09/27/2020
Le collectif Archives Révolutionnaires est à la recherche d'œuvres de Josée Yvon pour son fond d’archives. Avis aux chercheurs de trésor...
"Josée Yvon, poétesse et penseuse radicale, est née dans le quartier populaire du Centre-Sud (Montréal) en 1950. Après des études en théâtre, Yvon décide de consacrer sa maîtrise à l’écrivain et metteur en scène communiste Bertolt Brecht. Déménagée à Düsseldorf en Allemagne, Yvon se familiarise avec les pensées radicales de la gauche allemande, dont celle de la Rote Armee Fraktion (RAF). Revenue au Québec, elle commence à écrire plus intensément, principalement de la poésie.
L’écrivaine met en scène dans ses textes la population paupérisée des quartiers centraux de Montréal, avant tout les travailleuses du sexe. Yvon, proche des femmes marginalisées (travailleuses du sexe, travesties, utilisatrices de drogues, ou trans) leur consacre la plupart de ses poèmes. Ceux-ci sont souvent composés de descriptions sans fard de la réalité des paumées de la rue Ontario, tout en mettant de l’avant l’auto-organisation des femmes et des autres déclassé.es. Josée Yvon créera aussi un univers socio-politique offensif dans ses œuvres, qui voient les marginalisées qu’elle décrit se transformer en guerrières et en destructrices de l’ordre capitaliste et patriarcal.
La poétesse publie son premier recueil en 1976 aux Herbes Rouges : Filles-commandos bandées. Elle publie l’année suivante La chienne de l’hôtel Tropicana aux éditions Cul-Q. Ces deux recueils de poésie en font une des plus célèbres écrivaines de la contre-culture québécoise, qui sait allier le vécu brutal des femmes paupérisées et un discours révolutionnaire aux airs de guérilla. En 1980, Josée Yvon publie Travesties-Kamikaze, un ouvrage en prose qui ressemble parfois à un roman. C’est ce style d’écriture composite que pratiquera Yvon tout au long des années 1980.
Compagne du poète Denis Vanier depuis le milieu des années 1970, Yvon collaborera à plusieurs reprises avec le célèbre écrivain de la contre-culture, notamment pour Koréphilie (son quatrième livre, aux Écrits des Forges) en 1981. L’autrice multiplie d’ailleurs les travaux divers et les interventions, du Solstice de la Poésie en 1976 à La nuit de la poésie de 1980, en passant par les nombreux articles qu’elle publie dans Mainmise, Hobo-Québec, La Barre du Jour ainsi que dans des journaux étrangers, dont Sisters, un journal lesbien révolutionnaire de Los Angeles.
Engagée toute sa vie auprès de ses sœurs de la rue, Josée Yvon meurt du SIDA en 1994, laissant derrière elle une quinzaine d’ouvrages, des lettres et de nombreux autres textes.
💜 Dans les derniers temps, le collectif Archives Révolutionnaires a acquis les premières œuvres de Josée Yvon (de 1976 à 1981). Nous sommes actuellement à la recherche des œuvres subséquentes de la poétesse pour notre fonds d’archives, qui sera rendu public lorsque nous aurons un local. Faites-nous savoir si vous savez où trouver les autres œuvres (originales) de l’autrice. De plus, nous espérons consacrer un article à la poétesse et révolutionnaire Josée Yvon dans les prochains temps. À surveiller !"