Hôru Arekusandà

Hôru Arekusandà J’écris pour dire l’essentiel, sans détour ni artifice. Des mots simples, une émotion brute, une vérité assumée.

La poésie comme espace de lucidité, de sens et de respiration.

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12/26/2025

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09/05/2025

Âges
— Hōru Arekusandà

Nourrisson :
nous naissons dans la douleur.
La première respiration,
arrachée par une main qui frotte.
Le froid et ses frissons.
Une étreinte —
qui promet d’être éternelle.
Les premiers mots menteurs :
« tout ira bien. »

Bébé :
nous dépendons du sein,
de la tétée.
Nous découvrons la lourdeur du monde,
poids inconnu
dans le ventre de la mère.

Jeune enfant :
nous sommes innocents,
débordants d’imagination.
Nous voyons le monde
comme un royaume magique.

Adolescent :
nous brûlons d’élans confus.
Nos corps changent plus vite que nos âmes.
Nous cherchons l’amour
dans une vitre fêlée.

Jeune adulte :
nous croyons tout possible.
Nous nous heurtons au mur du réel.
Les premiers choix
se paient en cicatrices.

Adulte :
nous portons des fardeaux.
Travail, famille, dettes, silences.
Nous avançons
pliés sous le poids du temps.

À l’âge d’or :
nous comptons nos souvenirs
comme d’autres comptent leurs pièces.
Les mains tremblent,
mais les regrets restent nets.

Et puis la mort.
Brève,
abrupte,
comme le passage d’une étoile filante.

09/05/2025

Mon super pouvoir
— Hōru Arekusandà

On dit :
« Écris avec ton cœur. »
Mais sur la page,
j’écris
sans être lu.

On dit :
« Crie ta vérité. »
Mais dans la nuit,
je hurle
sans être entendu.

On dit :
« Montre-toi tel que tu es. »
Mais dans la rue où je marche,
je passe
inaperçu.

09/03/2025

ABVD

— Hōru Arekusandà

On m’avait appris l’alphabet.
A, B, C, D.
Les lettres simples,
les premières de la vie.

Aujourd’hui, il n’en reste que quatre :
A. B. V. D.
Pas l’école.
Pas l’innocence.
Un alphabet du poison
qui s’écrit dans mon sang.

A — Adriamycine.
Rouge.
Le démon liquide.
Elle brûle mes veines.

B — Bléomycine.
Claire.
Elle efface mes poumons.
Une gomme sur ardoise.

V — Vinblastine.
Incolore.
Elle détricote mes forces,
fil après fil.

D — Dacarbazine.
Jaune pâle.
Elle descend.
Un hiver s’installe en moi.

On m’avait appris à compter :
un, deux, trois, quatre.
Des billes, des pommes, des jours d’école.

Aujourd’hui je compte autrement :
une perfusion, deux, trois, quatre.
Un cycle.
Puis encore un.
Puis encore.

Ils disent : ce n’est qu’un traitement.
Moi, je sais que c’est un calendrier.
Chaque lettre une saison.
Chaque cycle un pas vers la fin.

A. B. V. D.
Quatre lettres.
Quatre coups.
L’alphabet m’avait appris à vivre.
Aujourd’hui il m’apprend à mourir.

🖤 Citation tirée de “Hypoxie Sentimentale”“Je me tiens debout dans mes ruines, parce que ramper n’a jamais soigné person...
08/01/2025

🖤 Citation tirée de “Hypoxie Sentimentale”
“Je me tiens debout dans mes ruines, parce que ramper n’a jamais soigné personne.”

Un recueil pour celles et ceux qui saignent encore en silence.
Un livre pour ceux qui n’ont pas encore appris à hurler sans bruit.

📖 Disponible ici : linktr.ee/HoruArekusanda

« J’ai tant saigné sans mourirque maintenant, j’écris pour que ça laisse des traces. »— Hōru ArekusandàHypoxie Sentiment...
07/31/2025

« J’ai tant saigné sans mourir
que maintenant, j’écris pour que ça laisse des traces. »
— Hōru Arekusandà
Hypoxie Sentimentale

L’encre n’est pas là pour décorer. Elle est là pour survivre.

🖤 Disponible maintenant — en version visuelle et numérique.
🔗 linktr.ee/HoruArekusanda

L’amour qui n’a pas d’adresse    — Hōru ArekusandàIl y a des douleursqui ne crient plus.Des silences polisqui reviennent...
07/30/2025

L’amour qui n’a pas d’adresse
— Hōru Arekusandà

Il y a des douleurs
qui ne crient plus.
Des silences polis
qui reviennent
sans prévenir,
quand la vie fait trop de bruit.
Ce n’est pas du chagrin.
Ni du manque pur.
C’est autre chose.
Un vertige précis,
juste au coin d’un souvenir.
Un rire qui ressemble au sien.
Un regard qui aurait pu.
Une fête où il aurait dû être là.
Et soudain,
la brèche.
Ce n’est pas un deuil —
car le deuil,
je l’ai déjà porté.
Mais une trace qui insiste.
Un reflet qui revient
quand je pensais
avoir traversé.
Je vis, oui.
J’aime. Je ris. Je crée.
Mais parfois,
je trébuche
sur une absence ancienne,
comme si elle avait laissé
un double fond à mes jours.
Je ne cherche plus à guérir.
Ni à comprendre.
J’accueille —
comme on accueille la pluie
sans parapluie.
Ce n’est plus une plaie.
C’est une pièce vide
au fond de moi.
Un lieu sans murs,
sans adresse,
mais que l’amour visite encore.
Un amour
qui continue
même quand plus personne
ne répond.
Un amour
sans lieu,
sans voix,
mais debout.
Toujours là.
L’amour qui n’a pas d’adresse.

As-tu déjà ressenti ce type d’amour…
celui qui continue sans retour, sans réponse, sans raison ?

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© Tous droits réservés – Hōru Arekusandà
Hypoxie Sentimentale, 2025

🔸 « Le silence peut tuer plus sûrement qu’un cri. »🖋️ Hypoxie Sentimentale — Hōru Arekusandà📕 Recueil disponible en vers...
07/30/2025

🔸 « Le silence peut tuer plus sûrement qu’un cri. »
🖋️ Hypoxie Sentimentale — Hōru Arekusandà

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Le clown — Hōru ArekusandàJe vous écris pour dire : « Hé, je suis là »,pas pour briller, ni jouer les soldats.C’est ma f...
07/29/2025

Le clown

— Hōru Arekusandà

Je vous écris pour dire : « Hé, je suis là »,
pas pour briller, ni jouer les soldats.
C’est ma façon, un peu bancale,
de dire : je me sens anormal.
Invisible, à demi-vivant,
dans le silence — seul, pesamment.

Parfois, j’imagine — c’est dérisoire —
enrouler mon mal dans un mouchoir,
puis le plier, tout doucement,
en un secret incandescent,
une sphère d’ombre et de lumière
à déposer dans votre univers.

Il m’arrive de douter encore
de ce que je ressens, de ce décor.
Nommer l’émoi l’efface un peu,
comme si les mots n’étaient que feu,
qu’un souffle suffit à dissiper
les vérités mal habitées.

Je sens quelque chose… ou son absence.
Un vide ancien, vaste, immense,
plus large que l’horizon nu,
où je me cherche sans aperçu.
Une brèche, un gouffre en expansion —
rien d’ancré, pas même mon nom.

J’ai envie d’écrire. De hurler :
« Vous me manquez ! »,
mais plus encore, dans le cœur serré :
je me manque à moi — à en crever.

Vous est-il arrivé, parfois,
de lâcher une larme sans pourquoi ?
Quand la maison vous reconnaît à peine,
et que le silence vous fait la peine ?

Quand tombe enfin le masque du jour,
que les enfants dorment sans détour,
et que le miroir, dans la salle de bain,
vous rend soudain ce que vous êtes — enfin ?

Je me sens minuscule et flou
dans ce monde qui tourne à genoux,
trop doux, trop lisse pour nos douleurs,
qui s’enlisent derrière les couleurs.
Et dans la foule — comble tragique —
c’est là que la solitude pique.

J’ai appris à bien dissimuler,
peindre mes peurs, les maquiller,
jouer le rôle, tenir la scène —
tout ce qui cache, jamais ce qui saigne.
Mais le masque craque, tôt ou t**d —
et la vérité se fait hagard.

Quand je rentre, et que tout s’efface,
que le silence devient cuirasse,
le clown s’écroule, sans parade —
et la peine remonte.
Sans mascarade.

Auprès des miens, je me sens flou,
comme un décor qui tourne le dos.
Dans mon propre lit, je suis locataire —
un dormeur sans repère, sans terre.

J’ai le sentiment de n’avoir que les mots,
ces mots qui brûlent juste sous la peau,
des phrases nues, jamais tranquilles,
où je me livre —
fragile, à l’exil.

Il suffit d’un rien pour me briser —
ni cri, ni gifle,
juste l’indifférence,
posée là,
comme une gifle tranquille.

On ne guérit pas d’être seul,
mais parfois, savoir qu’on l’est tous…
ça fait un peu moins mal.

Prénom familier— Hōru ArekusandàJe ne savais pasque le vide pouvait porter ton nom.On m’avait parlé de la mortcomme d’un...
07/28/2025

Prénom familier
— Hōru Arekusandà
Je ne savais pas
que le vide pouvait porter ton nom.
On m’avait parlé de la mort
comme d’une idée.
Quelque chose de lointain,
de normal,
de presque acceptable.
Mais personne ne m’avait dit
qu’elle pouvait s’installer
en plein jour.
Sans fracas.
Sans cérémonie.
Un matin,
il manquait quelqu’un.
Et pourtant tout était là.
Le ciel, toujours bleu.
Les murs, encore debout.
Les gestes, les voix, les autres.
Mais plus rien ne me reconnaissait.
J’étais là,
en apparence.
Mais à l’intérieur,
j’étais ailleurs.
Derrière mes yeux,
il n’y avait plus de lumière.
Juste un nom —
le tien —
qui résonnait dans mes silences.
Et ce silence-là,
il bégaye encore
dans ma moelle.
Je continue.
Oui.
Mais pas là où ça pense.
Pas là où ça aime.
Juste là où on attend
qu’un corps fasse semblant de vivre.

As-tu déjà perdu quelqu’un
si fort
que même ton reflet
ne te reconnaît plus ?

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© Tous droits réservés – Hōru Arekusandà
Hypoxie Sentimentale, 2025

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