01/28/2022
Entrevue avec Carine Khalife - Directrice artistique des animations, illustratrice et animatrice du projet cadabra “La mer intérieure”
Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ?
🖌️ Depuis plus de 15 ans maintenant, mais l'animation a toujours été ma passion.
Qu'est-ce qui t’a le plus interpellée dans l’histoire de “La mer intérieure” ?
🖌️ Le scénario m’a énormément touchée. Je me suis automatiquement sentie concernée par l’histoire de cette famille de réfugiés climatiques. Lorsqu’on parle d'immigration, c'est quelque chose qui me touche beaucoup. Je l’ai vécu et mes parents avant moi. Ce qu’on laisse, et ce qu’on trouve, il y a des résonances, même si bien sûr le contexte et les enjeux étaient très différents.
Tu es reconnue comme une artiste visuelle pluridisciplinaire, qui combine le dessin, le design graphique, l'animation et la peinture. Comment décrirais-tu ta démarche artistique lorsqu'il s'agit de choisir les types de techniques à utiliser lorsque tu commences un nouveau projet ?
🖌️ Ma phase exploratoire implique toujours un travail à la main. Même si le résultat final est réalisé de façon numérique, je ressens toujours le besoin de manipuler, de toucher et d'essayer différentes techniques. Je commence par le dessin et si je ne trouve pas ce que je cherche, j'essaie la peinture et ainsi de suite. J’ai cette impression que l’image que je recherche existe déjà, qu’elle est enfouie quelque part et qu’il faut que j’aille la chercher, la révéler.
Comment es-tu arrivée à trouver la bonne technique ?
🖌️ Les matériaux ont été très importants dans la phase d’exploration pour ce projet. Pour “La mer intérieure,” j’ai fait beaucoup de dessins au crayon, puis à l’encre, mais je n’arrivais pas à obtenir l’effet désiré. Le déclic s'est finalement produit lorsque j'ai commencé à animer et utiliser l'aquarelle, cela correspondait parfaitement à ce que nous recherchions pour le court métrage.
Tu as opté pour l'animation image par image. Peux-tu nous en parler plus en détail?
🖌️ Il y a plusieurs techniques d’animation, mais ce qu’on trouvait intéressant c’était de voir la matière bouger directement sur le papier, l’aspect organique. Ça impliquait de peindre tout un mouvement sur la même page et de faire glisser la peinture image par image, plutôt qu’une image par page comme on fait dans l’animation traditionnelle. J’ai essayé une quinzaine de différents types de papiers avant de trouver celui qui pouvait supporter la peinture sur plus d’une vingtaine d’images, tout en gardant la beauté de la texture d’aquarelle sur le grain du papier.
As-tu rencontré des difficultés en cours de route ?
🖌️ La plupart des animations du film illustrent un paysage nocturne. Comme je ne pouvais pas peindre en blanc sur une feuille noire, j’ai donc dû recréer l’effet d’une image en négatif en inversant les couleurs. Je devais tout penser à l’envers et peindre en noir ce qui allait devenir blanc et vice-versa, ce fut tout un défi !