28/05/2025
COMMENT LES ENFANTS SONT-ILS ÉDUQUÉS EN MILIEU ADJA :
Chez les Adja, éduquer un enfant, ce n’est pas juste lui dire quoi faire. C’est lui transmettre une façon de vivre, de respecter, d’aimer.
Tout commence par la paix entre les parents. Un enfant grandit dans cette ambiance, et ça lui reste. La fille prend exemple sur sa mère : elle apprend à gérer la maison, à être responsable.
C’est de là que vient ce proverbe connu :
« Àmà ci yí èvìnɔ dan yí èvì dànɔ .»
(Un enfant ne connaît mieux que les légumes que sa maman cuisine souvent.)
Le garçon, lui, observe son père : il apprend à garder la paix dans son couple, à gérer les dépenses, à devenir un homme responsable.
Dans cette culture, une mère veille avec fermeté mais douceur à ce que ses enfants gardent du respect envers leur père, peu importe les tensions. Elle peut dire, avec calme et autorité :
« Ce n’est pas parce que nous traversons une difficulté que tu dois te permettre de parler ainsi à ton père. Il reste ton père, et tu lui dois le respect. Si tu ne sais pas encore comment nous aider dans cette situation, le mieux est de garder le silence. Nous trouverons ensemble une solution. »
Le père, de son côté, adopte la même attitude. Cela montre à quel point l’éducation des enfants passe avant tout, même au cœur des conflits.
Quand les enfants se disputent, les parents prennent toujours le parti de la vérité.
— « Tu n’aurais pas dû parler comme ça à ta sœur ! »
— « Respecte ton grand frère ! »
— « Un jour, vous serez si proches que vous vous direz tout sans même nous en parler. »
Et si le père intervient, sa seule voix calme tout. Pas besoin de crier.
Les enfants savent que leurs parents sont sacrés. S’ils font des bêtises dehors, la lumière de la torche du papa qui approche suffit à les faire fuir !
Les filles restent souvent auprès de leur maman, l’aident à la maison et apprennent. Avant de sortir, leur tenue est vérifiée, et elles doivent être accompagnées. Pas d’accompagnateur ? Pas de sortie.
Une fille enceinte chez ses parents ? Une honte ! Et c’est souvent la mère qu’on accuse.
Les garçons, eux, sortent plus librement. Mais on leur apprend surtout à être responsables et prêts à devenir des pères dignes.
Et chez les Adja, on ne donne pas raison à son enfant contre un adulte plus âgé. On lui dit :
« Calme-toi, je vais chercher à comprendre. »
Sinon, l’enfant pense qu’il peut manquer de respect à tout le monde.
Dans tout ça, la maman est le vrai pilier de l’éducation. Elle porte les valeurs de toute la communauté. Le papa, lui, intervient quand ça dépasse.
Mais aujourd’hui, les choses changent. L’exode, la vie loin des parents, la mondialisation… Tout ça fait perdre nos repères comme on le dit : « Qui s’assemblent se ressemblent. »
Mais il n’est pas trop t**d. Si on se réveille tous ensemble, on peut encore sauver ce bel héritage.