23/08/2026
Je ne sais pas si j'ai finalement eu le syndrome de la haine de l'humanité...
🤔
Je crois plutôt que j’ai peur de ce qu’elle devient lorsqu’elle oublie qu’elle est humaine.
Je regarde notre époque et quelque chose me trouble profondément. Nous n’avons jamais eu autant de connaissances, de technologies, de moyens de communiquer, de produire et de transformer le monde. Pourtant, nous continuons à détruire, dominer, exploiter, exclure. Nous perfectionnons l’intelligence de nos machines sans être certains d’avoir élevé notre propre conscience. Alors je me demande : à quel moment nous sommes-nous perdus ?
Peut-être que la crise que nous traversons n’est pas seulement politique, économique ou écologique. Peut-être est-elle aussi spirituelle. Une crise de notre rapport à l’autre, au vivant, à la mémoire, à ce qui nous dépasse. Nos anciens savaient peut-être quelque chose que nous oublions : un être humain ne commence pas avec lui-même et ne se termine pas avec lui-même. Nous sommes les héritiers de ceux qui nous ont précédés et les ancêtres de ceux qui viendront après nous.
Cela devrait changer notre manière d’habiter le monde.
La terre que nous détruisons n’est pas seulement une ressource.
La mémoire que nous effaçons n’est pas seulement du passé.
L’enfant que nous abandonnons n’est jamais complètement l’enfant des autres.
Nous avons la responsabilité les uns aux autres, même lorsque nous refusons de l’admettre.
Mais je ne crois pas non plus que l’être humain soit naturellement bon. Il porte en lui la lumière et la violence, la générosité et la domination. La véritable bataille se joue peut-être là : dans ce que chacun choisit de nourrir.
Et moi, je refuse que la violence du monde décide de l’homme que je dois devenir.
Je refuse que la cruauté des autres devienne une autorisation à devenir cruel. Je refuse que l’égoïsme général justifie le mien. Je refuse surtout de m’habituer à l’inacceptable.
Peut-être est-ce aussi pour cela que je crée...
Pour regarder.
Pour garder des traces.
Pour questionner.
Pour transmettre.
Une œuvre ne changera peut-être pas le monde. Mais elle peut empêcher une mémoire de disparaître, réveiller une conscience, introduire une question là où tout semblait déjà décidé.
Je ne suis donc ni optimiste ni pessimiste....
Je suis inquiet.
Et peut-être qu’être encore inquiet dans un monde qui apprend à s’habituer à tout est déjà une forme de résistance.
Je ne hais pas l'humanité.
J'aime l'humanité.
Je n’abandonne pas l’humanité.
Je la regarde droit dans les yeux et je lui demande : Qu’est-ce que tu es en train de devenir ?
Et surtout : qu’allons-nous laisser derrière nous lorsque nous serons devenus les ancêtres de quelqu’un ?
MM.