02/19/2023
UN DIMANCHE • UNE ŒUVRE | En 1913, après des études en Europe, le peintre montréalais A. Y. Jackson s’installe à Toronto et partage un atelier avec Tom Thomson.
〰️ Au lendemain de la Première Guerre mondiale il se joint au Groupe des Sept. D’abord décriés puis acclamés par la critique, surtout après la British Empire Exhibition de 1924, les Sept jouiront au cours des années 1930 d’une véritable notoriété nationale.
〰️ Jackson, l’un des membres les plus influents du groupe, cherche à rassembler les artistes autour d’une vision commune, fondée sur la volonté de démocratiser l’art et de développer une peinture canadienne moderne, libérée de l’académisme européen.
〰️ Plus que tous les autres, il parcourt le Canada, à la fois pour en capter les aspects changeants et pour diffuser ses idées. Il est considéré comme le porte-parole du groupe et son lien avec le Canada français. Chaque printemps ramène le peintre au Québec, dans les Laurentides ou sur les rives du Saint-Laurent. Jour gris a été peint d’après une étude faite vers 1931 à Saint-Urbain, dans le comté de Charlevoix.
〰️ Jackson excelle à traduire la morphologie d’un paysage par plans successifs. Ici il étale jusqu’à l’horizon montagneux une campagne vallonnée, sillonnée par une petite route et semée de maisons et de bâtiments de ferme. Ce tableau rappelle l’influence de certains peintres scandinaves sur le Groupe des Sept. L’immensité de ce paysage construit par zones colorées, sans modelé ou presque, semble impossible à circonscrire dans les limites de la toile et devient une évocation de l’infini.
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Alexander Y. Jackson, «Jour gris, Laurentides», vers 1931.
MBAM, achat, fonds A. Sidney Dawes et legs Dr Francis J. Shepherd.