07/04/2026
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Thème : « Les vi@lences conjugales et les vi@ls sur mineures : silence coupable ou responsabilité collective ? »
Dans nos sociétés, derrière les sourires et les apparences, se cachent des drames silencieux.
Des cris étouffés.
Des vies brisées.
Les violences conjugales et les viols sur mineures ne sont pas de simples faits divers… ce sont des réalités quotidiennes.
Alors, une question s’impose : sommes-nous face à un silence coupable… ou à une responsabilité collective ?
Le silence, d’abord.
Un silence lourd.
Un silence organisé.
Un silence parfois imposé.
Dans certaines localités du Bénin, il existe une pratique bien connue : le « pacte de terre ». Une manière “traditionnelle” de régler les affaires en famille, loin des tribunaux. On envoie les sages, on négocie, on étouffe… et la vérité disparaît.
Mais à quel prix ?
Prenons l'exemple de deux cas.
Premier cas tragique : un enseignant abuse d’une élève mineure du primaire et la met enceinte.
La jeune fille, encore enfant, subit une grossesse qu’elle ne comprend même pas.
Elle est conduite à une césarienne… et elle meurt.
Un crime.
Un drame.
Une vie arrachée.
Mais au lieu de justice… on parle d’arrangement.
Second cas : dans une communauté, un homme qui a épousé une seconde femme bat la première. Il a même failli la tuer, mais les parents se sont interposés. L’affaire est ensuite portée au commissariat… mais des pressions interviennent en sa faveur.
La femme est alors stigmatisée.
Toute la communauté la pointe du doigt :
« C’est toi qui fais emprisonner ton mari. On pouvait régler ça en famille?»
Ce n’est plus seulement un silence.
C’est une complicité.
Car lorsque la tradition protège le bourreau et enterre la victime, elle devient un frein à la justice.
Nos us et coutumes, aussi respectables soient-ils, ne doivent jamais être au-dessus de la vie humaine.
Ensuite, il y a la peur.
La peur de parler.
La peur d’être pointée du doigt.
La peur d’être rejetée par sa propre communauté.
Dans nos quartiers, dénoncer un agresseur, c’est parfois devenir l’ennemi public.
Et la victime devient coupable aux yeux de tous.
Ce poids social est une prison invisible.
Une pression psychologique qui étouffe les voix, décourage les plaintes et protège les criminels.
Même dans les milieux supposés instruits, le mal persiste.
Des cas de vi@l impliquant des figures d’autorité, enseignants, professeurs d’université sont parfois minimisés, récupérés ou discrètement classés.
Et pendant ce temps… les victimes vivent avec leurs traumatismes.
Des petites filles brisées trop tôt.
Des enfances volées.
Des vies marquées à jamais.
Et la question la plus douloureuse reste celle-ci :
Combien de cas dorment encore dans l’ombre ?
Combien de vérités n’ont jamais été dites ?
Et que deviendront ces enfants devenus adultes avec leurs blessures invisibles ?
Face à cela, il serait facile d’accuser uniquement les familles. Mais la réalité est plus vaste.
C’est une responsabilité collective.
La famille qui se tait.
La communauté qui juge.
Les autorités qui tardent.
La société qui banalise.
Nous sommes tous concernés.
Certes, des efforts existent. La création d’institutions et d’associations de défense des droits des femmes et des enfants est à saluer. Mais ces actions restent insuffisantes si les mentalités ne changent pas.
Il faut éduquer.
Il faut sensibiliser.
Il faut protéger.
Et surtout… il faut briser le silence.
Parce que se taire face à l’injustice, c’est y participer.
Nous devons construire une société où dénoncer n’est plus une honte, mais un acte de courage.
Une société où la justice ne se négocie pas autour d’une table familiale.
Une société où chaque enfant est protégé, écouté et respecté.
Alors non, ce n’est pas seulement un silence coupable.
C’est une responsabilité collective.
Et tant que chacun ne prendra pas sa part…
le silence continuera de tuer.
Dîtes moi que j'ai raison...