Kuna Mito - La Parole Des Ancêtres

Kuna Mito - La Parole Des Ancêtres Kuna Mito – La parole des ancêtres. Là où les voix d’hier éclairent les réalités d’aujourd’hui.

Chroniques, sagas et contes africains pour réveiller nos mémoires, honorer nos racines et transmettre l’héritage ancestral.

 ÉPISODE 6 : LE MEMBRE QUI A DISPARUKevin regardait la photographie.Encore.Et encore.Et encore.Son visage était là.Au mi...
22/08/2026



ÉPISODE 6 : LE MEMBRE QUI A DISPARU

Kevin regardait la photographie.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Son visage était là.
Au milieu des villageois.
Sur une image vieille de plusieurs décennies.
Impossible.
Totalement impossible.
Pourtant...
Il n'y avait aucun doute.
Le même regard.
Le même nez.
Le même sourire légèrement penché.
Même Joël resta silencieux.
Et ça...
C'était inquiétant.
Parce que Joël avait toujours quelque chose à dire.
Même quand personne ne lui demandait son avis.
— Frère...
— Oui ?
— Je retire tout ce que j'ai dit.
— Sur quoi ?
— Sur les films.
— Hein ?
— Toi, tu es déjà dedans.
Kevin éclata de rire malgré lui.
Un rire bref.
Nerveux.
Puis il regarda à nouveau la photo.
Quelque chose attira soudain son attention.
Un détail.
Derrière les habitants.
À moitié caché sous un arbre.
Un homme.
Grand.
Très grand.
Immobile.
Même sur cette vieille photographie...
Il semblait observer l'objectif.
Et lorsqu'il zooma davantage...
Le sang de Kevin se glaça.
Parce qu'il reconnut immédiatement ce visage.
Le Veilleur.
La silhouette aperçue derrière sa fenêtre.
Le même regard vide.
Le même visage allongé.
Comme s'il n'avait pas vieilli.
Pas changé.
Pas bougé.
Depuis cinquante ans.
À cet instant...
Son téléphone vibra.
Le groupe.
Papa Simon :
Tu as vu.
Kevin tapa aussitôt
Qui est cet homme ?
Le silence suivit.
Long.
Très long.
Puis enfin :
Il veille depuis le premier pacte.
Cette réponse ne lui plut pas.
Pas du tout.
— Quel pacte ?
Aucune réponse.
Puis soudain...
Le groupe s'anima.
Comme une ruche frappée par un bâton.
Messages.
Notifications.
Messages.
Notifications.
Quelque chose d'inhabituel se produisait.
Les membres semblaient paniquer.
Papa Simon :
Non.
Maman Adèle :
Pas maintenant.
Grand Pierre :
Il a commencé.
Kevin fronça les sourcils.
— Qui a commencé quoi ?
Personne ne répondit.
Puis un nouveau nom apparut.
Un membre du groupe.
Minko.
Photo noire et blanche.
Toujours silencieux depuis le premier jour.
Pour la première fois...
Il écrivait.
IL EST DÉJÀ TROP T**D.
Cette phrase provoqua immédiatement une avalanche de réactions.
Papa Simon :
Tais-toi !
Maman Adèle :
Ne lui dis rien !
Grand Pierre :
Supprime ce message !
Mais Minko continua.
LE VEILLEUR A COMMENCÉ LA COLLECTE.
Kevin sentit son cœur accélérer.
La collecte ?
Quelle collecte ?
Puis soudain...
Quelque chose d'encore plus étrange arriva.
La photo de profil de Minko disparut.
Une seconde.
Deux secondes.
Puis son nom aussi disparut.
Comme s'il n'avait jamais existé.
Kevin regarda la liste des membres.
26 participants.
Ils étaient 27 auparavant.
Minko avait disparu.
Complètement.
Du groupe.
Mais aussi de la liste des anciens messages.
Comme effacé.
Comme supprimé de la réalité.
— Joël...
— Oui ?
— Dis-moi que tu voyais aussi Minko.
Joël regarda l'écran.
Puis pâlit.
— Frère...
— Quoi ?
— Je crois que oui.
Le silence tomba.
Un silence lourd.
Très lourd.
Puis le téléphone vibra de nouveau.
Cette fois...
Un message privé.
Expéditeur inconnu.
Aucune photo.
Aucun nom.
Juste un numéro.
Le message contenait une seule phrase.
Si tu veux vivre après le trentième jour, rends-toi à Minlaaba avant la prochaine lune noire.
Kevin fixa l'écran.
Puis un second message arriva.
Une localisation GPS.
Quelque part dans une forêt reculée du Cameroun.
Puis un troisième.
Une photo.
Une vieille pancarte rouillée.
À moitié recouverte de lianes.
On pouvait encore lire :
MINLAABA
Mais ce n'était pas cela qui terrifia Kevin.
Non.
Ce qui le terrifia...
C'était la date visible sur la photographie.
Parce que la photo semblait avoir été prise...
Quelques secondes auparavant.
Et pourtant...
Au fond de l'image.
Entre deux arbres.
Se tenait Minko.
Le membre qui venait de disparaître.
Et derrière lui...
Le Veilleur.
En train de lui poser la main sur l'épaule.

A Suivre…


Selon vous, Minko a-t-il été supprimé du groupe... ou du monde des vivants ?

Likez si vous pensez que Minlaaba cache un secret bien plus ancien que WhatsApp.

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 ÉPISODE 5 : LE VEILLEUR À LA FENÊTRETOC.TOC.TOC.Les trois coups résonnaient encore dans la chambre.Kevin n'osait plus r...
22/08/2026



ÉPISODE 5 : LE VEILLEUR À LA FENÊTRE

TOC.
TOC.
TOC.
Les trois coups résonnaient encore dans la chambre.
Kevin n'osait plus respirer.
Joël non plus.
Les deux jeunes fixaient la fenêtre.
Immobiles.
Comme deux chèvres ayant aperçu un léopard.
Puis l'ombre bougea.
Très lentement.
Une silhouette humaine.
Grande.
Anormalement grande.
Tellement grande que sa tête semblait dépasser le cadre de la fenêtre.
Joël murmura :
— Kevin...
— Hum !
— Dis-moi que je rêve.
— Moi aussi j'aimerais savoir.
La silhouette restait là.
Sans bouger.
Comme si elle observait.
Comme si elle attendait.
Puis le téléphone de Kevin vibra.
Les deux sursautèrent.
Un nouveau message.
Papa Simon :
Ne lui ouvre jamais.
Kevin fixa l'écran.
Puis la fenêtre.
Puis l'écran encore.
Son cœur battait tellement fort qu'il l'entendait dans ses oreilles.
BOUM.
BOUM.
BOUM.
Joël attrapa discrètement un balai.
— Ça ne sert à rien.
Murmura Kevin.
— Je sais.
Mais psychologiquement ça m'aide.
Même dans un moment pareil...
Cette remarque arracha un sourire nerveux à Kevin.
Puis soudain...
La silhouette disparut.
Comme ça.
Sans bruit.
Sans mouvement.
Une seconde elle était là.
La suivante...
Plus rien.
Le silence retomba.
Les deux jeunes restèrent figés encore plusieurs minutes.
Puis Joël osa enfin regarder par la fenêtre.
Personne.
La rue était vide.
Complètement vide.
— C'est impossible.
Kevin ne répondit pas.
Parce qu'il avait vu autre chose.
Un nouveau message venait d'apparaître.
Le Veilleur t'a vu.
Cette phrase lui donna un frisson.
— Qui est le Veilleur ?
Tapa-t-il immédiatement.
Pour la première fois depuis longtemps...
Quelqu'un répondit directement.
Papa Simon.
Celui qui compte les jours.
— Quels jours ?
Les jours qu'il te reste.
Le sang de Kevin se glaça.
Puis plus rien.
Le groupe retomba dans le silence.
Cette nuit-là...
Personne ne dormit.
Le lendemain matin...
Kevin avait des cernes énormes.
Même Joël ressemblait à un zombie.
— Frère.
— Quoi ?
— Si je meurs avant toi...
Efface mon historique WhatsApp.
— Idiot.
— Je suis sérieux.
Kevin éclata de rire malgré lui.
Mais ce rire disparut rapidement.
Car quelque chose d'étrange se produisait.
Depuis plusieurs jours...
Il faisait le même rêve.
Toujours le même.
Un village.
Une rivière.
Une vieille case.
Et une voix.
Toujours cette même voix.
— Reviens à Minlaaba.
Au début, il n'y avait pas prêté attention.
Mais maintenant...
Le nom revenait partout.
Minlaaba.
Le groupe.
Les membres.
Les morts.
Les rêves.
Tout semblait converger vers ce village.
Puis vers midi...
Un événement encore plus étrange se produisit.
Kevin reçut un appel.
Numéro inconnu.
Il décrocha.
— Allô ?
Aucune réponse.
Seulement une respiration.
Lente.
Très lente.
Puis une voix de vieille femme.
— Kevin...
Le jeune homme se figea.
— Qui êtes-vous ?
— Tu dois partir.
— Où ?
— À Minlaaba.
Encore ce nom.
Toujours ce nom.
— Pourquoi ?
La femme sembla hésiter.
Puis murmura :
— Parce qu'ils commencent à sortir.
Un silence.
— Qui ça ?
Mais l'appel fut coupé.
Net.
Kevin rappela immédiatement.
Numéro inexistant.
Cette fois...
Il ne pouvait plus ignorer les signes.
Quelque chose se préparait.
Quelque chose lié à Minlaaba.
Et visiblement...
Quelque chose lié aux morts.
Le soir venu...
Il retourna dans le groupe.
Puis écrivit :
Je veux connaître la vérité.
Pendant plusieurs secondes...
Aucun message.
Puis une notification apparut.
Papa Simon est en train d'écrire...
Puis :
Es-tu certain ?
Kevin hésita.
Longuement.
Puis répondit :
Oui.
Presque immédiatement...
Une photographie apparut dans le groupe.
Une vieille photographie jaunie.
Prise devant une case traditionnelle.
On y voyait plusieurs habitants.
Des hommes.
Des femmes.
Des enfants.
Et au centre...
Kevin sentit son souffle se couper.
Parce qu'il reconnaissait parfaitement le visage.
Son propre visage.
Exactement le sien.
Sur une photo datant de plus de cinquante ans.

A Suivre…


Comment réagiriez-vous si vous découvriez votre propre visage sur une photo vieille de cinquante ans ?

Mention spéciale à mes nouveaux super fans ! 💎 Frath Sabbir, Stéphanie Fongang, Kossi Tove, Liliane Donchi, Pélagie Mbid...
22/08/2026

Mention spéciale à mes nouveaux super fans ! 💎 Frath Sabbir, Stéphanie Fongang, Kossi Tove, Liliane Donchi, Pélagie Mbida, Marie Thérèse Mtn, Safi Ouattara, Marketplacess Al, Friseline Noumbissi, Vanelle Kengni, Ann Bell, Sherley Plaisimond Chery, Esther Minso, Francky Megui, Francine Arlette Tueno, Hermine Kf, Amira Safia, Angedy Boyer Situ

Merci pour la confiance et l'honneur 🎉🎉🥳

 ÉPISODE 4 : LES MESSAGES DE MINUITKevin ne respira plus.Pendant plusieurs secondes.Son cerveau refusait d'accepter ce q...
21/08/2026



ÉPISODE 4 : LES MESSAGES DE MINUIT

Kevin ne respira plus.
Pendant plusieurs secondes.
Son cerveau refusait d'accepter ce qu'il voyait.
La tombe.
Son nom.
Sa photo.
Et surtout...
Cette date.
Dans trente jours exactement.
— Non...
Il frotta ses yeux.
Regarda à nouveau.
L'image était toujours là.
Son téléphone lui échappa presque des mains.
Autour de lui, les étudiants continuaient de travailler.
Certains lisaient.
D'autres riaient.
Personne ne semblait remarquer que le monde de Kevin venait de basculer.
Il quitta précipitamment la bibliothèque.
Direction sa chambre.
Tout le trajet, une seule question tournait dans sa tête :
Pourquoi ?
Pourquoi lui ?
Pourquoi maintenant ?
Et surtout...
Pourquoi ce groupe semblait-il connaître son avenir ?
Lorsqu'il arriva chez lui, Joël jouait à un jeu sur son téléphone.
— Tu as la tête de quelqu'un qui a vu un fantôme.
Kevin resta silencieux.
Puis tendit son téléphone.
Joël regarda.
Son sourire disparut immédiatement.
— Hé...
Puis encore :
— Hééé...
Puis enfin :
— Héééééééééé !!!
Même pour Joël, spécialiste des blagues inutiles, la situation n'avait rien de drôle.
— C'est quoi ça ?
— Je ne sais pas.
— Qui a fait ça ?
— Je ne sais pas.
— Tu connais ce village Minlaaba ?
— Non.
Le silence s'installa.
Puis Joël murmura :
— Frère...
Quitte ce groupe.
Kevin regarda son ami.
Puis regarda son téléphone.
Et appuya sur :
Quitter le groupe.
Une fenêtre apparut.
Impossible de quitter cette conversation.
Le sang de Kevin se glaça.
— Hein ?
Il réessaya.
Encore.
Encore.
Même message.
Impossible.
— Ce n'est pas normal.
Joël prit le téléphone.
Essaya lui-même.
Même résultat.
— Ça là...
Ça ne vient pas de WhatsApp.
Pour la première fois depuis le début...
Kevin sentit une véritable peur.
Pas de l'inquiétude.
Pas du doute.
De la peur.
Une peur froide.
Celle qui se glisse dans le ventre.
Et refuse d'en sortir.
La nuit tomba.
Vers 23h45...
Kevin décida de dormir.
Ou du moins d'essayer.
Mais le sommeil refusait de venir.
Chaque fois qu'il fermait les yeux...
Il revoyait la tombe.
Son nom gravé dessus.
Comme si quelqu'un avait déjà écrit la fin de son histoire.
Puis minuit sonna.
D**G.
D**G.
D**G.
À cet instant précis...
Son téléphone vibra.
Une fois.
Puis deux.
Puis dix.
Puis vingt.
Le groupe WhatsApp explosait de messages.
Kevin ouvrit.
Et sentit immédiatement un frisson parcourir son corps.
Parce que les messages étaient différents.
Très différents.
Les membres ne parlaient plus comme d'habitude.
Ils semblaient discuter entre eux.
Comme s'ils avaient oublié sa présence.
Papa Simon :
Le temps approche.
Maman Adèle :
Il commence à comprendre.
Grand Pierre :
Trop tôt.
Papa Simon :
Il devait savoir.
Grand Pierre :
Pas avant la cérémonie.
Le cœur de Kevin accéléra.
Quelle cérémonie ?
Puis un nouveau message apparut.
Un message qui ne lui était manifestement pas destiné.
Qui apportera son nom au carrefour ?
Le silence suivit.
Puis quelqu'un répondit.
Le Veilleur.
Kevin fronça les sourcils.
Le Veilleur ?
Qui était encore ce personnage ?
Puis soudain...
Une photo fut envoyée dans le groupe.
Une photo prise de nuit.
Très sombre.
Très floue.
Mais suffisamment nette pour distinguer quelque chose.
Ou plutôt quelqu'un.
Kevin.
Kevin endormi dans sa chambre.
Le téléphone lui tomba presque des mains.
Parce qu'il reconnaissait immédiatement son lit.
Son mur.
Sa couverture.
C'était lui.
Pris en photo quelques minutes auparavant.
Alors qu'il était seul.
Complètement seul.
— JOËL !
Son Voisin surgit en sursaut.
— Quoi encore ?
Kevin lui montra l'image.
Le visage de Joël devint blanc.
Très blanc.
— Qui a pris ça ?
— Je ne sais pas.
— Les portes étaient fermées ?
— Oui.
— Les fenêtres ?
— Oui.
Le silence tomba.
Puis un nouveau message arriva.
Le Veilleur est déjà proche.
Puis un autre.
Ne regarde jamais derrière toi lorsque tu entendras trois coups à la fenêtre.
Kevin sentit sa gorge se nouer.
Et à cet instant précis...
TOC.
Un coup contre la fenêtre.
Kevin et Joël se figèrent.
TOC.
Deuxième coup.
Puis...
TOC.
Troisième coup.
Le silence devint absolu.
Personne n'osa bouger.
Personne n'osa respirer.
Et lentement...
Très lentement...
Une ombre commença à apparaître derrière la vitre.

A Suivre…

Vous entendez trois coups à votre fenêtre à minuit après avoir reçu cet avertissement... regardez-vous dehors ?

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LE GROUPE WHATSAPP DES MORTSÉPISODE 3 : LE CHÉRI DE LA CHANCEPendant toute la nuit...Kevin ne dormit presque pas.Les bil...
21/08/2026

LE GROUPE WHATSAPP DES MORTS

ÉPISODE 3 : LE CHÉRI DE LA CHANCE

Pendant toute la nuit...
Kevin ne dormit presque pas.
Les billets étaient là.
Posés sur la petite table en plastique de sa chambre.
700 000 FCFA.
Chaque fois qu'il ouvrait les yeux...
Il regardait l'argent.
Et chaque fois...
Il avait peur que tout disparaisse.
Comme un rêve.
Mais au petit matin...
Les billets étaient toujours là.
Bien réels.
Bien propres.
Bien comptés.
Joël aussi les regardait.
Depuis une heure.
— Frère...
— Quoi ?
— Si tu me laisses seul avec cet argent...
Je ne garantis pas ma sainteté.
Kevin éclata de rire.
— Sorcier.
— Non.
Pauvre.
C'est différent.
Les deux rirent.
Mais au fond...
Même Joël semblait nerveux.
Parce rien dans cette histoire n'était normale.
Les jours suivants furent incroyables.
Pour la première fois depuis longtemps...
Kevin respirait.
Il paya ses frais universitaires.
Répara son ordinateur.
Remboursa plusieurs dettes.
Envoya même de l'argent à sa mère au village.
Lorsque sa mère l'appela...
Elle pleura au téléphone.
— Mon fils...
Comment as-tu trouvé tout ça ?
Kevin hésita.
Puis répondit :
— Une opportunité.
Ce n'était pas totalement faux.
Mais ce n'était pas totalement vrai non plus.
Le groupe WhatsApp continuait d'envoyer des messages.
Toujours précis.
Toujours étranges.
Un jour :
Achète les actions de cette entreprise.
Kevin obéit.
Deux semaines plus t**d...
Leur valeur doubla.
Un autre jour :
Va au Carrefour Bonamoussadi à 16h12.
Tu rencontreras quelqu'un.
Et effectivement...
À 16h12 précises...
Il croisa un entrepreneur qui cherchait un assistant informatique.
Mission ponctuelle.
Bien payée.
Comme si l'univers entier travaillait désormais pour lui.
Comme si la chance avait décidé de l'adopter.
Très vite...
Les changements devinrent visibles.
Nouveaux vêtements.
Nouveau téléphone.
Nouvelle assurance.
Kevin n'était pas encore riche.
Mais il n'était plus pauvre.
Et à Douala...
La différence se remarque rapidement.
Très rapidement.
— Kevin a changé hein.
— Kevin Bois maintenant dans les snacks climatisés.
— Kevin se déplace même régulièrement en YANGO.
Les commentaires circulaient.
Les rumeurs aussi.
Certaines personnes parlaient de business.
D'autres de cryptomonnaies.
D'autres de Scam.
D'autres encore de chance.
Personne n'imaginait la vérité.
Et Kevin préférait que cela reste ainsi.
Pourtant...
Quelque chose commençait à changer en lui.
Doucement.
Très doucement.
Il passait désormais plusieurs heures par jour dans le groupe.
À lire les conversations.
Parce qu'elles étaient fascinantes.
Les membres semblaient tout savoir.
Absolument tout.
Un ministre allait être remplacé.
Ils le savaient.
Une entreprise allait faire faillite.
Ils le savaient.
Un accident allait se produire.
Ils le savaient aussi.
Comme si le futur leur appartenait.
Mais un détail continuait de déranger Kevin.
Les photos de profil.
Toujours ces images en noir et blanc.
Toujours ces visages anciens.
Toujours cette impression étrange.
Un soir...
Par curiosité...
Il décida d'agrandir une photo.
Celle de Papa Simon.
Le visage apparut plus clairement.
Un homme âgé.
Très âgé.
Vêtu d'un costume ancien.
Quelque chose dans cette image lui sembla familier.
Très familier.
Puis soudain...
Il se souvint.
La bibliothèque universitaire.
Quelques mois auparavant.
Il avait consulté un vieux livre consacré aux villages du Littoral.
Et il était presque certain d'avoir déjà vu ce visage.
La même moustache.
Le même regard.
Le même costume.
Une sueur froide apparut dans son dos.
— Impossible...
Le lendemain.
Il se rendit à la bibliothèque.
Après plusieurs recherches...
Il retrouva enfin le livre.
Puis commença à tourner les pages.
Une page.
Deux pages.
Dix pages.
Et soudain...
Son cœur s'arrêta.
Parce que la photographie était là.
Exactement la même.
Papa Simon.
Même visage.
Même posture.
Même photo.
Sous l'image figurait une légende.
"Simon Ndzié.
Chef traditionnel du village Minlaaba.
Décédé en 1984."
Kevin sentit sa gorge se serrer.
— Non...
Ses mains tremblaient légèrement.
Il prit immédiatement son téléphone.
Puis retourna dans le groupe.
Papa Simon était en ligne.
En ligne.
À cet instant précis.
Le jeune homme fixa l'écran.
Longtemps.
Très longtemps.
Puis un nouveau message apparut.
Comme si l'expéditeur lisait ses pensées.
Tu cherches des réponses.
Kevin avala difficilement sa salive.
Puis tapa :
Qui êtes-vous ?
Quelques secondes passèrent.
Puis le groupe entier sembla s'animer.
Un message.
Puis deux.
Puis dix.
Puis vingt.
Tous écrivaient en même temps.
Et tous répétaient exactement la même phrase.
Nous sommes ta famille.
Nous sommes les Héritiers de Minlaaba.
Nous t'attendions depuis longtemps.
Puis soudain...
Toutes les photos de profil disparurent.
Une seconde.
Deux secondes.
Avant d'être remplacées par une seule image.
Une tombe.
Et dessus...
Un nom.
Le nom de Kevin.
Avec une date gravée en dessous.
Une date située exactement...
Dans trente jours.

A Suivre…

🔥 Si vous découvriez votre propre tombe affichée sur WhatsApp avec une date précise, que feriez-vous ?

❤️ Likez si le mystère devient de plus en plus inquiétant.

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LE GROUPE WHATSAPP DES MORTSÉPISODE 2 : LES NUMÉROS IMPOSSIBLESKevin resta immobile au milieu du carrefour.Autour de lui...
20/08/2026

LE GROUPE WHATSAPP DES MORTS

ÉPISODE 2 : LES NUMÉROS IMPOSSIBLES

Kevin resta immobile au milieu du carrefour.
Autour de lui, les gens couraient dans tous les sens.
Le moto-taximan gémissait.
Des curieux filmaient déjà avec leurs téléphones.
Comme toujours.
En Afrique, lorsqu'il se passe quelque chose...
Il y a toujours quelqu'un pour sortir son téléphone avant même de proposer son aide.
— Hééé ! Appelez une ambulance ! Arrêtez un taxi !
Cria une femme.
Kevin entendait les voix.
Mais son attention restait bloquée sur son écran.
Le message.
"Nous t'avions prévenu."
À cet instant précis...
Une question traversa son esprit.
Et si ce n'était pas un hasard ?
Il secoua immédiatement la tête.
— Non.
Impossible.
Il devait exister une explication.
Une coïncidence.
Un coup de chance.
Autre chose.
N'importe quoi.
Pourtant...
Le malaise demeurait.
Le reste de la journée, il tenta d'oublier.
Mais impossible.
Le groupe WhatsApp revenait constamment dans ses pensées.
Et puis il y avait ces numéros.
7
14
22
31
39
Des numéros donnés avec une assurance troublante.
Vers 16 heures, alors qu'il marchait près du marché Mboppi...
Il passa devant un kiosque PMUC.
Et s'arrêta.
Simplement pour regarder.
— Tu veux jouer, patron ?
Demanda le gérant.
Kevin hésita.
Puis éclata de rire.
— De toute façon, 500 francs ne vont pas me rendre plus pauvre.
Le gérant approuva.
— Voilà un vrai philosophe Camerounais.
Quand on est déjà pauvre, on ne peut plus descendre beaucoup.
Les deux rirent.
Quelques minutes plus t**d...
Kevin validait le ticket.
Mise :
500 FCFA.
Pas un franc de plus.
Exactement comme indiqué dans le groupe.
Puis il rentra chez lui.
Sans grande conviction.
Le lendemain matin...
Son téléphone vibra alors qu'il dormait encore.
Une notification PMUC.
Kevin ouvrit les yeux.
Puis consulta machinalement l'écran.
Et resta figé.
Parce qu'il venait de gagner.
Pas une fortune.
Mais suffisamment pour le faire asseoir brusquement sur son lit.
247 000 FCFA.
— Hein ?!
Joël tomba presque de sa chaise.
— Pourquoi tu cries comme ça ?
Kevin lui tendit l'écran.
Le silence dura plusieurs secondes.
Puis :
— Hééééé Jésus de Nazareth !
— Exactement.
— Tu as volé ?
— Non !
— Tu as escroqué quelqu'un ?
— Non !
— Alors explique.
Kevin hésita.
Puis raconta rapidement l'histoire du groupe.
Plus il parlait...
Plus le visage de Joël changeait.
— Frère.
— Quoi ?
— Ça là, ça ne sent pas bon.
— Pourquoi ?
— Parce que quand l'argent arrive trop facilement...
Quelqu'un paie toujours la facture.
Cette remarque fit rire Kevin.
— Tu regardes trop de films.
— Et toi pas assez.
Mais malgré la plaisanterie...
Un léger doute venait de naître.
Quelques heures plus t**d...
Le groupe WhatsApp s'anima de nouveau.
Papa Simon :
Nous voyons que tu as suivi les instructions.
Kevin répondit immédiatement.
Qui êtes-vous ?
Aucune réponse.
À la place...
Un nouveau message apparut.
Demain à 14h27.
Une femme laissera tomber une enveloppe devant la boulangerie du Rond-Point Deido.
Ramasse-la.
Kevin fronça les sourcils.
— Ils recommencent.
Puis un autre message suivit.
N'ouvre pas l'enveloppe avant 18 heures.
Cette fois...
Il sentit une irritation monter.
— Ils se prennent pour qui exactement ?
Mais au fond...
Sa curiosité était déjà réveillée.
Le lendemain.
14h25.
Kevin se trouvait devant la boulangerie.
Juste pour vérifier.
Rien de plus.
Du moins, c'est ce qu'il se répétait.
Deux minutes plus t**d...
Une femme élégamment habillée sortit du magasin.
Elle traversa la route.
Puis une enveloppe tomba discrètement de son sac.
Exactement comme annoncé.
Le cœur de Kevin accéléra.
Cette fois...
La coïncidence devenait difficile à défendre.
Il ramassa l'enveloppe.
Puis regarda autour de lui.
La femme avait disparu.
Comme évaporée.
— Bizarre...
L'enveloppe était épaisse.
Très épaisse.
Mais il se souvint du message.
Ne pas ouvrir avant 18 heures.
Toute l'après-midi...
Il résista.
Difficilement.
Très difficilement.
À 17h58...
Il regardait déjà l'horloge.
À 17h59...
Il tenait l'enveloppe dans ses mains.
À 18h00 précises...
Il l'ouvrit.
Et son souffle se coupa.
À l'intérieur.
Des billets.
Uniquement des billets.
Des billets de 10 000 FCFA.
Beaucoup de billets.
Beaucoup Trop.
Kevin compta.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
700 000 FCFA.
Sept cent mille francs.
Le jeune homme s'assit brutalement.
Son cerveau refusait de fonctionner.
— Ce n'est pas réel.
Mais l'argent était bien là.
Bien réel.
Son téléphone vibra.
Un nouveau message.
Ce n'est que le début.
Puis un second.
Les héritiers de Minlaaba récompensent toujours les leurs.
Pour la première fois...
Kevin ne demanda plus qui ils étaient.
Parce qu'une autre question venait de naître.
Une question beaucoup plus dangereuse.
Combien pouvait-il gagner ?
Et quelque part...
Très loin de Douala...
Dans un ancien village envahi par la forêt...
Un téléphone posé sur une tombe se mit soudain à vibrer.
Puis l'écran s'alluma tout seul.
Et un nouveau message apparut dans le groupe :
L'héritier commence à croire.

A Suivre…

🔥 Vous trouvez une enveloppe contenant 700 000 FCFA exactement comme prédit par un inconnu... vous gardez l'argent ou vous le rendez ?

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 ÉPISODE 1 : AJOUTÉ PAR ERREURDouala.Quartier PK13.17h42.Le soleil commençait à descendre lentement derrière les immeubl...
20/08/2026



ÉPISODE 1 : AJOUTÉ PAR ERREUR

Douala.
Quartier PK13.
17h42.
Le soleil commençait à descendre lentement derrière les immeubles poussiéreux.
Kevin était assis devant sa chambre d'étudiant.
Une petite chambre.
Très petite.
Le genre de chambre où le lit touche presque le réchaud.
Et où lorsqu'on ouvre la porte...
On est déjà à moitié dehors.
Depuis trois jours...
Son compte Mobile Money affichait exactement :
1 250 FCFA.
Mille deux cent cinquante francs.
Autrement dit...
La misère avec les notifications.
Kevin soupira.
— Hé Seigneur...
Même le garagiste du quartier est plus riche que moi.
Son Voisin Joël éclata de rire.
— Toi aussi, tu veux être milliardaire en une semaine comme les influenceurs TikTok ?
— Même millionnaire me suffit.
— Commence déjà par payer ta dette de pain haricot.
— Sorcier.
Les deux rirent.
Mais au fond...
Kevin était inquiet.
Très inquiet.
Les frais universitaires approchaient.
Sa mère au village n'avait plus les moyens.
Son père était décédé depuis plusieurs années.
Et les petits boulots devenaient rares.
Son téléphone vibra.
Il regarda distraitement l'écran.
Une notification WhatsApp.
Vous avez été ajouté au groupe.
Kevin fronça les sourcils.
— Hein ?
Il ouvrit immédiatement l'application.
Et découvrit un groupe qu'il n'avait jamais vu.
Nom :
LES HÉRITIERS DE MINLAABA
Photo du groupe :
Une vieille case traditionnelle.
Prise en noir et blanc.
Très ancienne.
Presque inquiétante.
— C'est quoi encore ça ?
Murmura-t-il.
Le groupe comptait exactement :
27 participants.
Tous possédaient des photos de profil en noir et blanc.
Tous.
Pas une seule image couleur.
Pas une seule photo moderne.
Kevin parcourut rapidement la liste.
Des noms étranges.
Papa Simon.
Maman Adèle.
Oncle Moïse.
Grand Pierre.
Minko.
Abega.
Ewane.
Des noms qui ressemblaient davantage à ceux d'un village qu'à ceux d'un groupe WhatsApp.
Puis un message apparut.
Un numéro inconnu.
Bienvenue Kevin.
Le jeune homme sursauta.
Parce qu'il n'avait encore rien écrit.
Un second message arriva.
Nous t'attendions.
Cette fois...
Il sentit un léger malaise.
— Attendez quoi ?
Tapa-t-il.
Les réponses arrivèrent presque instantanément.
Ton arrivée.
Tu es enfin là.
Le dernier héritier.
Kevin éclata de rire.
— Ah vous êtes fous.
Joël regarda son écran.
— C'est quoi ?
— Des vieux qui ont créé un groupe bizarre.
Puis Kevin écrivit :
Je pense que vous vous êtes trompés de personne.
Quelques secondes passèrent.
Puis un message apparut.
Non.
Nous ne nous trompons jamais.
Le rire de Kevin diminua légèrement.
Quelque chose dans cette réponse lui déplaisait.
Puis un autre message arriva.
Cette fois signé :
Papa Simon
Kevin.
Demain à 10h13 exactement.
Le taxi jaune devant la pharmacie du carrefour renversera un moto-taximan.
N'interviens pas.
Le jeune homme resta immobile.
Puis explosa de rire.
— Voilà les marabouts numériques maintenant !
Même Joël riait.
— Demande-leur les numéros du PMUC pendant qu'on y est.
— Bonne idée.
Kevin tapa aussitôt :
Puisque vous connaissez l'avenir, donnez-moi les numéros du loto.
Le groupe resta silencieux.
Quelques secondes.
Puis un message apparut.
7
14
22
31
39
Et juste en dessous :
Mise : 500 FCFA.
Pas plus.
Kevin secoua la tête.
— Les vrais comédiens.
Puis il quitta l'application.
Sans y penser davantage.
Le lendemain matin.
10h10.
Kevin se trouvait justement près du carrefour indiqué.
Par hasard.
Il attendait un ami.
Puis il regarda sa montre.
10h12.
Et soudain...
Un étrange souvenir lui revint.
Le message.
10h13.
Il sourit.
— On va voir leur prophétie.
Puis exactement une minute plus t**d...
Un taxi jaune surgit.
Une moto arriva dans l'autre sens.
CRAAAAAASH !
Le choc fut brutal.
Les passants crièrent.
Le moto-taximan roula sur plusieurs mètres.
Kevin resta figé.
Parce que tout venait de se produire.
Exactement.
À la minute près.
Son téléphone vibra.
Un nouveau message du groupe.
Nous t'avions prévenu.
Pour la première fois...
Kevin ne riait plus.
Puis un second message arriva.
Joue les numéros aujourd'hui.
Après il sera trop t**d.
Le jeune homme fixa l'écran.
Longuement.
Très longuement.
Puis il murmura :
— Qui êtes-vous exactement ?
Mais cette fois...
Personne ne répondit.

A Suivre…

🔥 Et vous, accepteriez-vous de rester dans un groupe WhatsApp capable de prédire l'avenir ?

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Au Cameroun, comme partout en Afrique...Les anciens disent souvent :"Lorsque le cadeau est trop beau, regarde d'abord la...
20/08/2026

Au Cameroun, comme partout en Afrique...
Les anciens disent souvent :

"Lorsque le cadeau est trop beau, regarde d'abord la main qui le tend."

Car derrière chaque faveur se cache parfois une dette.
Derrière chaque richesse...
Un prix.
Et derrière certains groupes WhatsApp...
Quelque chose de bien plus ancien que la technologie.
Quelque chose qui existait déjà avant Internet.
Avant les téléphones.
Avant même les routes.
Quelque chose qui attend depuis longtemps...
Très Très longtemps...

🔥 Une nouvelle Chronique exceptionnelle sur Kuna Mito - La parole des Ancêtres.

📖 LE GROUPE WHATSAPP DES MORTS
Une histoire de mystères africains.
Une histoire de traditions ancestrales.
Une histoire de richesse facile.
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Une histoire qui pourrait vous faire regarder votre téléphone autrement...

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19/08/2026

Merci infiniment à tous d'avoir suivi Arielle, tout au long de cette autre aventure Kuna Mito - La Parole Des Ancêtres.
Il faut avouer que j'ai trimé pour en écrire les derniers épisodes, mais bon j'espère que vous avez globalement apprécié.
Rendez-vous très très vite pour une autre aventure...

 ÉPISODE 15 : L’ENFANT QUE PERSONNE N’AVAIT MIS AU MONDE04 h 04.L’horloge s’arrêta.Exactement comme Madeleine l’avait an...
19/08/2026



ÉPISODE 15 : L’ENFANT QUE PERSONNE N’AVAIT MIS AU MONDE

04 h 04.
L’horloge s’arrêta.
Exactement comme Madeleine l’avait annoncé.
L’aiguille des secondes resta immobile.
Le ventilateur s’arrêta.
Les lumières s’éteignirent.
Et pendant quelques secondes…
Plus aucun bruit ne traversa la maternité.
Pas même la pluie.
Arielle se tenait au milieu de l’ancienne salle d’accouchement.
Dans ses bras, le bébé ne pleurait pas.
Il regardait simplement devant lui.
Esther se tenait derrière Arielle.
L’inspecteur et le docteur Mvondo étaient restés près de la porte.
Patrick et Sandrine avaient été conduits dans une pièce voisine, sous surveillance.
Arielle regarda la vieille salle.
C’était ici que tout avait recommencé.
C’était ici que les horloges s’étaient arrêtées.
Et c’était ici que tout devait prendre fin.
Elle posa le bébé dans le berceau.
Puis elle sortit le médaillon.
La chaîne glissa doucement entre ses doigts.
— Que dois-je faire ?
Esther répondit :
— Rien que les Sept auraient fait.
Arielle se retourna.
— C'est-à-dire ?
— Ils auraient choisi à ta place.
Arielle comprit.
Elle prit le carnet.
Les sept photographies étaient toujours là.
Samuel.
Augustin.
Joseph.
Emmanuel.
Pierre.
André.
Clément.
Puis elle regarda la huitième place.
Vide.
Elle posa lentement sa main dessus.
— Mon père voulait que je choisisse.
Esther hocha la tête.
— Oui.
— Alors je choisis.
Elle prit la clé noire.
La plaça contre le médaillon.
Un déclic retentit.
Le médaillon s'ouvrit.
À l'intérieur…
Seulement un petit morceau de papier plié.
Arielle le déplia.
Une phrase.
Écrite à la main.
L'écriture de Joseph.
Elle la reconnut immédiatement.
Ses lèvres tremblèrent.
« Ma fille, si tu lis ceci, c'est que je n'ai pas réussi à terminer ce que j'ai commencé. »
Arielle sentit les larmes couler.
Elle continua.
« Je t'ai protégée non parce que tu étais destinée à devenir gardienne, mais parce que je voulais que tu sois la première à pouvoir dire non. »
Elle ferma les yeux.
Puis lut la dernière phrase.
« Le huitième gardien n'est pas celui qui protège le secret. C'est celui qui accepte de le révéler. »
Le papier glissa de ses doigts.
Esther pleurait silencieusement.
— Pourquoi ne m'avoir jamais dit tout cela ?
— Parce que ton père me l'avait demandé.
— Jusqu'à aujourd'hui ?
— Jusqu'à ce que l'enfant revienne.
Un bruit résonna derrière eux.
CLAC.
La porte principale venait de se verrouiller.
L'inspecteur se retourna.
— Nous sommes enfermés.
Esther regarda l'horloge.
04 h 04.
Puis elle murmura :
— Non.
Elle regarda Arielle.
— Nous sommes protégés.
Un courant d'air traversa soudain la pièce.
La flamme de la petite lampe vacilla.
Et dans le couloir…
Une silhouette apparut.
Une femme.
Arielle sentit son cœur s'arrêter.
— Madeleine…
La silhouette ne répondit pas.
Elle avança lentement.
Puis s'arrêta devant le vieux berceau.
Le bébé ouvrit les yeux.
La femme posa une main sur le bois.
Et, pour la première fois, Arielle remarqua quelque chose.
La femme portait le même médaillon.
Mais le sien était fermé.
Elle regarda Arielle.
Puis le bébé.
Puis les sept photographies.
Et elle disparut.
Pas dans un éclair.
Pas dans un nuage.
Simplement…
Elle n'était plus là.
Le docteur Mvondo resta bouche bée.
— Qu'est-ce que c'était ?
Esther répondit :
— La dernière gardienne qui attendait que son serment soit terminé.
Soudain…
Un bruit de pas retentit dans le couloir.
L'inspecteur leva son arme.
Trois silhouettes apparurent.
Les hommes qui avaient attaqué la maternité.
Mais cette fois…
Ils n'avaient pas d'armes.
Ils avançaient lentement.
Derrière eux se trouvait l'homme aux cheveux grisonnants.
Sa canne d'ébène frappait le sol.
Toc.
Toc.
Toc.
Il regarda Arielle.
— Donnez-moi l'enfant.
Arielle ne bougea pas.
— Pourquoi ?
L'homme sourit.
— Parce que vous ne comprenez pas ce que vous détenez.
Arielle regarda le bébé.
— Au contraire.
Elle releva les yeux.
— Je comprends enfin.
L'homme s'approcha.
— Vous êtes la huitième gardienne.
Arielle secoua la tête.
— Non.
Il s'arrêta.
— Quoi ?
Arielle prit le carnet.
Puis déchira la page contenant le serment des Sept.
L'homme devint livide.
— Qu'est-ce que vous faites ?
Arielle regarda Esther.
Puis son père.
Puis les sept photographies.
— Je rends aux morts ce qui leur appartient.
Elle déposa les photographies dans le berceau.
Puis elle prit le médaillon.
— Et je rends à cet enfant ce qui lui appartient.
Elle posa le médaillon autour du cou du bébé.
Puis elle prononça simplement :
— La liberté.
À cet instant…
Toutes les horloges de la maternité se remirent à fonctionner.
04 h 05.
Une seconde.
Puis une autre.
Le courant revint.
Les lumières s'allumèrent.
La pluie recommença à frapper les vitres.
L'homme aux cheveux grisonnants recula.
Son visage avait changé.
Comme si quelque chose venait de lui être retiré.
— Non…
Il regarda les sept photographies.
— Le serment…
Esther répondit :
— Il est terminé.
L'homme tomba à genoux.
Les trois autres hommes reculèrent.
L'inspecteur les arrêta sans qu'un seul coup de feu ne soit tiré.
Mais Arielle ne les regardait déjà plus.
Elle regardait le bébé.
Pour la première fois depuis le début…
Il pleurait.
Un véritable cri de nouveau-né.
Arielle sourit à travers ses larmes.
Elle le prit contre elle.
Et murmura :
— Tu peux pleurer maintenant.
Esther s'approcha.
— Pourquoi ?
Arielle regarda l'enfant.
— Parce que personne ne te cherche plus.
Un silence.
Puis Esther sourit.
Un sourire profondément triste.
— Alors c'est terminé.
Arielle secoua doucement la tête.
— Non.
Elle regarda le vieux berceau.
— Ce n'est pas terminé.
Puis elle ajouta :
— C'est enfin commencé.
…………………………….
Six mois plus t**d.
Yaoundé.
Arielle était assise dans le salon de sa maison.
Le bébé dormait contre Patrick.
Sur une étagère, le carnet de Samuel était posé.
Ouvert.
Mais ses pages étaient désormais vierges.
Les sept photographies avaient disparu.
À leur place…
Une seule photographie.
Celle d'Arielle.
Et derrière elle…
Une inscription écrite de la main de Joseph :
« Huitième gardienne. Première femme libre. »
Patrick regarda sa femme.
— Tu penses encore à tout ça ?
Arielle sourit.
— Tous les jours.
— Tu regrettes ?
Elle regarda leur enfant.
Puis répondit :
— Non.
Un silence.
— Tu sais ce qui est étrange ?
— Quoi ?
Arielle regarda l'horloge.
03 h 03.
Elle ne s'arrêta pas.
Elle continua normalement.
Arielle sourit.
— Avant, je pensais que le mystère était de savoir d'où venait cet enfant.
Patrick la regarda.
— Et maintenant ?
Elle prit doucement le bébé dans ses bras.
— Maintenant je comprends que ce n'était pas la bonne question.
— Quelle était la bonne ?
Arielle regarda son fils.
— Pourquoi personne ne l'avait mis au monde.
Patrick fronça les sourcils.
Elle sourit.
— Parce qu'il n'était pas destiné à naître d'un secret.
— Il devait naître d'un choix.
Dehors, le vent souffla doucement dans les arbres.
Pendant une fraction de seconde…
Arielle crut apercevoir une femme en kaba bleu au bout de la rue.
Elle cligna des yeux.
La silhouette avait disparu.
Elle regarda son enfant.
Il dormait paisiblement.
Et cette fois…
Aucune horloge ne s'arrêta.

FIN.

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