniquée.
Ce n'est plus Arès devant moi !
Mais... Qu'est ce qu'il fou ici !?
J'essaie de me dégager de son emprise mais il tire sur mes cheveux d'une main et m'attrape violemment le cou avec l'autre.
— Où est ce que tu crois aller comme ça p*tasse !
Gronde t'il avant de plonger ma tête dans l'eau. L'air quitte mes poumons.
Je me débat de toutes mes forces mais il est bien plus fort que moi.
Je commence à perdre des forces...
Mon cœur ralentit...la vie me quitte petit à petit.
Lorsque soudain...la force qui me clouait sous l'eau disparait.
Je me redresse en sursaut, haletante, les mains sur mon cou. Mon Dieu !
O mon Dieu !
Je regarde partout dans la pièce, mais rien.
Il n'y a personne.
C'était...un rêve ?
Un p*tain de cauchemar ?
— C'est...c'était quoi ça ?
Je me suis endormie dans la baignoire et... je rêvé de Hugo.
J'ai rêvé de Hugo !? Mais pourquoi ??
Après tout ce temps...
Qu'est ce qui m'arrive ?
Mon cœur tape encore fort dans ma poitrine.
Qu'est ce que ça veut dire ?
Non. B*rdel non !
Hugo est en prison...ou mort, avec un peu de chance...
— Calme toi...c'était qu'un rêve.
Plus t**d.
Je sors de la do**he, une serviette nouée autour de ma poitrine. La porte s'ouvre brusquement.
Arès entre. Je fais un pas en arrière sans m'en rendre compte. J'ai toujours peur...
Lorsqu'il me voit, il se retourne immédiatement.
C'est presque amusant.
— À quoi bon entrer dans une pièce sans frapper si t'es pas prêt à affronter n'importe quoi qui s'y trouve ?
— Je...tu mettais beaucoup trop de temps. Je voulais juste vérifier si tout va bien.
— Oh... Lazar s'inquiète pour moi maintenant ?
Il se fige et se retourne.
Arya faut vraiment que t'apprenne à la fermer...
En deux secondes il se retrouve juste devant moi.
Je suis coincée entre le mur et lui .
Ses mains se plaquent de chaque côté pour emprisonner mon corps davantage...
Et que dire de son regard ?
Il me terrifie autant qu'il m'excite.
Les images de Hugo disparaissent instantanément de mon esprit.
Je veux juste une chose, qu'il me prenne là
Contre ce mur froid.
Finalement, il se penche sur mon oreille
— Tu es mon otage. Tu m'appartient. Par conséquent je dois être au courant de tout ce que tu fais. C'est clair ?
Je hoche la tête comme une automate. Il s'éloigne mais s'arrête un instant devant la porte.
— Et dorénavant, je t'interdis de m'appeler comme ça. Tu es la mieux placée pour savoir ce que ce nom implique.
Sans attendre ma réponse, il sort. Je me rends compte que je retenais ma respiration. Je soupire.
— Qu'est ce que tu me fais Arès...
..
Nous déjeunons sur la terrasse.
Le soleil est chaud.
L’air sent le bois et le lac.
Pour la première fois depuis longtemps...
je me sens normale.
Presque heureuse.
Et ça me fait peur.
Parce que le bonheur ne dure jamais.
Jamais.
— À quoi tu penses ?
Je relève les yeux.
Arès m’observe.
Comme toujours.
— À rien.
— Mensonge.
Je souris. Puis je lâche finalement :
— T'as de la famille ? Je veux dire...tes parents...
Il inspire, amusé.
— Oui. Je suis d'origine Russe
Je me fige, mon verre de jus suspendu, près de mes lèvres.
— Un terroriste pur sang...
Arès lâche un rire, fort. Vrai. Je me surprends à rire moi aussi. Puis il s'arrête, son regard balaie le jardin.
— Tous les russes ne sont pas forcément des terroristes.
Je secoue la tête.
— C'est toi qui le dit...
Il prend une bouchée, mache lentement. Je l'observe. Puis il dit :
— Mes parents n'ont pas accepté la personne que je suis devenu . Je me souviens encore du jour de mon départ. Mon père, le grand Bourak Karimov m'avait déshérité...ne voulant pas que je ternisse la réputation et l'honneur de notre mosquée dans toute la région.
— Vous aviez une mosquée ?
Un léger sourire apparaît sur son visage.
— Mon père est Imam...du moins, c'est à ce titre que je l'ai laissé.
— J'imagine... la pression sociale.
— Ma mère n'avait plus la force de me retenir. Au moins elle a d'autres enfants.
— Tu as des frères...
— Demi-frères, corrige t'il rapidement. Un demi-frère et deux demi-sœurs. Bourak a eu une deuxième femme, qui lui a donné trois enfants. Je suis le fils unique de ma mère,du moins je l'étais.
— Et t'as quand choisi de l'abandonner.
— Dis celle qui a tué sa mère.
Ses mots me transpercent. Qu'est ce qu'il essaie de faire ? C'est sa façon de détourner le sujet ? Quel imbécile !
Je me tais quelques secondes.
Puis finalement :
— Tu me passe la mayonnaise ?
..
🔹 Point de vue : Arès
Je l’observe.
Encore.
Toujours.
Arya joue avec un verre vide.
Ses cheveux blonds dansent sous le vent.
Ses yeux sont perdus quelque part entre le lac et ses pensées.
Et je comprends enfin pourquoi elle me trouble autant.
Parce qu’elle ressemble à quelqu’un qui n’a jamais eu le droit d’être une enfant.
Elle porte ses blessures comme d’autres portent des vêtements.
Naturellement.
Sans même s’en rendre compte.
Pas comme moi.
Moi, j'étais pleinement conscient du gouffre dans lequel je me dirigeais.
Mais je n'ai pas ralentit.
Pas une seule fois.
— Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Je me fige.
Elle m’a surpris.
Évidemment.
— Comme quoi ?
— Comme si tu essayais de me cerner.
Je détourne légèrement les yeux.
Son sourire s’agrandit immédiatement.
— Oh.
Elle a compris.
M*rde.
J'essaie de changer de sujet...
— Qu'est ce que t'as prévu de faire ?
— Pardon ? Je comprends pas...
— Tu compte poursuivre tes études où...
— Non.
Silence, puis elle continue.
— J'ai toujours aimé jouer de la musique. À l'orphelinat, Sœur Rose me donne des cours de violon...
Elle prend sa tasse de thé,
— Mais dans ce pays, je doute fort que les gens comme moi puissent réaliser leur rêve. Je dois d'abord avoir du pouvoir...
Je reste silencieux, je l'écoute attentivement .
— Et lorsque que je l'aurais atteint, j'inaugurerai mon propre centre des arts.
Puis il boit dans sa tasse avec une sérénité troublante. Je me demande bien ce qu'elle est capable de faire pour avoir ce "pouvoir"
..
La soirée tombe lentement.
Le ciel devient orange.
Puis rouge.
Puis violet.
Et pendant quelques heures...
j’oublie presque qui je suis.
Lazar disparaît.
Les armes disparaissent.
Le cartel disparaît.
Il ne reste qu’un homme assis près d’un feu.
Et une fille qui rit.
Une fille qui recommence lentement à vivre.
🔹 Point de vue : Arya
La lune brille dans le ciel. C'est très apaisant.
Je m'appuie contre le mur, l'observant à travers la fenêtre.
Je me perds dans mes pensées un moment.
Combien de temps vais-je encore passer ici ?
Et pourquoi une partie de moi ne veux pas s'en aller ?
Nick...oh mon p'tit Nick, tiens bon...
J'ai même pas de téléphone.
Maintenant que j'y pense ! Arès doit me le rendre.
— Je dois parler à Nick...au moins lui dire que je vais bien.
Mais à peine ai-je fais un pas en arrière qu'un truc étrange attire mon attention.
Une ombre.
Une silhouette dans le jardin.
Je me rapproche de la fenêtre,
Et là, je me fige.
Un homme est là ! Immobile dans la nuit.
Je le vois bien.
Il me fixe, et il sait que je l'ai vu.
Mais il ne bouge pas pour autant.
Et il n'en a pas l'intention.
— C'est pas un membre de la sécurité...
Je me précipite dans la chambre de Arès. J'entre sans frapper.
— Arès ?
Il n'est pas là. Je me dirige vers la do**he.
— Arès y a un type dans...
BAM !
Une douleur aiguë me traverse la nuque.
Puis, tout devient noir...
À suivre...