C’est pour briser le silence et l’ironie, c’est pour éloigner la peur et pour apprendre à dire « non », qu’un groupe d’aînés, sages et fous à la fois, s’est rassemblé pour mettre sur pied le projet « L’abus mis à nu ». C’est aussi pour assouvir leur lointain désir de faire du théâtre. Les objectifs de ce projet sont :
briser le silence autour de l’abus et faire prendre conscience aux aînés qu’ils
en sont parfois, ou même souvent, victimes;
faire réaliser aux plus jeunes qu’ils peuvent être témoins de situations d’abus et les encourager à respecter davantage leurs aînés;
et enfin, dénoncer l’infantilisation que l’on fait trop souvent subir aux aînés et suggérer à ces derniers des outils pour se protéger. Comment répondre à tous ces objectifs? En créant une pièce de théâtre originale qui sera jouée par des aînés. C’est ainsi qu’est née Faudrait pas prendre grand-mère pour une dinde et grand-père pour son dindon. Cette pièce se compose de plusieurs courtes scènes levant le voile sur différentes formes d’abus dont sont souvent victimes les aînés. Des mises en situation de tous les jours dans lesquelles plusieurs se reconnaissent. Rien d’extraordinaire. Seulement des exemples d’abus bien réels, mais trop souvent ignorés : l’impatience devant le vieux qui radote; la négligence envers la plus simple hygiène pour cause de manque de temps; la disposition des biens sans consultation. Dans cette pièce, la parole est donnée à ces aînés qui s’enferment dans le silence de crainte de déranger. L’abus envers les aînés dénoncé par les aînés eux-mêmes.