10/07/2026
🔴 LA VOIX DE SOWETO 🔴
KOUMASSI CAMPEMENT : CE QU’IL FAUT RETENIR D’UNE AFFAIRE QUI CHOQUE ABIDJAN
Le 3 juin 2026, des bulldozers rasent près de 10 hectares du quartier Houphouët-Boigny, plus connu sous le nom de « Campement », à Koumassi. Des centaines de familles se retrouvent du jour au lendemain sans toit — en pleine saison des pluies, et au moment même où de nombreux jeunes de la commune préparaient leur baccalauréat.
Ce qu’on sait aujourd’hui, plus d’un mois après :
🏗️ L’instigateur présumé : l’opération a été menée à l’initiative d’un opérateur économique, Alloui Brou Jacques, qui se disait propriétaire de 34 hectares dans la zone. Mais un jugement contradictoire rendu le 14 avril 2025 par le tribunal d’Abidjan ne porte en réalité que sur une parcelle de moins de 5 000 m². Il est aujourd’hui placé sous mandat de dépôt et poursuivi pour troubles à l’ordre public, diffusion de fausses nouvelles et destruction volontaire d’immeubles.
⚖️ La mairie et le gouvernement se désolidarisent : dès le lendemain, la mairie de Koumassi a précisé que l’opération ne relevait pas d’une initiative municipale. La ministre de la Cohésion nationale, Myss Belmonde Dogo, a confirmé sur place que Koumassi Campement ne figurait sur aucune feuille de route officielle de déguerpissement.
🔍 Une enquête à plusieurs niveaux : l’Observatoire du Barreau de Côte d’Ivoire dénonce de graves irrégularités, notamment le fait que la décision de justice ne concernait que six personnes nommément désignées — pas des centaines de familles. La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) a ouvert le 18 juin un dossier sur les conditions d’acquisition de ces 34 hectares, s’interrogeant sur la façon dont un ancien adjoint au maire, chargé du domaine communal, a pu se retrouver propriétaire d’une surface représentant près de 4% du territoire de la commune.
🤝 La solidarité s’organise : la mairie a ouvert 8 sites d’accueil, dont des écoles et des églises. Le gouvernement a apporté une aide à 400 ménages fin juin. Des personnalités comme Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Simone Gbagbo ont pris position pour réclamer un relogement d’urgence et des réparations.
Ce qui reste en suspens : qui portera la responsabilité de cette catastrophe humaine et administrative ? Les propriétaires et locataires de Campement attendent toujours une solution durable, pendant que la justice et la HABG poursuivent leurs investigations.
Soweto suit ce dossier de près, parce que ce qui touche une commune sœur nous concerne tous. Restons vigilants et informés.