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Un matin, on était jeunes et naïfsUn matin, il y a très longtemps, ou peut-être hier, tout dépend comment on mesure le t...
13/06/2026

Un matin, on était jeunes et naïfs

Un matin, il y a très longtemps, ou peut-être hier, tout dépend comment on mesure le temps, on était jeunes et naïfs. Jeunes comme on ne le sera plus jamais. Naïfs comme on a cessé de l’être sans même s’en rendre compte. Ce matin là, le monde n’était pas encore une machine à calculer les risques. On s’est regardés pour la première fois, ou pour la centième, ce n’est pas important. Il y avait dans l’air cette légèreté qu’on ne retrouve plus que dans les rêves, quand on a la chance d’en faire encore.

On a tissé des liens solides. Pas des liens virtuels, pas des liens d’intérêt, pas des liens de convenance. Des liens qu’on nouait à la main, à force de passer des heures ensemble à ne rien faire ou à tout faire. On les a tissés brin par brin, avec nos rires, nos silences, nos colères et nos pardons. C’était avant qu’on apprenne à doser nos émotions, avant qu’on devienne polis, avant qu’on devienne adultes. On se donnait tout, sans garder de réserve. On croyait que ça durerait toujours parce qu’on n’avait encore jamais vu la fin de rien.

L’intérêt, à cette époque, il était presque inexistant. On ne se fréquentait pas pour un réseau, pas pour un travail, pas pour grimper quelque part. On se fréquentait parce qu’on aimait traîner ensemble. Parce qu’on aimait la même musique pourrie, les mêmes nuits à rien, les mêmes conneries. Parce que l’un avait un vélo et l’autre une cassette. Parce que l’un pleurait et l’autre ne disait rien mais restait là, simplement. Tout était vrai. Les sourires étaient vrais, ils n’avaient pas encore appris à cacher la fatigue ou l’ennui. Les disputes étaient vraies, on pouvait se hurler dessus pendant vingt minutes pour une histoire de ballon ou un regard de travers, puis s’asseoir par terre, épuisés, et éclater de rire sans savoir pourquoi.

On se disait tout sans filtre. Les secrets de famille, les premières amours ratées, les angoisses pour le lendemain, les rêves absurdes qu’on n’oserait jamais raconter à un adulte. On parlait de nos parents, de nos peurs, de nos envies de fuir ou de rester. Rien n’était trop intime, rien n’était trop bête. On se serrait les coudes, pas par devoir, mais par instinct. Quand l’un tombe, les autres sont là pour ramasser les morceaux. Pas de discours, pas de leçons. Une main sur l’épaule, une bière partagée, un regard qui dit « je sais ».

On travaillait ensemble, dans des petits boulots sans gloire, sur des projets scolaires qu’on laissait à la dernière minute, ou simplement sur l’art compliqué de survivre à l’adolescence. On était une équipe. On ne le savait pas vraiment, mais on l’était.

Puis il y eut un soir

Les choses n’ont pas basculé avec un drame. Il n’y a pas eu de trahison, pas de cri, pas de porte claquée. Un soir, simplement, nous sommes devenus de jeunes adultes. Ça ne s’annonce pas. Ça arrive. Un jour, on se réveille et on réalise que les cartes ont été redistribuées, que les règles ont changé, et que personne ne nous a prévenus.

Ce soir là, nous étions tous réunis. Je ne me souviens plus où. Peut-être chez quelqu’un, peut-être sur un terrain vague, peut-être au bord d’un lac. Je me souviens de la lumière, une lumière jaune, fatiguée, celle des fins de jour d’été qui savent qu’elles ne reviendront pas. On riait. On riait fort, comme toujours, comme on avait toujours ri. On racontait des histoires, on se taquinait, on buvait des choses tièdes.

On a ri ensemble pour la dernière fois sans le savoir. C’est ça, le pire. On ne savait pas que ce rire là était le dernier de la série. On ne s’est pas dit « souviens toi de ce moment ». On ne s’est pas embrassés en se promettant de ne jamais changer. On a juste ri, bêtement, comme on avait ri mille fois avant.

On a joué notre dernier match ensemble sans le savoir. Que ce soit un match de foot, un jeu de cartes, une bataille de polochons ou une partie endiablée de Mario Kart. Les gestes étaient les mêmes. Les cris de victoire aussi. Les tricheries amicales et les protestations indignées. Mais après ce match, on n’en referait plus jamais un autre. Personne n’a posé le ballon en faisant une déclaration solennelle. On l’a juste laissé rouler sous une chaise, et on est passés à autre chose.

On a parlé de cette fille très belle pour la dernière fois. On l’avait vue au lycée, au centre commercial, sur une photo. On l’appelait par un surnom. On inventait des vies entières avec elle, des scénarios impossibles, des déclarations qu’on ne ferait jamais. Ce soir là, quelqu’un a dit « vous vous souvenez de cette fille ? » et on a souri, on a ajouté une ou deux vannes, puis le sujet est mort. Sans qu’on le sache, c’était la dernière fois qu’elle existait dans nos conversations. Plus t**d, on ne saurait même plus dire si elle s’appelait Julie ou Marie.

Ce soir là, sans cérémonie ni adieux véritablement prononcés

Ce soir là, quand la nuit a vraiment pris sa place, quelque chose a basculé. Pas une explosion. Plutôt un glissement silencieux, comme un bateau qui quitte le quai sans que personne n’ait vraiment tiré la corde. Chacun a commencé à regarder sa montre. Pas parce qu’on s’ennuyait, jamais on ne s’ennuyait, mais parce qu’il y avait soudain des lendemains qui comptaient. Des réveils tôt. Des examens. Des petits boulots. Des parents qui vieillissent. Des histoires d’amour à faire tenir. Des déménagements en vue.

Sans cérémonie, sans discours, sans même un « on se voit demain » vraiment convaincu, chacun prit sa route. Pas en courant, pas en claquant la porte. Juste en se levant, en ajustant sa veste, en disant « je file, bonne nuit ». Les poignées de main étaient devenues un peu plus fermes, les accolades un peu plus brèves, les regards un peu ailleurs. On ne s’est pas perdus de vue d’un coup. On s’est éloignés, doucement, comme on s’habitue à une douleur qui s’installe par petites touches.

Chacun s’en alla affronter sa propre réalité. La tienne, ce n’était pas la mienne. Tes combats n’étaient pas les miens. Tes démons, je les connaissais à peine, ou je croyais les connaître. La réalité, c’est ce qui arrive quand on arrête de partager le même frigo, les mêmes nuits blanches, les mêmes problèmes d’argent ou de cœur. On n’avait plus les mêmes horaires, plus les mêmes urgences. Toi, tu devais t’occuper de ta mère malade. Moi, je devais finir ce mémoire. Lui, il avait trouvé un boulot à l’autre bout du pays. Elle, elle était tombée amoureuse d’un type qu’on n’aimait pas.

Et puis un jour, sans qu’on ait vraiment signé d’armistice, on a cessé de s’appeler. Les messages sont devenus plus rares, plus courts. Les « on devrait se voir » sont restés sans suite. Les réunions prévues ont été annulées pour des raisons valables, puis pour des raisons moins valables, puis sans raison du tout.

Depuis cette nuit là, plus rien ne fut jamais tout à fait comme avant

Je pèse mes mots. Rien ne fut jamais tout à fait comme avant. Les mêmes personnes, réunies dans la même pièce, n’ont jamais retrouvé cette alchimie. Parce que nous n’étions plus les mêmes. Le temps s’était glissé entre nous, non pas comme un ennemi, mais comme un patient. Il avait déposé du plomb dans nos éclats de rire, du calcul dans nos spontanéités, de la fatigue dans nos regards.

Quelque chose s’était brisé. Mais est ce que ça s’est brisé, ou bien est ce que ça s’est simplement perdu en chemin ? La différence est fine. Quand un verre se brise, tu vois les morceaux. Tu peux les ramasser, tenter de les recoller, te couper les doigts en essayant. Quand quelque chose se perd, tu ne trouves rien. Tu fouilles partout. Tu retournes les poches, les tiroirs, les souvenirs. Rien. C’est parti. Emporté par le mouvement général des vies qui se séparent.

Une partie de moi a continué à marcher avec un petit manque, un vide de la taille d’une chaise vide au bout d’une table. On s’habitue. On remplit ce vide avec d’autres visages, d’autres histoires, d’autres promesses. Mais parfois, un son, une odeur, une lumière, cette même lumière jaune de fin d’été, et tout revient. La douceur et la douleur mélangées.

Bien sûr, il nous arrive encore de nous retrouver

La vie n’est pas une tragédie grecque. Elle fait des ronds dans l’eau, des retours imprévus. Alors oui, il nous arrive encore de nous retrouver. Autour d’un verre, souvent. À l’occasion d’un événement heureux, un mariage, une naissance, une réussite. Ou malheureux, un enterrement, une séparation, une maladie. La vie a ses exigences. On rappelle ceux qu’on a laissés quand on a besoin qu’ils soient là, ou quand on sent que le temps presse.

Ces retrouvailles ont un goût particulier. Ce n’est pas l’amertume, ce n’est pas l’ivresse. C’est un goût de fruits mûrs, sucrés, un peu trop mûrs. On s’embrasse avec plus de chaleur qu’avant, parce qu’on sait que ça peut être rare. On se demande des nouvelles, on écoute vraiment les réponses. On remarque les cheveux gris, les rides, la fatigue, mais aussi cette étrange paix qui s’est posée sur certains visages.

Alors les souvenirs refont surface. Ils ne demandaient qu’à sortir. D’abord timidement, « tu te souviens de ce prof ? », « tu te rappelles cette soirée ? », puis plus franchement, avec des détails incroyables, des noms qu’on croyait oubliés, des répliques entières de conversations vieilles de vingt ans. On rit. On rit vraiment, comme on ne rit plus souvent dans nos vies d’adultes raisonnables.

Une douce nostalgie s’empare de nous. Pas la nostalgie qui fait mal, celle qui coupe le souffle. Non, une nostalgie douce, presque caressante, accompagnée de cette mélancolie propre aux époques révolues. La mélancolie de ce qui ne reviendra pas, mais qu’on est heureux d’avoir vécu. On ne veut pas revenir en arrière, on sait très bien qu’on ne pourrait pas. Mais on est reconnaissants que ça ait existé.

Nous rions en évoquant nos aventures passées, nos erreurs monumentales, nos folies dangereuses, nos rêves démesurés d’autrefois. On se dit « on était vraiment cons », et on le dit avec tendresse. On se regarde, et on se reconnaît encore un peu, juste assez pour se souvenir pourquoi on s’était aimés.

Et après ?

Après, on se sépare à nouveau. Chacun remonte dans sa voiture, reprend son train, retourne à sa vie. On se promet de ne plus laisser passer autant de temps. On sait qu’on ne tiendra pas cette promesse. Mais c’est bien ainsi. Ces retrouvailles rares sont devenues des rituels précieux. Elles ne remplacent pas l’ancienne complicité. Elles sont autre chose, une autre forme d’amitié, plus sage, plus lucide, plus fragile aussi.

On s’aime encore, mais autrement. Sans urgence. Sans jalousie. Sans devoir. On s’aime comme on aime un vieux paysage qu’on a quitté et qu’on retrouve avec le cœur serré et doux à la fois.

Et quand le soir tombe, après ces retrouvailles, chacun rentre chez soi. Les souvenirs se rangent un peu plus loin dans la mémoire. La vie reprend son rythme. Mais quelque chose a été réchauffé, même un instant. C’est déjà beaucoup.

Elo_the_artist 🙂

I'm just following the trend 😅
22/05/2026

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On en parle beaucoup, du tribalisme. On le dénonce, on le voit partout, on le traque chez les autres. Et pourtant, nous ...
20/05/2026

On en parle beaucoup, du tribalisme. On le dénonce, on le voit partout, on le traque chez les autres. Et pourtant, nous sommes tous d’accord pour dire que tout le monde n’est pas tribaliste. C’est un constat simple, presque une évidence, mais il ouvre une brèche bien plus dérangeante : si le tribalisme n’est pas une fatalité inscrite en chacun de nous, qu’est-ce qui y conduit donc, et pourquoi s’accroche-t-il avec autant de force chez certains ? Je vais essayer d’y répondre, sans détour.

Pour moi, le tribalisme est le dernier refuge des personnes sans substance. J’entends par là des individus sans ossature intérieure, sans personnalité véritablement propre, sans rien de solide qu’ils auraient eux-mêmes construit au-dedans d’eux. Quand on n’a pas pris le temps ou le courage de cultiver sa pensée, ses goûts, son esprit critique, ses accomplissements personnels ou simplement une voix singulière, que reste-t-il à brandir face au monde ? Rien. Ou presque rien. Il reste cette carte facile, tombée du ciel à la naissance, qu’on n’a pas eu à mériter : l’appartenance imposée à un cercle, une ethnie, un clan, une région, une tradition. C’est la solution de facilité ultime : au lieu de creuser en soi pour trouver sa propre voix, on se greffe sur une voix collective toute faite. C’est tellement plus confortable de dire « nous » quand on n’a jamais vraiment appris à dire « je ».

C’est là que le tribalisme révèle sa nature de succédané d’identité. Une identité par procuration, empruntée au groupe, jamais forgée dans l’intimité d’une conscience. Ces individus, dépouillés de toute substance, se raccrochent alors désespérément à ce seul bagage, et leur tribu devient leur unique carte de visite, leur seul étendard, leur unique raison d’exister face aux autres. Ils ne défendent pas une idée, ils défendent leur appartenance comme on défend sa peau, parce que sans elle, il n’y a plus rien. Plus le vide intérieur est grand, plus l’agrippement au groupe est véhément, plus le besoin de crier fort sa loyauté est impérieux. Car quand on n’a rien à soi, on ne peut que hurler son appartenance. Et malheur à celui qui n’est pas du même bord, malheur à l’étranger, à l’autre : il devient le miroir insupportable de ce vide qu’on refuse de regarder en face. La haine de l’autre, bien souvent, n’est que la projection de sa propre inexistence.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez un tribaliste, ne vous demandez pas de quelle ethnie, de quelle région ou de quel cercle il se revendique. Ne cherchez pas à comprendre ses arguments, ses rancœurs ou ses boucliers identitaires. Demandez-vous plutôt ce qui lui manque, au-dedans, pour avoir besoin de tant de bruit au-dehors. Peut-être que son vacarme n’est que l’écho de son propre silence intérieur. Et nous, face à cela, nous pouvons faire un autre choix : celui de nous construire une identité assez solide pour n’avoir besoin ni de nier l’autre, ni de s’agripper à un clan. Un être qui sait qui il est n’a pas besoin de crier d’où il vient.

Hello guys, I'm sharing with you some shots of my trip to Kribi 🌸
08/05/2026

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The cultural day was wonderful 💐😎
20/04/2026

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Final results of the painting session 🎨
22/02/2026

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Good time
10/02/2026

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Some nice shots of the moment 🎨
30/01/2026

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Little work session 😎👌
30/01/2026

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L’amitié homme-femme : mythe ou réalité ?En vérité, ce que beaucoup appellent « amitié » entre un homme et une femme est...
02/01/2026

L’amitié homme-femme : mythe ou réalité ?
En vérité, ce que beaucoup appellent « amitié » entre un homme et une femme est rarement ce qu’il prétend être. La nature biologique et psychologique des êtres humains crée des liens souvent orientés vers l’attirance et la reproduction. Dans la majorité des cas, l’un est intéressé, l’autre profite ou se laisse flatter. Pour l’homme, c’est souvent un repli stratégique : rester proche de celle qu’il désire pour ne pas tout perdre et espérer un retournement futur. Pour la femme, c’est une manière de satisfaire son ego, de recevoir de l’attention, de la flatterie et de la validation. Cette dynamique n’est ni désintéressée ni équilibrée : elle repose sur l’illusion et le calcul.
Les « besty » dans ce contexte ne sont donc pas des amis véritables : ils sont le miroir de nos désirs, de nos frustrations et de notre égo. Dès lors, affirmer qu’une amitié homme-femme est possible relève souvent du mythe ou d’une naïveté romantique. Les exceptions existent, mais elles sont rarissimes : elles nécessitent une maturité émotionnelle exceptionnelle, une absence totale d’attirance et des limites claires dès le départ.
Alors, oui, dans la vie moderne, si ta go a un « besty » 🚫 et si ton gars a un « besty » 🚫, il y a plus de risques que de raisons. Ce n’est pas de la jalousie, c’est de la lucidité : l’amitié véritable entre un homme et une femme est une exception, pas la norme.
Pour ceux qui veulent débattre… je vous attends.

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