01/10/2023
La philosophie du dos. Parfois laisser le dos se reposer
Les relations sexuelles ne sont pas des séances de sumo ou de catch. Faire l’amour ce n’est pas forcément multiplier les figures acrobatiques. Plus vulgairement, casser le kpêtou ce n’est pas se casser les os ou se contorsionner en des figures sexuelles insolites. Certains, pour prouver leur agilité et ingéniosité, veulent faire des prouesses physiques. Le dos est alors sollicité et la chambre à coucher devient un dojo, quand ce n’est pas la table qui se transforme en un tatami. Les courbatures et la douleur après l’acte sexuel sont pour eux signes du succès, preuves d’une sexualité épanouie. Faut être sadique ou masochistes pour croire que la souffrance vaut réussite de l’acte sexuel.
Solliciter à outrance le dos, dans des postures acrobatiques comme sur ces images, n’est pas sans risque ; le risque de se faire mal et de faire mal à l’autre. Le plus grand risque serait de rater ce que vise l’acte sexuel: la recherche du plaisir.
Si la recherche du plaisir est la visée de l’acte sexuel, il ne faut guère réduire cet acte à des positions sexuelles trop yogiques pour un sportif du dimanche. Trop de contorsions, trop d’efforts, trop de chose à faire nuisent au plaisir. D’ailleurs seuls les ignorants réduisent les relations sexuelles à la sollicitation dorsale ou musculaire. Une suite de va-et-vient douloureux dans le sexe n’est pas l’indice d’une bonne relation sexuelle. Bien au contraire, l’amour est un art nécessitant un art du sexe ouvert sur autre chose que les torsions corporelles. Les animaux peuvent se contenter de la sexualité brute, de la copulation mécanique, mais les hommes, doivent faire des choses de l’amour, une esthétique, un savoir-faire, une sagesse. Ce savoir-faire est fondé sur la simplicité et la tempérance : des câlins, des mots susurrés et non hurlés, des mordillages en remplacement des morsures.
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