24/07/2026
Titre: Des nudes en l'air !
On vit une époque formidable. Pour devenir "quelqu’un", il suffit de 3 choses : des nattes bien plaquées jusqu’au dernier centimètre du crâne, un iPhone dernier cri qui filme en 4K, et un parrain avec un gros titre et une grosse voiture.
Le reste ? Le travail, les diplômes, la patience... on a rangé ça au musée avec les cassettes vidéo.
Le scandale qui nourrit le buzz
Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux camerounais tournent en boucle. Mêmes décors : chambres climatisées, draps blancs, bouteilles de champagne qu’on ne boit jamais. Mêmes actrices : jeunes filles, 18-25 ans, avec le teint lissé par les filtres et l’ambition lissée par les promesses. Mêmes figurants : des "hautes personnalités", ventres proéminents, discours patriotiques le jour, et très créatifs la nuit.
Et au milieu de tout ça, les commentaires : "Elle cherche sa vie", "C’est le pays qui est dur", "Mieux elle que moi". Le Cameroun a trouvé son nouveau feuilleton. Gratuit, quotidien, et sans censure.
Qui a vendu le rêve ?
Posons la question qui fâche avec un sourire ironique.
Les jeunes filles d’abord.
On leur a vendu que la réussite = le luxe immédiat. Pas le concours, pas le stage non payé, pas les 5 ans à galérer. Non. La réussite c’est le sac de marque, les mèches de 150.000, les sorties à Bastos. Et pour ça, certains ont compris qu’il fallait "négocier" avec le système. Le corps est devenu le CV, et le scandale, la lettre de motivation. Triste ? Oui. Surprenant ? Non. Quand on t’applaudit plus pour ta robe que pour ton bulletin, tu finis par investir dans la robe.
Les parents ensuite.
Beaucoup se taisent. D’autres applaudissent quand "la petite" ramène le sac et le téléphone. On a confondu "bien éduquer" avec "bien habiller". On demande les résultats mais on ne demande jamais d’où vient l’argent. L’hypocrisie a mis des nattes et elle vit au salon.
La société enfin.
Nous. On partage, on commente, on insulte, on recommence. On est indignés à 8h et groupies à 20h. On a transformé la dépravation en contenu. Les mêmes qui vont crier à la morale le dimanche sont les premiers à enregistrer la vidéo pour "envoyer au groupe". La société est devenue voyeuriste et juge. Un métier à plein temps.
Les pouvoirs publics pour finir.
Silence radio, communiqués timides, puis on passe à autre chose. Tant que le scandale n’a pas bloqué la circulation, on gère. L’impunité est le meilleur parrain des vices. Quand les "hautes personnalités" n’ont jamais de comptes à rendre, le message est clair : au Cameroun, tout se vend. Même la décence.
La morale de l’histoire ?
Le problème n’est pas l’iPhone. Ni les nattes. Ni même le luxe. Le problème c’est qu’on a mis le luxe devant la dignité. On a fait du raccourci une valeur nationale. On récolte ce qu’on a semé : une jeunesse qui pense que pour exister il faut exposer, et des dirigeants qui pensent que pour posséder il faut abuser.
Alors oui, c’est épicé. Oui, c’est moche. Mais tant qu’on va continuer à liker le scandale et à enterrer le mérite, préparez les serveurs. La saison 2 arrive bientôt.
Votre chroniqueur, avec un pincement au cœur et beaucoup de colère!