06/08/2026
« Des fragments de matière aux totems du futur. »
Né en 2000 dans les terres ancestrales du royaume Bandjoun à l’Ouest du Cameroun, Staphenn (SIMO Augustin) sculpte le temps et la matière. Formé à l'Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba, il porte sur le monde un regard d'alchimiste, où les objets du quotidien, les textures et les formes deviennent le théâtre d'une constante métamorphose. Il est membre fondateur du collectif « Octopus’ ».
Par la sculpture d'assemblage, il s’approprie des fragments du réel pour réinventer des matériaux hétéroclites, insufflant une âme nouvelle à ce qui semblait oublié.
Au cœur de sa démarche réside le souffle d'un territoire où chaque ligne et chaque symbole sont habités de récits. Face à l'effacement progressif des mémoires ancestrales sous le poids d'une modernité d'emprunt, Staphenn crée dans l'espace des tensions. Ses figures totémiques hybridées, fragmentées et altérées ne figent pas la tradition dans la nostalgie ; elles incarnent des identités en pleine mutation, suspendues entre l'héritage d'hier et les miroirs du présent.
Dans son concept « Corps en tension » du projet « DYNÉLANCE », l’artiste propose ainsi des sculptures-installations explorant le corps africain pris dans les contradictions de l'occidentalisation. De « Totem disloqué » à « Résilience », les pièces mélent collage, peinture et matériaux réels pour donner corps à la tension entre héritage et modernité empruntée.
Pour l'artiste, créer est une poétique de la résilience et un acte de résistance. Sans condamner, son œuvre révèle les fractures et fait parler les silences d'un monde qui glisse loin de ses origines. En assemblant le passé et le contemporain, Staphenn réinvente un langage où l'identité n'est plus un retour en arrière, mais une lumière consciente capable d'embrasser l'avenir sans jamais se dissoudre.