17/07/2025
Storytelling
Magloire Mpaka déploie une pratique plastique polymorphe, à la croisée du dessin, de la peinture, du film et de la photographie, dans laquelle il opère un travail de fouille, d’observation, d’arrangement et de réarrangement, orchestré le plus souvent par le maniement d’un appareil photographique et l’activation d’archives pour capter les contre-champs de l’histoire. La prédation capitaliste et la colonialité des cultures visuelles sont centrales dans son travail, dans lequel le collage a toujours été, quoique par touches, matriciel.
Avec Storytelling(2025), il revient sur une décennie de réflexion plastique, aux sources de son rapport à l’image, depuis un point de vue et une temporalité situés : son diplôme de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa en communication visuelle.
Outils de propagande de l’acmé du colonialisme, les affiches des grandes expositions coloniales sont aujourd’hui pour la plupart libres de droits d’exploitation – leurs figurants réduits à des choses. Les jeux de vêtement, le réordonnancement des mots, des nombres et des lieux produisent une chronologie brouillée où passé, présent et futur s’enchevêtrent et se répondent,
Par une triple archéologie, du médium, de la technique et de l’archive, il place le visiteur dans une zone de trouble et l’invite à naviguer les régimes visuels des exotismes d’hier comme de ceux projetés aujourd’hui.
Texte Aline Pighin chercheure au CIRESC (EHESS)
Merci à Jean Kamba, pour ses conseils.
Je tiens à remercier chaleureusement Éric Haegelsteen pour l’espace mis à disposition et la confiance accordée durant cette résidence d’un mois à PicMol, dédiée à la recherche et à la création.
Ma gratitude s’adresse également à Catheris Mondombo , ainsi qu’à mon frère Rodrigue Rodrigue Rutebuka, historien de l’art et anthropologue, dont la présence et l’assistance sur place m’ont été précieuses.
Je me réjouis d’intégrer deuxième publication à paraître.