16/06/2026
POUR UN PANAFRICANISME INTELLECTUEL DE COMBAT
Réflexion adressée à nos Autorités Universitaires Académiques et Politiques
NB : Draft d'un texte rédigé pendant notre participation au Festival International des Littératures de Dakar (FILID) du 19 au 22 mai 2026.......
Un sujet important doit aujourd'hui obligatoirement mobiliser nos énergies dans une perspective de synergie d'actions, des volontés et capacités imaginatives. Nos légitimes combats pour la restitution de biens culturels africains volés ne doivent pas omettre ou occulter celui du retour ou de l'acquisition de copies des travaux universitaires ou des livres écrits par les premières élites intellectuelles africaines ayant produit des mémoires ou thèses de doctorat pendant leurs études dans les universités occidentales ou ailleurs dans le monde comme en Russie ou en Chine. Il est urgent d'en faire l'inventaire exhaustif afin d'acquérir des copies de ces travaux pour nos bibliothèques et archives nationales. Et ce dans tous les domaines du savoir et de la connaissance scientifique. Il y a des trésors où ont été compilés d'importantes sources authentiques qui seront utiles en les mettant en perspective sur le temps long pour des travaux ou recherches menées aujourd'hui par la généreration actuelle et celle à venir de jeunes universitaires sensibilisés aux problématiques culturelles que pose la Renaissance Africaine en lien avec le Panafricanisme avec de plus en plus d'acuité. Je pense à des livres publiés par des maisons d'édition occidentales ou africaines mais installées en Occident pour des raisons d'efficacité ou de logistique.
Par exemple, en ce qui concerne le cas spécifique de la dense production intellectuelle de Cheikh Anta Diop éditée par la maison d'édition Présence Africaine, les ministères de la culture, de la recherche scientifique et de l'éducation nationale du Sénégal soutenu par l'Union Africaine, le CAMES, l'UNESCO et tous les mécènes ou philanthropes africains sensibles à ces questions pourraient prendre l'initiative de racheter les droits d'auteur de Cheikh Anta Diop à la maison d'édition Présence Africaine pour que ces livres soient co-édités par des maisons d'édition sur le continent pour rendre son œuvre accessible dans les librairies africaines et bibliothèques scolaires et universitaires, par les élites académiques ou intellectuelles et surtout la jeunesse qui s'intéressent de plus en plus aux questions combien d'actualité que son œuvre immense nous pose. J'ajoute également à cette liste les œuvres écrits par chercheurs non africains sur les cultures des sociétés africaines comme Marcel Griaule, Dominique Zahan etc. Il y va de la souveraineté culturelle de nos États dont le renouveau du Panafricanisme doit éveiller nos esprits à ces puissants enjeux qui influenceront notre destin collectif continental maintenant et dans les décennies à venir au moment où l'Afrique et sa population redeviennent des proie pour tous les impérialismes d'Ouest et d'Est en concurrence pour assurer l'avenir de leurs populations. Cette initiative est un impératif catégorique pour notre survie collective en tant que Peuple et Nation africaine.
SOSSIÉHI Imhotep MAÂT, coauteur de ‹‹ Zokou Gbeuly. Le Kanégnon ››, Éditions Les Classiques Ivoiriens, 2026