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Le Coup d’Etat qui place Thomas Sankara à la tête du Burkina FasoThomas Sankara et Jerry Rawlings sont deux révolutionna...
13/09/2026

Le Coup d’Etat qui place Thomas Sankara à la tête du Burkina Faso

Thomas Sankara et Jerry Rawlings sont deux révolutionnaires très proches qui sont arrivés au pouvoir à la faveur de " Coup d'État" : Des coups d'État Salvateurs ?

Revenons sur le putsch qui porte Sankara à la tête de la Haute Volta.

Thomas Sankara devient Premier ministre de la Haute-Volta en janvier 1983 grâce au rapport de forces favorable au camp progressiste au sein de l’armée. Il se prononce ouvertement pour la rupture avec la France : « Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. L’impérialisme qui nous regarde est inquiet. Il tremble. L’impérialisme se demande comment il pourra rompre le lien qui existe entre le gouvernement et le peuple. L’impérialisme tremble. Il tremble parce qu'ici à Ouagadougou, nous allons l'enterrer ».

La puissance colonisatrice prend peur et veut liquider ce jeune impétueux. Sur ordre de Guy Penne, conseiller Afrique de François Mitterand, Thomas Sankara est limogé et mis aux arrêts le 17 mai 1983. Il est accusé de vouloir dévoyer le conseil de salut du peuple (CSP). D’importantes manifestations populaires éclatent à Ouagadougou réclamant la libération de Thomas Sankara. Sous la pression du peuple, le régime militaire est contraint de le libérer et le place en résidence surveillée.

Le 4 août 1983, le capitaine Blaise Compaoré et ses hommes renversent le régime de Jean-Baptiste Ouédraogo. Ce coup de force place Sankara à la tête de la Haute Volta (ancien nom du Burkina Faso). C’est le troisième putsch en l’espace de trois ans mais cette fois-ci, c’est un Coup d’État salutaire. Sankara instaure le Conseil national de la révolution (CNR) et est désormais le nouveau chef d’État. Le soir même, il s’adresse à la nation dans un discours radiodiffusé :

« Peuple de Haute-Volta !

Aujourd’hui encore, les soldats, sous-officiers et officiers de l’Armée nationale et des forces para-militaires se sont vus obligés d’intervenir dans la conduite des affaires de l’État pour rendre à notre pays son indépendance et sa liberté et à notre peuple sa dignité.

En effet, les objectifs patriotiques et progressistes qui ont justifié l’avènement du Conseil du salut du peuple (CSP) le 7 novembre 1982, ont été trahis le 17 mai 1983, soit seulement six mois après, par des individus farouchement hostiles aux intérêts du peuple voltaïque et à ses aspirations à la démocratie et à la liberté. Ces individus, vous les connaissez, car ils se sont frauduleusement introduits dans l’Histoire de notre peuple ; ils s’y sont tristement illustrés, d’abord par leur politique à double face, ensuite, par leur alliance ouverte avec toutes les forces conservatrices réactionnaires qui ne savent rien faire d’autre que de servir les intérêts des ennemis du peuple, les intérêts de la domination étrangère, et du néo-colonialisme… »

La suite dans le livre « LES COUPS D’ETAT SALVATEURS EN AFRIQUE »

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LE SANG OU LA HONTE : CE QUE L’HISTOIRE OFFICIELLE VOUS CACHE SUR LES DERNIÈRES MINUTES DU ROI BABEMBA TRAORÉ Sikasso. 1...
30/06/2026

LE SANG OU LA HONTE : CE QUE L’HISTOIRE OFFICIELLE VOUS CACHE SUR LES DERNIÈRES MINUTES DU ROI BABEMBA TRAORÉ

Sikasso. 1er mai 1898. Le ciel du Mali ne pleure pas de pluie, il pleure du feu. Depuis quinze jours, les canons de l’artillerie coloniale française martèlent sans relâche la muraille du Tata, cette fortification titanesque de neuf kilomètres de long que Tiéba Traoré avait érigée pour protéger son royaume des assauts de Samory Touré. Les remparts mythiques, qui avaient résisté quinze mois aux troupes de l’empereur du Wassoulou, commencent à s’effondrer sous le poids de la poudre et de la trahison. L’air est irrespirable, saturé de fumée, de sueur et du sang des braves.

À l’intérieur du palais, un homme est debout. Imperturbable. C’est le Mansa Babemba Traoré, cinquième et dernier roi du Kénédougou, frère de Tiéba à qui il a succédé en 1893. Les manuels d’histoire racontent froidement sa défaite, mais ils oublient de raconter ce que l’on ressent quand on regarde l’extinction de son propre monde. Ils oublient la solitude absolue de ce roi face à l’inévitable.

Pour comprendre le drame, il faut revenir quelques années en arrière. Car l’histoire de Babemba n’est pas seulement celle d’un siège, c’est aussi celle d’une alliance trahie. À l’origine, le royaume de Kénédougou et l’armée française n’étaient pas ennemis. Face à la menace commune que représentait l’expansion de Samory Touré, Tiéba, puis Babemba, avaient accepté une alliance tactique avec les colons. Mais l’impérialisme n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts. Une fois le danger de Samory écarté, la France dévoila son véritable projet : la colonisation totale du Soudan français.

En avril 1898, le lieutenant-colonel Audéoud se présente aux portes de Sikasso. Il exige de Babemba l’installation permanente d’une garnison française au cœur de la ville. Pour le roi, accepter cela, c’est signer l’arrêt de mort de l’indépendance de son peuple. C’est accepter d’être un roi fantoche sous tutelle étrangère. Sa réponse est un refus catégorique et souverain.

La guerre est alors inévitable. Le 15 avril, les canons français ouvrent le feu. Les Sofas, les soldats de Babemba, se battent avec une fureur que les colons n’avaient pas anticipée. Quatorze assauts sanglants ont lieu au pied des remparts. Chaque brèche ouverte par les obus est réparée la nuit par la population sous les balles. Mais face à l’artillerie moderne, le Tata, aussi solide soit-il, finit par céder.

Le 1er mai, à l’aube, une brèche béante est ouverte. Les troupes coloniales s’engouffrent dans la ville. C’est un bain de sang. Les soldats de Babemba se battent au corps à corps, rue par rue, maison par maison, refusant de reculer d’un pouce. Vers trois heures de l’après-midi, le palais royal est encerclé. Babemba sait que le Tata est tombé. Il sait que l’ennemi avance.

C’est à cet instant précis, loin des yeux du monde, que l’histoire bascule dans la légende.

Les Français ne veulent pas seulement sa terre ; ils veulent son humiliation. Ils veulent le voir enchaîné, exposé comme un trophée de chasse, agenouillé devant un drapeau étranger. On lui murmure qu’il peut encore négocier, accepter l’exil, sauver sa peau. Mais Babemba n’est pas fait du bois dont on fait les esclaves. Il sait ce que les Français réservent aux rois qui osent leur résister. Il sait que l’esprit ne peut être mis en cage.

Il se tourne vers son garde du corps le plus fidèle. La tradition rapporte qu’il lui ordonne de pointer son a**e sur lui. Dans un silence lourd, brisé par les explosions extérieures, Babemba prononce ses derniers mots : « Say ka fisa malo yé » — Plutôt la mort que la honte. Le coup de feu retentit. Le roi s’effondre, libre, sur le sol de son palais, quelques instants seulement avant que les officiers français ne brisent la porte.

Ce geste, que certains pourraient qualifier de désespoir, est en réalité l’acte de résistance le plus radical de l’histoire anticoloniale. Babemba Traoré n’a pas attendu que l’ennemi pose ses mains profanes sur son corps sacré. Il a ordonné à son plus fidèle garde du corps de presser la gâchette. Dans un ultime souffle de dignité, il s’est effondré sur son propre sol, libre. Quand les soldats français ont brisé la porte, ils n’ont trouvé qu’un cadavre. Ils n’ont jamais pu capturer l’esprit de Sikasso.

La suite est une page de honte que les archives coloniales peinent à effacer. Les vainqueurs se livrèrent au pillage systématique. Près de quatre mille captifs furent déportés, répartis comme esclaves entre les soldats français et leurs auxiliaires africains. Des hommes, des femmes et des enfants furent contraints à des marches forcées de quarante kilomètres. Un officier français, témoin direct, raconta plus t**d : « Les cadavres étaient laissés au bord des routes. Une femme est trouvée accroupie. Elle est enceinte. On la pousse à coup de crosse. Elle accouche debout en marchant. A coupé le cordon et abandonné l’enfant sans se retourner pour voir si c’est garçon ou fille. »

Ils ont pris la ville, oui. Mais Babemba leur a volé leur victoire. Son sacrifice est le rappel brutal que la liberté a un prix, et que nos ancêtres étaient des géants. Son sang a nourri la terre de Sikasso pour que les générations futures — pour que vous — marchiez la tête haute. Aujourd’hui encore, les vestiges du Tata se dressent fièrement au Mali. Ils ne racontent pas la chute d’une ville, ils murmurent aux passants que sous cette terre dort un roi qui a préféré s’offrir à la mort plutôt que de céder son peuple à la honte.

Ne laissez personne vous faire oublier qui vous êtes. Vous êtes les descendants de ceux qui ont préféré mourir debout que vivre à genoux. Partager cette histoire, c’est refuser l’oubli. C’est honorer le roi.

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