17/09/2026
🔴 RDC : ENSEIGNEMENT, ÉCONOMIE, SÉCURITÉ… QUE RESTE-T-IL DE LA VIE NORMALE DANS LES ZONES SOUS CONTRÔLE DE L’AFC-M23 ?
La situation dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de provoquer de profondes conséquences pour la population civile. La prise de contrôle de plusieurs territoires et grandes villes par l’AFC-M23 a entraîné une modification importante du fonctionnement des institutions, de l’économie et de la vie quotidienne.
Le 20 août 2026, le gouvernement congolais a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu. Cette décision concerne notamment les inscriptions, les cours, les évaluations et les délibérations. Kinshasa explique cette mesure par la situation sécuritaire et par la nécessité de préserver la sécurité des étudiants et du personnel ainsi que la régularité des diplômes congolais.
Quelques semaines plus t**d, un document attribué à l’AFC-M23, daté du 15 septembre 2026, annonce à son tour la suspension des activités académiques dans les zones sous son administration.
🏫 Quand l’université devient elle aussi un terrain de confrontation
Ce qui inquiète particulièrement, c’est que les étudiants se retrouvent au milieu d'un bras de fer entre deux autorités revendiquant chacune une légitimité différente.
Pour une population déjà éprouvée par la guerre, la conséquence est concrète : des jeunes voient leur parcours universitaire perturbé, des familles doivent supporter davantage d'incertitude et des institutions cessent de fonctionner normalement.
💰 Une économie locale fortement perturbée
Dans les zones contrôlées par l’AFC-M23, des informations récentes font état d’un système parallèle de taxation touchant notamment les commerçants, les transporteurs, les marchés et certains échanges liés aux minerais. The New Humanitarian rapporte également la fermeture de nombreuses entreprises, les difficultés d’accès aux services bancaires et les perturbations du commerce.
Autrement dit, derrière les déclarations politiques et militaires, il y a des familles qui cherchent simplement à se nourrir, des commerçants qui tentent de maintenir leurs activités et des jeunes dont l’avenir devient incertain.
⚠️ Des accusations graves concernant les droits humains
La situation sécuritaire ne se limite pas aux questions administratives.
Human Rights Watch a documenté des arrestations arbitraires, recrutements forcés, violences contre des détenus et travail forcé attribués au M23 et aux forces rwandaises dans le cadre d'une enquête portant principalement sur la période allant de 2024 à décembre 2025. L'organisation affirme que certains de ces faits pourraient constituer des crimes de guerre et devraient faire l'objet d'enquêtes.
Human Rights Watch décrit également le M23 comme soutenu par le Rwanda et rapporte des déplacements forcés ainsi que d'autres abus contre les civils dans les zones touchées par le conflit.
Le rôle du Rwanda est lui-même au cœur d'une importante controverse régionale : Kigali rejette les accusations de soutien au M23, tandis que plusieurs organisations internationales et rapports documentent l'appui militaire rwandais au mouvement.
🇨🇩 Et derrière toutes ces décisions, il y a un peuple
Goma, Bukavu et les autres territoires affectés ne sont pas seulement des lignes sur une carte.
Ce sont des familles, des étudiants, des enseignants, des commerçants, des agriculteurs, des travailleurs et des enfants qui veulent vivre, étudier et travailler dans un environnement stable.
Même dans les situations de conflit, la population civile ne devrait pas être la principale victime des affrontements politiques et militaires.
👉 Notre position sur cette page de Mbjoyeux est simple : informer, documenter et donner la parole à la population, sans déshumaniser ceux qui souffrent de part et d'autre.
La question qui demeure est donc essentielle :
Combien de temps encore les populations de l'Est de la RDC devront-elles payer le prix de cette crise ?
🇨🇩 La paix, la sécurité, l'éducation et la dignité ne devraient pas être des privilèges. Elles doivent rester des droits pour tous les Congolais.
MBJOYEUX — La voix des sans voix.