08/07/2026
Nous ne connaissons pas la situation sur le plan agro-alimentaire ce serait intéressant de s’en occuper par contre.
Feu vert aux politiciens qui peuvent maintenant approuver des PESTICIDES TOXIQUES INTERDITS rejetés par Santé Canada. On n’a pas fini d’en manger des pesticides!?!
« Des pesticides interdits pourraient réapparaître dans les champs où poussent vos céréales, fruits et légumes, en raison d’une réforme d’Ottawa. Mais au Québec, l’Ordre des agronomes se mobilise pour réduire les chances qu’ils se faufilent dans votre assiette.
L’Ordre des agronomes du Québec a inscrit cet été un mandat au registre des lobbyistes pour discuter avec le gouvernement québécois de l’adoption en juin de la loi C-30, ont appris les Coops de l’information. Cette loi permet au gouvernement Carney de réautoriser des pesticides interdits par Santé Canada, en invoquant la sécurité économique ou alimentaire.
Les agronomes québécois veulent garder un droit de regard si des agriculteurs cherchent à appliquer des pesticides qui seraient réautorisés par Ottawa.
Que demandent les agronomes?
L’Ordre des agronomes demande à Québec de soumettre tout pesticide réautorisé par le fédéral à un mécanisme qui existe déjà dans la réglementation québécoise: la prescription obligatoire des agronomes, qui exige que les agriculteurs obtiennent l’aval d’un agronome pour appliquer certains pesticides à haut risque.
Le président de l’Ordre souhaite que les agronomes agissent comme «filtres» envers les pesticides qui seraient réautorisés par le fédéral. Il souhaite «réduire au minimum l’utilisation de ces produits-là qui, il faut se rappeler, sont considérés comme plus dangereux».
Quel est l’effet de la prescription obligatoire?
La prescription agronomique obligatoire a déjà fait ses preuves pour diminuer l’utilisation de pesticides à haut risque, souligne Michel Montpetit. C’est le cas de l’atrazine, un herbicide utilisé dans les cultures de maïs pour contrôler les mauvaises herbes, qui peut contaminer les eaux de surface et les eaux souterraines.
En 2018, le gouvernement québécois a soumis l’atrazine à la prescription obligatoire d’un agronome. Dans les trois années qui ont suivi, une baisse des ventes d’atrazine de 96 % a été enregistrée dans la province.
Certains pesticides pourraient-ils obtenir un feu vert des agronomes?
Michel Montpetit précise que des pesticides réautorisés par Ottawa pourraient être prescrits par un agronome en dernier recours.
Il donne l’exemple du chlorpyrifos, un insecticide interdit par Santé Canada, soupçonné de nuire au développement neurologique des enfants. Si Ottawa réautorise le chlorpyrifos, alors que des insectes ravageurs détruisent des champs de légumes, un agronome pourrait être amené à prescrire ce produit pour contrôler une infestation durant un an, illustre M. Montpetit. Mais avant de prescrire un pesticide à haut risque, les agronomes devraient évaluer toutes les méthodes alternatives.
Où se situe le Canada par rapport à l’Europe?
Le directeur général de Vigilance OGM, Thibault Rehn, appuie la proposition de l’Ordre de soumettre les pesticides réautorisés par Ottawa à la prescription obligatoire des agronomes. C’est «une des mesures qui fonctionne», dit-il. «Nous, on aimerait étendre cette prescription aux pesticides les plus utilisés ou considérés comme les plus toxiques».
Mais pour Vigilance OGM, cette mesure serait un «moindre mal», puisque la réforme d’Ottawa n’aurait jamais dû être adoptée. «Le gouvernement canadien est un cancre dans le milieu international», dit M. Rehn. Selon l’organisme, le Canada permet l’utilisation de 121 pesticides interdits en Europe.
Vigilance OGM craint, par exemple, que des insecticides interdits par Santé Canada et dans de nombreux pays, comme le chlorpyrifos, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et le carbofuran, reviennent dans les champs québécois.
Comment réagit le Québec à la réforme d’Ottawa?
Si le Québec ne peut pas décider quels pesticides sont homologués, ou réautorisés, il a son mot à dire sur l’utilisation des pesticides sur son territoire.
«L’autorisation fédérale d’un pesticide ne signifie pas automatiquement que son utilisation est permise sans condition au Québec», note Louise-Andrée Genest, porte-parole du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).
Au Québec, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs détient les pouvoirs pour encadrer, voire limiter l’utilisation des pesticides sur le territoire du Québec, note Mme Genest.
Que disent les scientifiques de la réforme d’Ottawa?
Avant l’étude du projet de loi C-30, des scientifiques de 13 universités canadiennes avaient demandé au gouvernement libéral de renoncer à certains articles concernant le pouvoir de réautoriser de pesticides interdits par Santé Canada.
Les signataires faisaient valoir «qu’il n’existe aucun fondement scientifique» pour justifier la réautorisation d’un pesticide interdit par Santé Canada après des examens approfondis. «Les pesticides sont essentiellement des “poisons légaux” qui sont destinés à détruire les organismes nuisibles et peuvent, par ailleurs, endommager ou détruire de nombreuses espèces non ciblées, parmi lesquelles les humains et les espèces sauvages.»
Que répond l’industrie ?
En juin, CropLife, le lobby canadien qui défend les intérêts des compagnies de semences, de pesticides, d’engrais et de fertilisants, avait salué l’adoption du projet de loi C-30.
CropLife soulignait que le secteur agricole canadien réclame un système réglementaire qui reconnaît «le rôle essentiel que jouent les outils de protection des cultures».
Deux mois plus tôt, lors du dépôt du projet de loi le 29 avril, la ministre fédérale de la Santé avait prononcé un discours dans un événement organisé par CropLife. Marjorie Michel s’est félicitée le lendemain d’être la première ministre canadienne de la Santé à se rendre à un événement de CropLife. »