plume de Row

plume de Row Écrire n'est pas un hobby, c'est mon évasion. Je m'évade avec le lecteur, Bienvenue dans mon univers

 🌑 Chapitre 15 — Faille 🔹 Chicago — Chalet au bord du lac🔹 Point de vue : AryaJe m'observe dans le miroir accroché au mu...
16/06/2026



🌑 Chapitre 15 — Faille

🔹 Chicago — Chalet au bord du lac

🔹 Point de vue : Arya

Je m'observe dans le miroir accroché au mur. Je n'ai plus l'air pâle et fragile, comme d'habitude.
Aujourd'hui quelque chose dans mon regard a changé.

Un léger sourire étire mes lèvres.
Deux jours sont passés.
Deux jours que je suis ici.
Deux jours que le monde semble avoir disparu.
Je ferme les yeux, et je le vois.
Arès.
Cet homme qui me trouble en m'en donner le vertige.
Oui, je ne peux plus le nier. Je le désire.
Je le désire tellement... mais je dois rester loin de lui.
Très loin.
Pas parce qu'il est marié. Ça je m'en fiche royalement.
Déjà que ça femme ne m'aime pas du tout, et moi non plus d'ailleurs.

Je dois m'éloigner parce qu'il me cerne facilement.
Il lit en moi avec son regard sombre qui me détaille jusqu'à l'âme.
Son regard qui me dévore littéralement à chaque fois qu'il pose ses yeux sur moi.
Son regard qui en dit beaucoup plus que sa bouche.
J'ouvre les yeux dans un soupire,
Mon intimité s'humidifie rien qu'en imaginant ses mains sur moi.

Tous ces moments avec lui sont électriques.
Pourtant...
je sais que ce n’est qu’une illusion.
Parce que les monstres finissent toujours par revenir.
Toujours.

— Faut que je parte d'ici...

Je retire lentement ma robe. Elle glisse sur mes épaules avant d'atterrir au sol. Je me dirige vers la salle de bain.

Je laisse l'eau couler un moment dans la baignoire, règle la température et m'installe ensuite. C'est sans doute la baignoire la plus grande et confortable que j'ai jamais vu.

— C'est la vie que tu mérites, ma fille. Murmurai-je pour moi même.

Mes muscles se détendent progressivement, je ferme les yeux.

Mes pensées traversent Chicago, et retrouvent Nick.
Il me manque. Terriblement.
D'ailleurs je n'aurai jamais imaginé passer autant de temps loin de lui.
Il a toujours été là.
Ça a toujours été Nick et Arya.
Toujours.
Je me demande comment il va.
..

🔹 Miami —Restaurant

🔹 Point de vue : Nick

Je suis anxieux depuis ce matin.
Voici le troisième jour qui s'envole et toujours pas de nouvelles.

J'arrive même plus à réfléchir...
On a informé la presse.
Celui qui la retrouvera aura une récompense.
Ça me rassurait au moins de savoir que nous ne sommes plus seuls.
Mais depuis ce matin je tiens pas en place. J'ai un mauvais pressentiment
Et je peux rien faire.

— Hey...mon cœur, calme toi.

Je sens la main de Serena se poser sur ma jambe qui n'arrête pas de trembler sous la table. Elle ma proposé de prendre notre petit déjeuner dans un restaurant à proximité, histoire de changer d'air.

— Mange au moins quelque chose...

— Désolé Serena, j'ai pas faim...

Je vois ses sourcils se froncer.

— Justement c'était l'idée non ? Tu te rends compte que t'as pas mangé depuis deux jours ? Tu veux mourir ?? Regarde l'état de Gaël !

Sa voix commence à s'élever.

— Serena s'il te plaît, commence pas.

— Commencer quoi ?? gronde t'elle. Personne n'ose en parler mais nous avons tous cette pensée...

— Serena... murmurai-je d'un ton menaçant.

— T'as bien vu ce qui s'est passé dans cette boîte ! T'as vu le nombre de corps...il n'y a jamais eu de demande de rançon !

Je sens ma colère monter.

— Arrête.

— Si elle était encore envie on l'aurait déjà su !

— FERME LA ! criai-je en frappant la table.

🔹 Point de vue : Serena

Je sursaute brutalement face à sa colère. Je crois que je suis allée un peu trop loin.
P*tain !
Je fais de mon mieux pour soutenir Nick dans cette situation.
Mais c'est difficile pour moi parce que je sais à quel point elle est importante pour lui.
C'est ça le plus troublant. Je suis jalouse.
Et oui, même disparue, Arya réussi à me prendre Nick.
Et je n'ai même pas le droit d'être en colère ?
C'est peut être égoïste voir même cruel,
Mais une partie de moi voudrais qu'elle ne revienne plus jamais. Cette fille est en train de détruire mon frère.

Nick tourne la tête vers moi, les yeux rouges.
Je le prends immédiatement dans mes bras.

— Je suis désolée... je... j'aurais pas dû.

— C'est de ma faute... j'ai pas su la protéger...

— Non non...dis pas ça, tu ne pouvais pas savoir.

— J'aurais jamais dû la laisser... j'ai failli à ma promesse... elle me déteste j'en suis sûr.

Je le serre plus fort contre moi. Je sens le tissu de ma chemise s'humidifier, O Mon Dieu... est ce que Nick pleure ? Mon cœur se déchire, parce que c'est l'autre partie de moi qui parle. Cette partie qui sait à quel point Nick serait dévasté si quelque chose arrive à Arya. Bon sang où est-ce qu'elle peut bien être ?

🔹 Résidence Duval

🔹 Point de vue : Gaël

Je fixe le plafond, je l'impression qu'il bouge.
Ou alors c'est moi qui flotte... j'en sais trop rien.
Ça fait tout drôle !
La musique résonne entre les murs de ma chambre.
Je sais même pas depuis combien de temps je suis enfermé ici.

Je ferme les yeux.
Arya.
Je ne suis qu'un lâche...
J'arrive pas à croire que j'ai abandonné aussi vite.
Mais c'est plus facile, d'oublier.
Sinon je vais finir complètement fou.

La porte s'ouvre dans un bruit sec...ce qui me fait ouvrir immédiatement les yeux. Enzo viens de défoncer ma porte.
Sérieusement ?
Qu'est ce qu'il fou la lui ?
C'est de ma faute, je lui ai donné beaucoup trop de liberté dans cette maison.

Carène apparaît derrière lui, formidable !
Dès que ses yeux se posent sur moi, elle sursaute, partagée entre le choc et l'inquiétude.

— O Mon Dieu ! Gaël !

Elle se précipite vers moi. Me secoue tellement fort que j'en ai la nausée.

— Gaël répond moi ! Qu'est ce que t'as fais ? Regarde toi...

Mais je n'ai pas la force de lui répondre. Mon regard se redirige au plafond. Carène sort finalement en sanglots.

🔹 Point de vue : Enzo

— Sérieusement ?

Je le regarde.
Gaël est étalé dans son lit.
Complètement détruit.

— Dis quelque chose.

Il ne répond pas.
Je soupire.

— Tu replonges ?

Silence.
Et ce silence suffit.
P*tain.

🔹 Chicago — chalet au bord du lac

🔹 Point de vue : Arya

Je me suis presque endormie dans mon bain.
Soudain, je sens quelqu'un se glisser dans la baignoire , j'ouvre les yeux.
Je tombe sur le regard intense et sombre de Arès sur moi.
Je le fixe, incapable de dire quoique ce soit.

— Je t'ai fais peur ? dit-il d'une voix rauque.

Mon cœur s'emb***e, mais je me force à garder mon calme.

— C'est toi qui devrais avoir peur...

Il se redresse, se rapproche lentement mais assez pour que je sente la chaleur de son corps.

— Vraiment ? Et de quoi devrais-je avoir peur ? Son regard descend sur mes lèvres.

M*rde... c'est homme est dangereusement sexy. Je ne pense pas tenir longtemps. Je me penche à mon tour.

— D'être complètement accro à moi...

Un rictus étire ses lèvres. La seconde qui suit, il m'attrape les cheveux et plaque ses lèvres contre les miennes. Le baisé est tellement violent que j'en perd l'équilibre. Je m'agrippe à ses épaules. Ses lèvres quittent les miennes pour se loger dans le creux de mon cou. Je lâche involontairement un gémissement.

— Arès...

Il relève la tête et lorsque nos yeux se croisent, mon sang se glace et je laisse échapper un cri, complètement paniquée.
Ce n'est plus Arès devant moi !
Mais... Qu'est ce qu'il fou ici !?
J'essaie de me dégager de son emprise mais il tire sur mes cheveux d'une main et m'attrape violemment le cou avec l'autre.

— Où est ce que tu crois aller comme ça p*tasse !

Gronde t'il avant de plonger ma tête dans l'eau. L'air quitte mes poumons.
Je me débat de toutes mes forces mais il est bien plus fort que moi.
Je commence à perdre des forces...
Mon cœur ralentit...la vie me quitte petit à petit.
Lorsque soudain...la force qui me clouait sous l'eau disparait.

Je me redresse en sursaut, haletante, les mains sur mon cou. Mon Dieu !
O mon Dieu !
Je regarde partout dans la pièce, mais rien.
Il n'y a personne.
C'était...un rêve ?
Un p*tain de cauchemar ?

— C'est...c'était quoi ça ?

Je me suis endormie dans la baignoire et... je rêvé de Hugo.
J'ai rêvé de Hugo !? Mais pourquoi ??
Après tout ce temps...
Qu'est ce qui m'arrive ?
Mon cœur tape encore fort dans ma poitrine.
Qu'est ce que ça veut dire ?
Non. B*rdel non !
Hugo est en prison...ou mort, avec un peu de chance...

— Calme toi...c'était qu'un rêve.

Plus t**d.
Je sors de la do**he, une serviette nouée autour de ma poitrine. La porte s'ouvre brusquement.
Arès entre. Je fais un pas en arrière sans m'en rendre compte. J'ai toujours peur...
Lorsqu'il me voit, il se retourne immédiatement.
C'est presque amusant.

— À quoi bon entrer dans une pièce sans frapper si t'es pas prêt à affronter n'importe quoi qui s'y trouve ?

— Je...tu mettais beaucoup trop de temps. Je voulais juste vérifier si tout va bien.

— Oh... Lazar s'inquiète pour moi maintenant ?

Il se fige et se retourne.
Arya faut vraiment que t'apprenne à la fermer...
En deux secondes il se retrouve juste devant moi.
Je suis coincée entre le mur et lui .
Ses mains se plaquent de chaque côté pour emprisonner mon corps davantage...
Et que dire de son regard ?
Il me terrifie autant qu'il m'excite.
Les images de Hugo disparaissent instantanément de mon esprit.
Je veux juste une chose, qu'il me prenne là
Contre ce mur froid.

Finalement, il se penche sur mon oreille

— Tu es mon otage. Tu m'appartient. Par conséquent je dois être au courant de tout ce que tu fais. C'est clair ?

Je hoche la tête comme une automate. Il s'éloigne mais s'arrête un instant devant la porte.

— Et dorénavant, je t'interdis de m'appeler comme ça. Tu es la mieux placée pour savoir ce que ce nom implique.

Sans attendre ma réponse, il sort. Je me rends compte que je retenais ma respiration. Je soupire.

— Qu'est ce que tu me fais Arès...
..

Nous déjeunons sur la terrasse.

Le soleil est chaud.
L’air sent le bois et le lac.
Pour la première fois depuis longtemps...
je me sens normale.
Presque heureuse.
Et ça me fait peur.
Parce que le bonheur ne dure jamais.
Jamais.

— À quoi tu penses ?

Je relève les yeux.
Arès m’observe.
Comme toujours.

— À rien.

— Mensonge.

Je souris. Puis je lâche finalement :

— T'as de la famille ? Je veux dire...tes parents...

Il inspire, amusé.

— Oui. Je suis d'origine Russe

Je me fige, mon verre de jus suspendu, près de mes lèvres.

— Un terroriste pur sang...

Arès lâche un rire, fort. Vrai. Je me surprends à rire moi aussi. Puis il s'arrête, son regard balaie le jardin.

— Tous les russes ne sont pas forcément des terroristes.

Je secoue la tête.

— C'est toi qui le dit...

Il prend une bouchée, mache lentement. Je l'observe. Puis il dit :

— Mes parents n'ont pas accepté la personne que je suis devenu . Je me souviens encore du jour de mon départ. Mon père, le grand Bourak Karimov m'avait déshérité...ne voulant pas que je ternisse la réputation et l'honneur de notre mosquée dans toute la région.

— Vous aviez une mosquée ?

Un léger sourire apparaît sur son visage.

— Mon père est Imam...du moins, c'est à ce titre que je l'ai laissé.

— J'imagine... la pression sociale.

— Ma mère n'avait plus la force de me retenir. Au moins elle a d'autres enfants.

— Tu as des frères...

— Demi-frères, corrige t'il rapidement. Un demi-frère et deux demi-sœurs. Bourak a eu une deuxième femme, qui lui a donné trois enfants. Je suis le fils unique de ma mère,du moins je l'étais.

— Et t'as quand choisi de l'abandonner.

— Dis celle qui a tué sa mère.

Ses mots me transpercent. Qu'est ce qu'il essaie de faire ? C'est sa façon de détourner le sujet ? Quel imbécile !

Je me tais quelques secondes.
Puis finalement :

— Tu me passe la mayonnaise ?
..

🔹 Point de vue : Arès

Je l’observe.
Encore.
Toujours.
Arya joue avec un verre vide.
Ses cheveux blonds dansent sous le vent.
Ses yeux sont perdus quelque part entre le lac et ses pensées.
Et je comprends enfin pourquoi elle me trouble autant.
Parce qu’elle ressemble à quelqu’un qui n’a jamais eu le droit d’être une enfant.
Elle porte ses blessures comme d’autres portent des vêtements.
Naturellement.
Sans même s’en rendre compte.

Pas comme moi.
Moi, j'étais pleinement conscient du gouffre dans lequel je me dirigeais.
Mais je n'ai pas ralentit.
Pas une seule fois.

— Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Je me fige.
Elle m’a surpris.
Évidemment.

— Comme quoi ?

— Comme si tu essayais de me cerner.

Je détourne légèrement les yeux.
Son sourire s’agrandit immédiatement.

— Oh.

Elle a compris.
M*rde.
J'essaie de changer de sujet...

— Qu'est ce que t'as prévu de faire ?

— Pardon ? Je comprends pas...

— Tu compte poursuivre tes études où...

— Non.

Silence, puis elle continue.

— J'ai toujours aimé jouer de la musique. À l'orphelinat, Sœur Rose me donne des cours de violon...

Elle prend sa tasse de thé,

— Mais dans ce pays, je doute fort que les gens comme moi puissent réaliser leur rêve. Je dois d'abord avoir du pouvoir...

Je reste silencieux, je l'écoute attentivement .

— Et lorsque que je l'aurais atteint, j'inaugurerai mon propre centre des arts.

Puis il boit dans sa tasse avec une sérénité troublante. Je me demande bien ce qu'elle est capable de faire pour avoir ce "pouvoir"
..

La soirée tombe lentement.
Le ciel devient orange.
Puis rouge.
Puis violet.
Et pendant quelques heures...
j’oublie presque qui je suis.
Lazar disparaît.
Les armes disparaissent.
Le cartel disparaît.
Il ne reste qu’un homme assis près d’un feu.
Et une fille qui rit.
Une fille qui recommence lentement à vivre.

🔹 Point de vue : Arya

La lune brille dans le ciel. C'est très apaisant.
Je m'appuie contre le mur, l'observant à travers la fenêtre.
Je me perds dans mes pensées un moment.
Combien de temps vais-je encore passer ici ?
Et pourquoi une partie de moi ne veux pas s'en aller ?
Nick...oh mon p'tit Nick, tiens bon...
J'ai même pas de téléphone.
Maintenant que j'y pense ! Arès doit me le rendre.

— Je dois parler à Nick...au moins lui dire que je vais bien.

Mais à peine ai-je fais un pas en arrière qu'un truc étrange attire mon attention.
Une ombre.
Une silhouette dans le jardin.
Je me rapproche de la fenêtre,
Et là, je me fige.
Un homme est là ! Immobile dans la nuit.
Je le vois bien.
Il me fixe, et il sait que je l'ai vu.
Mais il ne bouge pas pour autant.
Et il n'en a pas l'intention.

— C'est pas un membre de la sécurité...

Je me précipite dans la chambre de Arès. J'entre sans frapper.

— Arès ?

Il n'est pas là. Je me dirige vers la do**he.

— Arès y a un type dans...

BAM !

Une douleur aiguë me traverse la nuque.
Puis, tout devient noir...

À suivre...

 🌑 Chapitre 14 — Deux âmes perdues 🔹 Chicago — Chalet au bord du lac🔹 Point de vue : AryaLe feu crépite doucement.La nui...
11/06/2026



🌑 Chapitre 14 — Deux âmes perdues

🔹 Chicago — Chalet au bord du lac

🔹 Point de vue : Arya

Le feu crépite doucement.
La nuit est tombée depuis longtemps maintenant.
Le lac n'est plus qu'une immense étendue noire derrière nous.
Le monde semble avoir disparu.
Plus de fusillades.
Plus de mensonges.
Plus de famille.
Plus de guerre.
Seulement lui.
Et moi.

Je serre la tasse chaude entre mes mains.
Arès fixe les flammes.
Silencieux.
Trop silencieux.
Puis finalement...
Il parle.

— Elle s'appelait Elena.

Sa voix est basse.
Plus douce que d'habitude.

— Ma femme...

Je ne réponds pas.
Il a besoin de sortir ça.

— Je l'ai rencontrée quand j'avais quinze ans... elle en avait 18.

Je m'étouffe presque avec mon thé. Un léger sourire apparaît sur ses lèvres.

— Tu sais à l'époque je faisais plus vieux. En plus j'ai arrêté mes études très tôt, pour suivre...il se coupe dans son élan, se rendant compte qu'il est sûr le point d'en dire trop.

— Elle m'a renversé du café dessus.

Je cligne des yeux.

— Sérieusement ?

— Oui.

Je retiens un rire.

— Et t'es tombé amoureux ? Le coup de foudre...

— Non.

Silence.

— Je l'ai détestée.

Cette fois je ris franchement.

— C'est romantique...très romantique.

Le coin de sa bouche tressaille légèrement.

— Elle parlait beaucoup. Elle avait toujours quelque chose à dire...

— Comme moi ?

— Pire.

— Impossible.

Il secoue la tête.

— Crois-moi.

Son regard retourne vers le feu.
Et son sourire disparaît doucement.

— Elle ne cherchait pas à impressionner. Elle vivait juste. Elle était orpheline, elle aussi.

Je lève les yeux vers lui, visée.

— Mais elle était toujours lumineuse, malgré les injustices qu'elle subissait dans ce foutu café.

Silence.

— Elle ne me craignait pas... peut être parce qu'elle n'avait aucune idée de qui j'étais réellement.

Je baisse légèrement les yeux.

— Un mafieux, murmurai-je

— Oui.

Long silence.

Quelque chose se serre dans ma poitrine.
De... la jalousie ?
C'est absurde.

🔹 Point de vue : Arès

Je ne sais même pas pourquoi je lui raconte tout ça.
Je n'ai jamais raconté ça à personne.
Mais Arya m'écoute.
Vraiment.
Sans juger.
Sans intervenir.
Sans chercher à me réparer.
Et c'est étrange.

— Le jour où elle l'a découvert... elle est morte.

Ma voix se bloque légèrement.
M***e.
Même après toutes ces années.
Ça fait encore mal.

— Elle avait reçu un message avec des images et des vidéos de moi en train de tuer... Elle péter un câble. Le pire c'est que je n'avais même pas essayé de me justifier..

Le feu crépite.

— Je ne me souviens plus du nombre de coup et de gifles qu'elle m'a donné. Heureusement...les jumeaux étaient à l'école.

Je ferme les yeux.
Et je revois tout.

🔹 Flashback

BAM ! J'esquive de justesse la sphère décorative qui se fracasse sur le mur.
Le chalet explose sous les cris.
Un vase traverse le salon.
Puis éclate contre le mur.
Je l'évite encore...

— NE M'APPROCHE PAS !

La voix d'Elena résonne dans toute la maison.
Je reste immobile.
Les mains levées.
Comme face à une bombe prête à exploser.
Elle tient mon téléphone dans une main.
Une tablette dans l'autre.
Son visage est couvert de larmes.

— Dis-moi que c'est faux !

Elle me jette la tablette.
Je la rattrape au dernier moment.
Des photos apparaissent à l'écran.
Des corps.
Des armes.
Des transactions.
Moi.
Toujours moi.

— Elena...

— PARLES !

Sa voix se brise.

— Toute notre vie était un mensonge ?

Elle attrape une lampe.
Et me la lance.
Je me décale.
Elle explose contre le parquet.

— Tu es un criminel !

— Écoute-moi.

— NON !

Un cadre photo traverse ensuite la pièce.
Puis un verre.
Puis une chaise.
Tout ce qu'elle trouve.
Tout.
Je la suis jusque dans notre chambre.
Elle vide littéralement les étagères.
Les vêtements.
Les tiroirs.
Les livres.
Tout vole.
Tout se brise.

— Combien de personnes tu as tuées ?

Silence.
Mauvaise réponse.
Parce qu'elle comprend immédiatement.
Et quelque chose meurt dans son regard.

— Mon Dieu...

Sa voix n'est plus qu'un murmure.

— Mon Dieu Arès...

Elle recule.
Comme si elle voyait un étranger.

— Je dormais aux côtés d'un monstre.

Cette phrase.
Je crois qu'elle me fera toujours plus mal qu'une b***e.
Elle arrache brutalement son alliance.

— Elena...

— Ne prononce plus jamais mon nom !

Elle me lance la bague.
Elle me frappe en pleine joue.
Puis elle tourne les talons.
Je la suis.
Du salon.
Vers l'entrée.
Puis à l'extérieur.
Le soleil est en train de disparaître derrière les arbres.
Le vent est fort.
Elle marche rapidement vers sa voiture.
Les larmes coulent sans arrêt.

— Laisse-moi t'expliquer !

— EXPLIQUER QUOI ?

Elle se retourne brutalement.

— Que toute ma vie est un mensonge ?

— Je l'ai fait pour te protéger !

— Me protéger ?

Elle éclate de rire.
Un rire brisé.

— Tu étais le danger depuis le début !

Je n'ai jamais trouvé quoi répondre à ça.
Parce qu'elle avait raison.
Puis tout bascule.
En une seconde.
Une seule.
Quelque chose attire son regard derrière moi.
Ses yeux s'écarquillent.
Complètement.

— Arès !

Je me retourne.
Trop t**d.
Un homme.
Un de mes agents de sécurité.
Enfin...
quelqu'un que je croyais être l'un des miens.

Et dans sa main...
une arme.
Pointée sur moi.
Je vois son doigt presser la détente.
Je vois le canon bouger.
Je vois la b***e partir.
Et soudain...
Elena court.
Elle court vers moi.
Sans réfléchir.
Sans hésiter.
Sans même avoir peur.

— ELENA !

Je tends le bras.
Trop loin.
Elle me percute.
La détonation explose dans l'air.
Puis le silence.
Le monde entier devient silencieux.
Je sens son corps contre moi.
Son poids.
Ses mains.

Puis quelque chose de chaud.
Sur mes doigts.
Du sang.
Beaucoup trop de sang.
Je baisse lentement les yeux.
La b***e a traversé sa nuque.
Ses yeux sont ouverts.
Complètement ouverts.
Fixes.

— Non...

Ma voix casse immédiatement.

— Non.

Je la secoue.
Une fois.
Puis deux.
Puis trois.

— Elena...

Rien.

— Elena regarde-moi.

Rien.

— ELENA !

Mais elle est déjà partie.
Et pour la première fois de ma vie...
j'ai compris ce que signifiait réellement perdre quelqu'un.

🔹Retour au présent

Le silence retombe autour du feu.
Je n'ai pas bougé.
Arya non plus.
Pendant plusieurs secondes...
elle reste silencieuse.
Puis sa main vient doucement se poser sur la mienne.
Sans un mot.
Arya ne bouge pas.

— Je pense... que mes hommes l'on neutralisés. Oui

Silence.

— Un traître...il a bien souffert avant de me reveler qui l'a envoyé...

Je ferme les yeux.

— Je les ai tuer. Tous. Un par un.

— Et ça t'a soulagé ?

— Non. La b***e était pour moi.

Ma voix n'est plus qu'un murmure.

— Et elle l'a prise à ma place...je ne m'en remettrai jamais.

Le silence devient assourdissant.
Je n'arrive même plus à regarder Arya.
Parce que même aujourd'hui...
Je me déteste pour ça.

🔹 Point de vue : Arya

Je comprends enfin.
Tout.
Arès n'a jamais survécu à cette journée.
Son corps oui.
Pas lui.
Je pose doucement ma tasse.

— Et Carène ?

Il rit.
Un rire froid.

— C'est un marché, enfin... ça l'était.

— Explique.

— Son mari, Damien WILLIS était mon responsable des relations publiques de Valeris. J'ai rencontré Carène lors d'un cocktail, Valeris Construction avait remporté l'appel d'offre sur la construction de l'hôpital Saint Michel ici , à Chicago.

Donc nous sommes à Chicago...

Nos regards se croisent, il baisse immédiatement les yeux.

— Oui, je trompais ma femme à l'époque, mais Carène connaissait très bien sa place.

Ses yeux remontent vers moi.

— Après la perte de Elena, les enfants avaient besoin d'une mère. Et vu ce qui s'était passé avec mon homme de main, je n'envisageais sûrement pas d'embaucher une nounou.

— Allors tu t'es remarié en moins d'un an.

Je soutiens son regard.

— Le marché était simple. Elle avait besoin d'une vie aisée, moi j'avais besoin d'une mère pour Gaël et Serena.

Silence.

— C'est pour ça qu'elle a tué son mari ?

Le feu éclaire son visage.

— Non. Tué non. Damien est tombé des escaliers en essayant de la retenir. Il est mort sur le coup.

— Et Nick a assisté à tous ça...

🔹 Plus t**d

Le silence revient.
Puis soudain.

— Et toi ?

Je relève les yeux.

— Moi quoi ?

— Ton enfance.

Mon cœur ralentit immédiatement.
Mauvaise idée.
Très mauvaise idée.
Je détourne les yeux vers le lac.

— T'en sais déjà trop.

— Je t'écoute.

Je serre les dents.

— Pourquoi ?

— Parce que j'ai l'impression que personne ne t'a jamais demandé.
..

M***e.
Je déteste quand il dit ce genre de choses.

Je reste silencieuse longtemps.
Très longtemps.
Puis finalement...
Je parle.
Le vent souffle doucement.

— Avant ça je pensais que c'était normal.
Je souris sans joie. Normal de recevoir tout ce mépris venant de celle qui est supposé me protéger.

— Les coups.

Silence.

— La sensation insupportable de déchirure
Mes doigts tremblent légèrement.

— Le plus drôle c'est que ça ne semblait déranger personne. Plus les années passaient, plus c'était horrible. C*ucher avec une gamine...

Je regarde le lac.

— L'entendre crier à l'aide et supplier..

Parce que je refuse de regarder Arès.

— Puis un jour , je l'ai entendu discuter avec Jule, le propriétaire de la maison close. Ils allaient me vendre.

Le silence tombe brutalement.
Même le vent semble s'arrêter.

— Comme ça.

Je claque des doigts.

— Pour de l'argent. Énormément d'argent.

Je sens son regard sur moi.

🔹 Flashback

Je m'appuie contre le mur, ma tension chute après ce que je viens d'entendre.

Jule: J'te l'avais dit poulette ! Cette petite en valait la peine, dit-il entre deux éclats de rire.

Maman : N'oublie pas que cette petite c'est ma fille ! Trois cents mille dollars quand même ! Je me demande ce qu'il lui trouve à cette morveuse...

Jule : ferme la ! T'as pas honte d'être jalouse de ta propre fille ? Con*sse .

Maman : Peu importe...on fait cinquante cinquante.

Jule rit de plus belle, avant de l'attraper par les cheveux.

Jule: Bah dis-donc ! C'est pas parce que t'as quelques privilèges ici que tu vas te permettre de m'exiger quoique ce soit. N'oublie pas qui te nourrit sale p*te de m*rde.

Il la relâche violemment, elle atterrit au sol.

Maman : Tu...tu ne peux pas me faire ça... c'est ma fille cet argent me revient aussi de droit.

🔹 Retour au présent

— Puis elle s'était mise à pleurer. Et moi, contre toute attente... j'ai souri. Parce que à ce moment là j'ai enfin compris qu'elle avait raison depuis le début.

Mes yeux se posent sur les flammes, je les fixe, intensément."Personne ne viendra te sauver Arya" Une larme glisse lentement sur ma joue.

— J'ai suivi Jule. Je... l'ai espionné. Et finalement j'ai vu où il a planqué sa malette.

Arès ne me quitte pas des yeux, je le sens.

— Tu as piègé ta mère... dit-il enfin.

Je lâche un rire, puis un autre, les yeux toujours rivé dans les flammes.

— Piègé ? Cette bonne femme a toujours était si... stupide.

Une autre larme s'échappe, je ne l'essuie pas. Je me laisse aller.

— T'aurais du voir la tête de Jule lorsqu'il a découvert ses billets de dollars enfuie sous l'oreiller de ma mère. Il a complètement perdu la tête. J'ai profité de ce moment pour lui piquer son téléphone, je me suis réfugiée dans une autre pièce. J'ai appelé les flics... attendant la fin du massacre.

Puis j'éclate de rire, le faisant sursauter légèrement.

🔹 Flashback

Dans le couloir silencieux, j'avançais lentement.
Pieds nus. Silencieuse.
Les cris venait de s'arrêter.

J'avançais encore, jusqu'à atteindre la porte entrouverte...

Je pousse, ma mère était étendue au sol.
Son sang s'étendait autour d'elle. Sombre, épais, l'odeur métallique saturait l'air.

Mais elle respirait encore.
Ses yeux trouvèrent les miens.

—Aide...aide moi..

Sa voix tremblait, brisée, paniquée.
Mais moi je suis restée plantée devant elle, à l'observer comme on observe une scène qui ne nous concerne pas.
Elle essayait de ramper vers moi, laissant des traces dégoûtantes de son sang.

— S'il te plaît...

Un souffle. Je fis un pas vers elle, puis un autre.

D'une voix calme je lui dis :

— Tu n'aurais pas dû... maintenant t'es la seule à mourir.

🔹 Retour au présent

Je lâche un soupire

— Je suis sortie de la pièce. La police n'allait pas t**dé à arriver et je devais trouver un endroit où me cacher.

🔹 Point de vue : Arès

Chaque mot me donne envie de tuer quelqu'un.
Je comprends maintenant.
Pourquoi elle sourit toujours.
Pourquoi elle ment.
Pourquoi elle manipule.
Pourquoi elle ne fait confiance à personne.
Pourquoi elle dort avec un couteau.

Cette fille a grandi dans une guerre.
Et elle était seule.
Complètement seule.

🔹 Miami

🔹 Point de vue : Gaël

Je fixe le sachet.
Encore.
Mes mains tremblent.
J'ai essayé.
Vraiment.
Mais je n'en peux plus.
Personne ne sait où elle est.
Personne.
Je ferme les yeux.
Puis je craque.
Parce que c'est plus facile.
Toujours plus facile.

— Arya...

🔹 Chicago

🔹 Point de vue : Dominico Suarez

Je regarde les photos.
Encore.
La blonde.
Toujours la blonde.
Pourquoi Lazar cache-t-il cette fille ?
Pourquoi ?
Mon instinct me hurle que quelque chose est différent.
Très différent.
Je referme le dossier.
Puis regarde mes hommes.

— Demain.

Silence.

— On attaque demain.

Les regards changent immédiatement.

— Êtes-vous sûr Señor ?

Je souris froidement.

— Plus que jamais.

Parce qu'une chose est certaine maintenant.
Cette fille est devenue importante pour Lazar.
Et lorsqu'un homme comme Lazar commence à tenir à quelqu'un...
Il devient vulnérable.

— lendemain après midi

🔹 Point de vue : Arès

Le soleil est déjà haut lorsque je quitte finalement le jardin.
Arya est restée dehors.
Assise dans l'herbe.
Face au lac.
Silencieuse.
Et contre toute logique...
je n'arrive plus à me concentrer sur autre chose.
Je traverse le chalet sans réellement voir les pièces autour de moi.
Mon épaule me lance encore.
La b***e a traversé proprement mais la douleur est toujours là.
Pourtant ce n'est pas ça qui m'occupe.
C'est elle.
Toujours elle.

Je pénètre dans mon bureau.
Immense.
Bois sombre.
Bibliothèque.
Baies vitrées donnant sur le lac.
Et immédiatement...
je me sers un verre.
Puis un deuxième.
Je m'appuie contre mon bureau.
Ferme les yeux.
Et revois son visage lorsqu'elle m'a raconté son enfance.
Sa voix.
Ses cris.
Ses tremblements.
Cette haine.
Cette douleur.
Je comprends enfin pourquoi elle sourit toujours comme si rien ne pouvait l'atteindre.
Parce que si elle s'arrête...
elle s'effondre.
Comme moi.
Un coup à la porte.

— Entrez.

Matéo apparaît.
Mon bras droit.
Mon homme de confiance depuis presque quinze ans.
Il s'immobilise immédiatement en remarquant mon expression.

— Quelque chose ne va pas ?

— Non.

Mensonge.
Il le sait.
Je le sais.
Mais il ne relève pas.

— Les hommes de Suarez bougent.

Je relève les yeux.
Enfin.
Une information utile.

— Où ?

— Toujours à Chicago.

Je pose mon verre.
Mon regard devient froid.

— Ils ont trouvé la propriété ?

— Probablement.

Silence.
Luca hésite.
Puis finit par dire :

— Vous devriez partir.

Je ricane.

— Pourquoi ?

— Parce que si Suarez attaque...
vous ne serez pas seul cette fois.

Je comprends immédiatement.
Arya.
Encore elle.
Luca soupire.

— Cette fille est un problème.

— Je sais.

— Alors débarrassez-vous-en.

Le silence tombe.
Lourd.
Très lourd.
Puis je réponds simplement :

— Non.

Et c'est à cet instant précis que Matéo comprend.
Quelque chose a changé.
Quelque chose de dangereux.
Quelque chose que même moi je refuse encore de nommer.

🔹 Point de vue : Arya

Je reste assise dans l'herbe longtemps.
Très longtemps.
Le lac est magnifique.
Calme.
Paisible.
Presque irréel.
Je n'ai jamais connu ça.
Jamais.
Pendant toute ma vie...
j'ai survécu.
C'est différent.
Aujourd'hui...
pour la première fois...
je me repose.

Je retire mes chaussures.
Laisse mes pieds toucher l'herbe.
Le vent joue avec mes cheveux.
Et malgré moi...
je souris.
Un vrai sourire.
Pas celui que je montre au monde.
Un autre.
Un sourire heureux.
Puis la réalité revient.
Arès.
Mon regard tombe sur l'eau.
Hier soir j'ai découvert un homme incomplet. Rongé par la culpabilité.

Ça me fait presque de la peine.

— Ta gu**le Arya... je murmure.

Depuis je pense comme ça ?
Je le déteste.
Je devrais.
C'est un criminel.
Un mafieux.
Un homme dangereux.
Un homme qui m'a braqué avec une arme.
Qui m'a enfermée.

Alors pourquoi...
pourquoi est-ce que je me sens en sécurité ici ?
Pourquoi ?

Je ferme les yeux.
Et immédiatement...
je revois son visage lorsqu'il m'écoutait hier.
Pas de jugement.
Pas de pitié.
Rien.
Il écoutait simplement.
Comme si mon histoire comptait.
Comme si moi...
je comptais.
Mon cœur accélère.
M***e.
Je me relève brusquement.
Non.
Très mauvaise idée.
Je refuse de ressentir ce genre de choses.
Les sentiments rendent faible.

J'ai appris cette leçon depuis longtemps.
Je me dirige vers le chalet.
Et au moment où j'arrive sur la terrasse...
j'entends des éclats de voix.
Je m'immobilise.

Matéo
Et Arès.
Ils sont dans le bureau.
La fenêtre est entrouverte.
Je n'avais pas l'intention d'écouter.
Vraiment pas.
Mais j'entends mon prénom.
Alors je reste.

— Cette fille est un problème.

Silence.
Puis Arès répond.

— Je sais.

Mon ventre se serre.
Évidemment.
Je suis un problème.
J'ai toujours été un problème.
Depuis ma naissance.

— Alors débarrassez-vous-en.

Je baisse les yeux.
Voilà.
C'est logique.
C'est ce qu'il devrait faire.
Et pourtant...
la réponse tombe.
Immédiatement.
Sans hésitation.

— Non.

Je me fige.
Complètement.
Mon cœur manque un battement.
Puis un deuxième.
Pourquoi non ?
Je reste immobile plusieurs secondes.
Puis je m'éloigne avant d'en entendre davantage...

🔹 Point de vue : Dominico Suarez

Je regarde les photographies.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Toujours la même.
La blonde.
Assise dans le jardin.
Près du lac.
À côté du chalet de Lazar.
Je fais tourner lentement mon verre entre mes doigts.
Julia est assise en face de moi. Elle a insisté pour venir.
Elle observe les photos elle aussi.

— Elle est très jeune.

— Oui.

— Très belle aussi.

Je ne réponds pas.
Mon regard reste fixé sur l'image.
Quelque chose ne colle pas.
Pas du tout.
Lazar ne garde personne près de lui.
Personne.
Encore moins une femme.
Alors pourquoi elle ?
Pourquoi cette fille ?
Pourquoi maintenant ?
Mon instinct hurle.
Et je lui fais confiance.
Toujours.
Je pose finalement la photographie sur la table.

— Prépare les hommes.

Mon bras droit relève les yeux.

— Quand attaquons-nous ?

Je souris.
Un sourire froid.
Dangereux.

— J'en suis maintenant certains. Demain.

Le silence tombe.
Même Julia relève la tête.

— Demain ?

— Oui.

Je me lève.
Contourne la table.
Et récupère mon arme.

— Deux jours d'observation suffisent.

Je charge le pistolet.

— Il est temps de rendre visite à Lazar. Ça sera très rapide, ne t'inquiètes pas.

Mon regard tombe une dernière fois sur la photo d'Arya.
Puis je murmure :

— Qui tu es réellement, petite blonde...

🔹 Point de vue : Gaël

Je n'arrive pas à dormir.
Encore.
Je suis allongé sur mon lit.
Les yeux ouverts.
Le plafond devant moi.
Et son absence partout.
Cela fait seulement quelques jours.
Mais j'ai l'impression que ça fait des mois.
Je prends mon téléphone.
Comme chaque nuit.
J'ouvre sa conversation.
Aucun message.
Aucune réponse.
Rien.
Je relis nos anciennes discussions.
Ses insultes.
Ses piques.
Ses menaces.
Et malgré tout...
ça me manque.
P*tain.

Ça me manque.
Je ferme les yeux.
Je ne sais mm plus combien de sachet j'ai ouvert.
D'ailleurs je sais même pas pourquoi je les gardait encore.
Peut être que je n'ai jamais voulu arrêter !

Cette envie.
La drogue.
Je serre immédiatement les dents.
À cause d'elle.
Mais la douleur est là.
Toujours.
Et cette fois...
elle est pire que le manque.
Parce que cette douleur porte un prénom.
Arya.

À suivre... 🌑

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